‹ Essais dramatiquesChapitre 171 sur 195 · ACTE III , SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III , SCÈNE IV

SAPHO

Si tu n'as rien fait pour lui plaire , il en est mille fois plus coupable. Malheureuse ! il faut que j'accuse ou mon amant, où l'amie que je chérissais comme ma fille ; ou plutôt il faut arracher ma tendresse à tous les deux. Oh l comme déjà mon cœur est libre de la vie I comme tous les liens se brisent I 6 mort î tu n'as déjà plus rien à prendre ; le malheur qui t'a devancée a déjà préparé ton œuvre sombre , et d'un faible coup tu peux l'achever.

CLÉONE

Phaon est arrivé : tu vas le voir.

Phaon est ici î mes genoux fléchissent ; un nuage couvre mes yeux. Oh 1 si ce nuage «ft'empêchait de voir ses traits I Apollon , que j'ai ce matin offensé , Apollon, voudrais tu me ravir ta lumière I Oh! quelques rayons encore pour voir Phaon , et puis après , la nuit éternelle !

CLBONE.

Généreuse Sapho I

niOTIME.

Ciel î qui porte ici ses pas ? c'est Phaon.

SAPHO

Oui, je le vois, Diotime; il vient. — Diotime , dis-moi , sommes-nous dans l'Elysée ? Est-ce son ombre ? et dois-je , comme Didon indignée , me détourner de lui en montrant ma blessure ?

270 SAPHO

DIOTIME

Reste , reste , Sapho ; peut-être connaît-il le repentir.

Oh I quel moment pour tous trois !

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