ACTE II, SCÈNE III. ZjS
l'enfant.
Amenez-le près de ma mère. Toujours , quand je pleurais, elle savait me consoler. Peut-être sa douce voix ferait-elle du bien à votre père. Au reste, les pères , ils ne sont pas bons comme les mères ; ils abandonnent quelquefois leurs enfans.
Mon père est bon, mais il souffre; je ne sais pourquoi.
l'enfant.
Je voudrais tant le soulager! Cela se peut-il? — Condui>sez-moi vers lui.
ADOLPHE
Je n'oserais pas. La vue d'un enfant lui est odieuse.
l'enfant.
Il hait les enfans ! ma mère m'a toujours dit que Dieu les aimait.
ADOLPHE
Priez pour mon père , chère petite , car il est bien à plaindre.
l'enfant.
Oh I je le veux bien. Et comment vous appelezvous ?
ADOLPHE
Adolphe.
l'enfant.
Je demanderai donc à Dieu qu'il console le père d'Adolphe.
ADOLPHK.
Oui sans doute,. Et vous, quel est yotre nom ?
L'Enfant de la douleur (i). Ma mère m*a dit que jo garderais ce nom,jusqu'à ce que j'en aie reçu un autre de mon père.
L'Enfant de la douleur î c'est bien triste. Je yeux vous appeler autrement.
l'ermite , derrière la scène»
Ma fille , votre mère vous attend.
l'enfant.
J'y vais. Mais, dites-moi , vous reverrai-je ?
ADOLPHE
Il est tard. La nuit va venir. J'ai laisse' mon père à quelques lieues. Je tâcherai de l'engager à venir jusqu'ici demain matin pour chasser encore. S'il consent à vous regarder, il vous trouvera bien jolie. Adieu. Je reviendrai bientôt.
l'enfakt.
Adieu, adieu.
( I ) JDoloivsus est le nom de l'enfant de Geneviève, dan* la légende.