ACTE III , SCÈNE II
avait la tête tournée. — La pauvre petite I a-t-il répondu ; mais c'est que je monte à cheval à merveille , et d'ailleurs elle n'a vu personne.... — Il voulait dire, personne dans ce pays qui ait de la grâce comme moi ; mais la modestie l'a retenu , et j'ai cru poli d'achever 6a phrase , qu'il n'a point désavouée. Votre oncle , qui déteste M. d'Erville, s'est plu à lui répéter que vous étiez si jalouse de votre cousine, que vous ne la receviez jamais que le matin , et sans la laisser voir à personne. M. d'Erville croit vous surprendre en venant ici tout à l'heure. Je lui ai dit qu'à l'instant même j'irais chercher votre cousine , et que je la conduirais dans votre cabinet. Tirons ce rideau, et ne l'ouvrez qu'à mon retour : je vous laisse le temps d'exciter la curiosité de M. d'Erville, en paraissant lui refuser de voir votre cousine. — Chère Sophie , je sens que vous souffrez comme moi d'être réduite à tromper, même celui qui vous épouse sans vous aimer; mais enGnje crois qu'il nous est permis , dans cette circonstance seulement , de quitter le rôle de dupe pour lequel nous sommes si fiers d'être faits.
SOPHIE
Oui, cher Frédéric , vous avez deviné le mouvement de trouble que j'éprouvais ; mais j'aperçois M. d'Erville , et son air confiant dissipe tous mes scrupules. Allons , faisons habilement notre r6Ie ; aussibien M. d'Eryille n'en joue-t-il pas un tout le jour ?
'.: t 4 LE MANNEQUIN.