‹ Essais dramatiquesChapitre 167 sur 195 · PHAON ET CLÉONE · texte numérisé non relu

PHAON ET CLÉONE

PHAOïr.

Ah î Cleone , est-ce vous ?

CLÉONE

Phaon, avez-vous vu Sapho ?

PHAOK.

Elle ignore mon arrivée , et j'espère la lui cacher.

CLÉONF.

Et pensez-vous que je puisse me prêter à cette indigne ruse ?

PHAON

Je ne veux pas renouveler sa douleur en la voyant.

CLÉONE

C'est votre repos que vous me'nagez} ce n'est pas le

sien.

PHAON

Je ne puis penser qu'à vous de'sormais.

Ne m'offensez pas par vos perfides hommages. Celui qui fut cruel envers Sapho , serait impitoyable envers Cle'one, si cette faible fille l'écoutait.

PHAOïr.

Je t'aime l

GLÉOKE.

N'aimiez- VOUS. pas Sapho ?

PHAON

Elle étonnait mon esprit ; elle enflammait ma pensée.

CLÉONE

Qui croît avoir aime, alors qu'il n'aime plus? Rappelez-vous vos promesses ; elles seules sont les fidèles témoins du passé.

CElle s^ éloigne. J

PHAOW.

Cléone , vous me quittez I

CLÉONE

Pour toujours.

PHAOW.

Ce rocher peut donner la mort.

CLEONE.

C'est là que Sapho la cherche.

C'est là que je la trouverai.

CLEO NE.

Ocielî eloignez-vous; Saplio s'avance, appuyée sur ma mère. Dans quel ëtat vous avez réduit une des merveilles du monde I ah 1 je ne puis la contempler sans vous haïr.

PHAON

Vous me haïssez , Cle'one !

CLÉONE. '

Je le dois. — • Le temple de Venus s'ouvre. Adieu.

PHAON

C'est toi-même que tu vas adorer , sous les traits de la de'esse.

CLÉONE

Toutes les femmes de la Grèce ont reçu de Ve'nus quelques dons ; Apollon n'en a préféré qu'une seule. Adieu , Phaon. Sapho s'approche ; dérobez-vous à ses regards. Ah ciel i je n'ai point encore la force de lui parler.

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