SCÈNE IV. l6l
LICIDâ.S.
Ah , mon Dieu I quel ennui I Si je répétais pendant ce temps les vers que la signora m*a donnés à apprendre.... C'est la déclaration d'Hippolyte; mais il faudrait l'adresser à une Aricie. Bon, mon frère est justement à ma droite ; c'est ce qu'il faut. Reste là , Rodolphe, reste là.
TiODOLPHE.
Sûrement jjs reste. Pourquoi me commandes-tu ce que je veux ?
LICIDAS.
Vous voyez devant vous un prince déplorable.
RODOLPHE
Que dit-il, déplorable? N'est ce pas la même chose que pitoyable ? Pourquoi dis-tu cela de toi ? c'est trop modeste.
LICIDAS .
Mon arc , mes javelots, mon char , tout m'importune j Et mes coursiers oisifs....
RODOLPHE
Mais de quel char, de quels chevaux parles-tu donc ? tu vas toujours à pied.
LICIDAS.
Laisse-moi tranquille ; c'est dans mon rôle : tais- toi.
RODOLPHE
Et la princesse , que dit-elle de ton amour ?
LICIDAS.
Ah I yeux-tu que je t'apprenne la réplique ? Ce serait charmant ; tu me dirais le mot de réclame.
162 LA SIGNORA FANTASTICI.
RODOLPHE
Le mot de réclame ! quelle diable d'expression que cela 1 N'est-ce pas plutôt le mot d'ordre que tu veux dire? Tous les jours je le dis à la patrouille. Mais qu'est-ce que c'est que cette petite fille qui vient vers nous ? elle est drôlement habillée ; mais elle est jolie ; oui , par ma foi , elle est jolie î
LICIDAS.
C'est la charmante fille de la signera Fantaslici, mademoiselle Zéphirine. Elles auront eu pitié de ma captivité.