LE CAPITAINE, NÉRINE, ROSALBA, DERVAL
KOSALBA.
£h bien l eh bien !
NÉRINE
Il consent à votre mariage avec DeryaF^
ROSALBA
Ah ! quel bonheur , chère Ne'rine !
KSRINE..
Mais seulement dans sept ans d'ici.
ROSALBA
Dans sept ans ! Nérine ; ah bon Dieu l je serai trop
; vieille. Derval, vous ne voudrez plus de moi à cet
I âge-là; et d'ailleurs, pour si peu de temps qu'il mous
resterait à vivre , il ne vaudrait pas la peine de se
marier.
kérinb.
Je ne suis pas tout-à-fait d'avis qu'on soit vieille à vingt-trois ans : mais ce n'est pas tout ; il veut encore, monsieur, que vous entriez dans la marine , et
I 26 LE CAPITAINE KERNADEC.
que pendant ces sept années vous fassiez sept campagnes.
SERVAL
Ah mon Dieu ! je le veux bien. A quoi ne me re'soudrais-je pas pour obtenir Rosalba ? IVtais cela fera bien du chagrin à ma mère et à mes tantes.
KÉRIKE.
II dit que vous ayez Pair trop doux , trop calme , trop tranquille.
DERVAL
Mais je croyais qu'il fallait être poli envers tout le monde. Si vous le voulez , j'essaierai de jurer : dites» moi comment il faut s'y prendre pour se donner une tournure militaire.
NiRINE.
Je ne sais pas trop; mais enfin il me semble qu'il faut avoir un certain air dégagé qui vous manque. Toute femme que je suis, quand je veux réussir, j'ai quelque chose que je ne puis exprimer, mais qui fait sentir que la nature m'a destinée à prendre de l'empire sur les autres.
ROSALBA
C'est vrai, Derval ; vous avez quelquefois l'air trop
timide; il faudrait Mais à quoi cela sert-il? ces
sept ans , ces affreux sept ans ! Est-ce que j'étais née
il y a sept ans ? Ah ma pauvre Nérine I j'en mourrai.
LE CAPITAINE, appelant derrière la coulisse.
Sabord.