‹ Essais entomologiques (volume 2)Chapitre 7 sur 9 · Ceraphron cornutus.^y · texte numérisé non relu

Ceraphron cornutus.^y

J* ajouterai les espèces que j' ai reçues ici cette année , sans me servir exclusivement de la méthode de J u r i n e.

Tenthredo ephzppium , Le Pel. de St. Far g.

DoLERus niger, — opacus ; pris à Leisure-hall le 28 Avril y par mon respectable ami le Doct. Henderson.

IcHNEtJMON nidulator 5 J u r. irrigator ? J u r.

Proctotrupes brei^ipennis , L a t r. (Godrus , J u r.)

Cleptes semi-aurata.^ le mâle, L a t r. et J u r. (Cl» splendens , F a b r.) J' avois pris la femelle en IÔ23 (Ess. Ent. No. IIL p. 3i.> F abricius et Panzer ont fait deux espèces de ce joli petit insecte ; et en effet la femelle ressemble peu au mâle, qui est la vraie Sphex semi^aurata de Linné. (Eauna Suec. 4i3. No. 1661.)

Chrysis ignita.

MuTiLLA europaea ; la femelle. Très-rare. Je la dois à Mr. R i e d er.

Parmi les insectes nuisibles de cet ordre qui infestent les maisons de St. Pétersbourg , il y a trois ou quatre espèces de fourmis 5 dont une , extrêmelïient petite , toute fauve avec la moitié de V abdomen d'un noir luisant, me paroît non-décrite. — La plus grande de ces espèces est la Formica nigra

vîx distincte cinereo-pubescens; segmentis i, 2, 3 punctis duobus Idteralibus albis: puncta tertii segmeuti vix distincta. S t s c h e g 1 o ff.

de Linné. J' ai eu cet été ï occasion d* en obser-?» ver une colonie complète établie dans un poêle de faïence, et si mes observations ne contiennent rien d'absolument nouveau , elles serviront du moins à confirmer ce que d' autres avant moi ont vu de la merveilleuse industrie de cet insecte.

La fourmilière se trouvoît dans T intérieur, car les fourmis sortoient par six à huit différentes fentes et se promenoient sur la partie avancée du poêle, où pendant les premiers jours je ne vis que des mulets. Ces fentes leur servoient d' issues pour rejeter les ordures de leur habitation , et semblables à d' autres vidangeurs , elles s occupoient de cette besogne principalement pendant la nuit» Si le soir j' avois eu soin de nettoyer les bords des fentes, j' étois sûr de les retrouver le lendemain matin couverts d'excrémens, de dépouilles de peaux etc., et je n' ai presque jamais vu des fourmis durant le jour porter de ces matières. Elles paroissoient plutôt aller à la recherche de leur nourriture, en petit nombre et pour peu de temps. Cependant il y en avoit toujours quelques-unes de garde dans chaque fente, qui ne montroient que la tête en remu* ant continuellement les antennes, et qui donnoient l'alarme aussitôt que quelque chose d'étranger approchoit de l' endroit où elles étoient en faction. IJ escouade sortoit alors , couroit à droite et à gauche et visitoit les environs.

Pour boucher ces ouvertures je me suis servi de pain, de sel, de sable et de sucre. Les fourmis emportaient facilement le pain , mais elles n' en mangeoient point. Le sel leur donnoit plus d' ém-

oi) Fauna Suec. Ed 2. p. 427- No. 1725. — Vo^^ez H i sfc o i r e naturelle d e s F o u r m i s, p a r P. A. jLi afereiUe. Paris. iôû2. i u 6. page i56^

barras ; maïs elles parvenoient aussi à en déplacer des grains beaucoup plus gros qu' elles-mêmes, et à nettoyer les fentes. Il leur ëtoit encore plus difficile de se frayer un chemin au travers du sable ; mais elles y réussirent en P humectant , et j' en ai vu de grands tas tout mouilles établis autour des ouvertures que y avois fermées quelques heures auparavant. Du sucre ils firent leur nourriture, et il attirait toujours un grand nombre de travailleurs. Je ne pouvois mieux les régaler qu' en détrempant un petit morceau de sucre dan^ une goutte de vin de Madère.

Le temps ayant été couvert et humide au commencement de mes observations , Je n' avois vu que des mulets ; mais le soleil pénétrant enfin dans ma chambre, je découvris un jour toute la colonie. Sur environ trois cents fourmis, il y avoit un tiers de mâîes , mais seulement deux femelles , et cellesci énormes en comparaison des mulets et des mâles, et paroissant du moins quatre fois plus grandes. Sa) Les mulets montroient alors une étonnante activité et une inquiétude continuelle. Les mâles au contraire étoient fort tranquilles , s' occupoient de leur toilette , nettoyoient leurs pâtes et leurs antennes, remuoient leurs ailes , et prenoient enfin leur essor , pour ne plus revenir. Ils suivirent le soleil, se jetèrent sur la croisée et périrent bientôt. Souvent les mulets sembloient les chasser, en les poussant sur le bord du poêle; quelquefois ils les retenoient de force, et en s' accrochant à leurs jambes les tiroient à reculons dans les fentes , d' où il ne leur fut plus permis de sortir.

32) Il o n g i t. mulefc 2 lignes.

mâle 2

femelle 4 —

Les soins particuliers que les mulets témoignoient pour les femelles surpassent tout ce qu' on sauroit s'imaginer. Chacune d'elle étoit entourée d'une petite cour , qui ne V abandonnoit jamais. Tandis que quelques fourmis la caressoient de leurs antennes, d' autres paroissoient soutenir son gros ventre. Cependant ces femelles gardoient leurs ailes. Elles tentoient parfois de s' échapper, d' aller d une fente à V autre ; et cela causoit toujours grande rumeur. Une femelle fut victime d' une de ces excursions imprudentes, car Je m'emparai d'elle; mais j' étois loin d' en prévoir la conséquence. Toutes les fourmis se mirent sur-le-champ en mouvement, elles se heurtèrent, se poussèrent, et s'enfuirent. Un quart-d' heure après cet enlèvement je n en vis plus une seule , je n' en vis point le lendemain , je n' en vis point pendant huit jours : toute la colonie avoit disparu.

Quelques fourmis sont revenues après une semaine, et un matin j' ai même aperçu la seconde femelle et quelques mâles ; mais ce ne furent que des visites fort courtes , malgré mon sucre et mon vin de Madère. Assurément la fourmilière a été transportée plus loin.

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