PHAON ET CLÉONE
PHAOïr.
Ah î Cleone , est-ce vous ?
CLÉONE
Phaon, avez-vous vu Sapho ?
PHAOK.
Elle ignore mon arrivée , et j'espère la lui cacher.
CLÉONF.
Et pensez-vous que je puisse me prêter à cette indigne ruse ?
PHAON
Je ne veux pas renouveler sa douleur en la voyant.
CLÉONE
C'est votre repos que vous me'nagez} ce n'est pas le
sien.
PHAON
Je ne puis penser qu'à vous de'sormais.
Ne m'offensez pas par vos perfides hommages. Celui qui fut cruel envers Sapho , serait impitoyable envers Cle'one, si cette faible fille l'écoutait.
PHAOïr.
Je t'aime l
GLÉOKE.
N'aimiez- VOUS. pas Sapho ?
PHAON
Elle étonnait mon esprit ; elle enflammait ma pensée.
CLÉONE
Qui croît avoir aime, alors qu'il n'aime plus? Rappelez-vous vos promesses ; elles seules sont les fidèles témoins du passé.
CElle s^ éloigne. J
PHAOW.
Cléone , vous me quittez I
CLÉONE
Pour toujours.
PHAOW.
Ce rocher peut donner la mort.
CLEONE.
C'est là que Sapho la cherche.
C'est là que je la trouverai.
CLEO NE.
Ocielî eloignez-vous; Saplio s'avance, appuyée sur ma mère. Dans quel ëtat vous avez réduit une des merveilles du monde I ah 1 je ne puis la contempler sans vous haïr.
PHAON
Vous me haïssez , Cle'one !
CLÉONE. '
Je le dois. — • Le temple de Venus s'ouvre. Adieu.
PHAON
C'est toi-même que tu vas adorer , sous les traits de la de'esse.
CLÉONE
Toutes les femmes de la Grèce ont reçu de Ve'nus quelques dons ; Apollon n'en a préféré qu'une seule. Adieu , Phaon. Sapho s'approche ; dérobez-vous à ses regards. Ah ciel i je n'ai point encore la force de lui parler.