ACTE V , SCÈNE VI
donnée sur cette terre , ion nom du moins, ton nom sera pour jamais inse'parable du mien dans l'avenir , et celte vaine ombre d'une union tant dësirëe est encore chère à mon cœur. — Je l'avoue , j'ai pitié' de moi ; je pleure ces talens qui me remplissaient d'un si glorieux espoir dans les beaux jours de ma jeunesse. Mais qu'y a-t-il de re'el sur la terre, si ce n'est la douleur ? Que vaut ce reste de vie que je vais immoler ? Vous, heureux e'poux I vous vous croyez possesseurs du temps ; il vous e'chappera comme à moi; je ne laisse sur la terre que des mourans. O terre 1 dont je ne reverrai plus ni les fruits ni les fleuré, je te derobe ma triste dépouille; un charme secret m'attire vers la<»mer. Je vois les vagues se soulever ; il me semble qu'elles m'appellent, et qu'une puissance mystérieuse m'invite à m'y confier. Eh bien l je vous entends , divinile's souterraines ; l'amour , la gloire, l'ai» qui s'embrasait dans mon sein , tout va s'éteindre dans les ondes. O malheur ! je te fuis : c'en est fait.
( Elle s'élance dans la mer. )
Ciel I ô ciel 1 laissez-moi me pre'cipiter dans les flots avec elle.
Tes efforts seront vains ; les dieux ont disposé de son sort ; ne la cherche plus dans les ondes , tourne plutôt tes regards vers les cieux ; c'est là qu'Apollon a déjà placé sa couronne.
29 î SAPHO , ETC.
CLÉONE
Sapbo n'est plus; c'est à Sapho que j*ai donne la mort I O ma mère I je me meurs.
{Elle s'éi^anouit dans les bras de Diolime. )
ALCÉE
Adorez tous Apollon : soit qu'il dispense ou la mort ou la vie, une bienfaisante pensée préside toujours -i «es décrets.
FIN DE SiPHO*