‹ Essais entomologiquesChapitre 1 sur 2 · BLATTE GERMANIQUE · texte numérisé non relu

BLATTE GERMANIQUE

Nouçelle édition»

BLATTA GERMANICA.

Lwida, thorace lîneîs duahus jjaraîlelis nigris,

Fabr. Ent, Sysù. IL lo. JS/o. 2 s.

Bl. Germanica, Linn^ Sjsù, Nat^ Md, X.III* !• IV >

2 04-4- 9' Villersi Carol. Lînn* JEntomoL i". 43o. iVo. 4» Cederh, F, Ingr. Frodr* I24* 379« Kirhy and Spence, Z 242. PL IL fig* 3. Fanz^ F. Germ, IL 16? (die deutsche Schabe.) Fuessly {Herhst^ Archives, p. FU 49»

jig, 10.

Svensk Zoologie. JB. I. No» 11. p. Si. Tab. 11. fis. 8.

Zebtersbedb ; Orbhopb. Suec, 4^- 4* Germar: Reise nach Dalmad^ 249» 3i3,

Oken: Zoologie, I, 463.

Toussaînb de Charp, Horae Entomoh p, 75. Faune Française (ire Livr,) Orthoptères Cou-" reurs^ PL 2. fig^ 8.

Blatte germanique, Latr^ Hist, JSIatur, XII, p, 97, E^ncycl, Méth, Insectes, IK, 320. No^ 50.

Blatte d'Allemagne, Dict, des Se Natur, IK, 458.

Boitard: Manuel d^ Fntomologie, IL 93.

En Russe: ripyocaK-b , IlpyccaKH (Prussiens); nom que les Russes ont donné à cette espèce comme importée de la Prusse par leur armée, à son retour de l'Allemagne après la guerre de 7 ans. On assure C[ue jusqu'à celte époque elle étoît inconnue à St-Pétersbourg, où maintenant elle n'est que trop commune, — Elle habite les maisons.

La plupart des naturalistes, Tun copiant l'autre, se sont bornés à écrire l'Histoire de la Blatte des cui^ •y/TZ^vT (Bl AT TA orientalis)) personne n'a parlé en détail de la Blatte germanique. L'immense quantité et l'étonnante propagation de cette espèce^ qui n'infeste pas moins nos cuisines que l'autre, et qui, malgré son nom étranger , aujourd'hui n'est que trop russe , m'ont engagé à étudier ses mœurs et ses métamorphoses; et je n'ai pas dû aller loin pour trouver matière à mes observations.

Les insectes, dont je me suis particulièrement servi, ont vu le jour le 1 Avril 1821.

J'avais déjà depuis dix Jours enfermé sous verre une femelle portant un œuf (ou plutôt une masse d'œufs) à rextrémité de l'abdomen, lorsque le matin du I Avril on m'apporta un grand œuf^ tout frais, et qui venoit apparemment d'être jeté à l'instant même par quelque autre femelle. Il avoît la forme d'un carré long, peu convexe, arrondi par les côtés et les deux bouts, rayé transversalement, et ayant à l'un des côtés une couture relevée, travaillée en tresse Il était long de trois lignes et large de moitié, de couleur jaunâtre, tirant sur le brun, et moins foncé que l'abdomèn de l'insecte.

J'avais à peine introduit cet œuf sous le verre, que ma prisonnière s'en approcha , le îâta et le retourna en tous sens. Elle le prit enfin entre ses pâtes de devant et lui fit une ouverture longitudinale d'un bout à l'autre. A mesure que cette fente s'élargissait, je vis sortir de l'œuf de petites larves blanches, roulées et attachées deux à deux. La femelle présidait à cette opération 5 elle leur aidait à se développer , en les frappant doucement avec ses antennes, en les touchant avec ses palpes maxillaires. Les larves commencèrent par remuer

j) On voit sur la planche de la. Faune Française y que j'ai citée, les masses d'œufs des Blattes orientale et laponne*, mais sur celle de la Bl. or, on ne remarque point de raies, et celles delà Bl. lap. sont rayées longitudinalement, tandis que l'œuf .de la Bl, germanique a des raies transversales. Il est aussi d'un tiers plus grand. (Je me sers de l'expression: œuf, au lieu de masse d''œufs, qui à la rigueur seroit plus juste.)

leurs longues antennes^ puis leurs pales, puîs elles se détachèrent les unes des autres, et en moins d'une minute elles furent en état de marcher, La coque restée vide, montrait alors autant de petites cellules, séparées par des cloisons blanches et lisses, qu'il y avoit eu de paires de larves; et le nombre de ces cellules correspondait en même tems à celui des raies que j'avais vues extérieurement sur l'œuf.

Toutes les jeunes Blattes une fois sorties, la femelle ne s'en occupa plus. Je comptait alors trentesix larves^ toutes blanches et transparentes, ayant des yeux noirs et un point foncé sur l'abdomen, à la place où se trouvaient les intestins» Mais en peu d'instans elles prirent^i^une autre couleur, au commencement verdâtre , et bientôt noire , nuancée d'un gris jaune. Elles se mirent à courir; elles s'attachèrent aux miettes de pain que j'avais jetées sous le verre : tout cela fut l'affaire de vingt minutes. L'immense propagation de cette espèce, dont j'aurai à parler dans la suite, s'explique ainsi facilement par la quantité de larves que renferme une seule coque. Celle de la Blatte des cuU sînes Vk'en a que seize

La Blatte germanique doit changer six fois de peau avant de parvenir à l'état d'insecte parfait. La première mue a lieu huit jours après la sortie de l'œuf.

2) Blatte orientale^ — » Ses œufs, au nombre de seize, »sont renfermes symétriquement dans une coque ovale, » comprimée, d'abord blanche, ensuite brune, solide, » dentelée en scie sur un des côtés. « (Latreille, dans le Règne animal de Cuvier, Tome III, p, 371),

La larve est de nouveau toute blanche après avoir jeté la vieille peau ; mais elle regagne vite ses véritables couleurs. Elle est déjà beaucoup plus grande, plus arrondie par derrière.

Dix jours plus tard j'ai observé la secondé mue. Toutes les larves ne l'ont cependant pas faite en même tems; il a fallu plusieurs jours à ma colonie pour subir cette métamorphose,

La troisième s'ensuivit pour la plupart après deux semaines. La larye sortit lentement, mais avec assez de facilité, de son étui, après s'être accrochée à quelque chose de fixe et avoir ouvert la peau sur le corselet. En sortant elle était toute mince, fort allongée et pour ainsi dire cylindrique; mais en quelques mi* nute selle avait repris sa forme oblongue et aplatie^ et elle avait plus de volume que la peau qu'elle venait de quitter. Il lui fallut toutefois un peu plus de tems pour reprendre ses couleurs. Le bord jaune du cor« selet se dessinait maintenant , et on remarquait déjà les deux premiers anneaux de l'abdomen, qui sont plus larges, et d'où naissent ensuite les élytres et les ailes. Une tache jaune carrée se trouvait au milieu de ces anneaux.

Toutes ces différentes indications de ce que la larve deviendra un jour, sont encore beaucoup plus apparentes à la suite de la quatrième mue, qui arriva environ un mois après la troisième.

Un mois de plus, et mes larves étaient Nymphes, Elles méritent ce nom à leur cinquième transformation. — La nymphe est moins longue que l'insecte

parfait; mais elle est heauconp plus plate, et presque plus large. Le corselet a déjà la forme qu'il conserve* ra, et ses deux lignes noires. Celles-ci sont continuées sur les deux anneaux dont j'ai parlé plus haut et qui débordent de beaucoup la poitrine. Le reste de Fab» domen est noirâtre en -dessus avec quelques taches rouges au milieu ; en-dessous brun ou tel qu'il restera. Les pâtes ont à -peu -près toute la grandeur et toute la consistance qu'elles doivent recevoir. En cet état la nymphe vit un mois ou six semaines. Peu -à -peu les fourraux des éljtres et des ailes (les deux anneaux cidessus mentionnés) se séparent et s'étendent, la nymphe perd de sa vivacité^ elle mange moins ^ elle ne court plus, elle cherche l'ombre et la solitude; toutà-coup elle s'accroche, la peau s'ouvre, et il en sort une Blatte parfaite, blanche comme la neige ^ avec des yeux noirs. Cette blancheur, celte propreté^ qui la rend fort jolie, ne dure cependant pas long-temso A vue d'œil l'insecte reprend ses couleurs naturelles : les antennes et les pâtes brunissent les premières; ensuite l'abdomen ; en trois heures le corselet a ses lignes parallèles; les élytres se colorent les derniers; et dans l'espace de dix à douze heures la toilette est achevée^ et notre Blatte germanique , qui vient de finir ses métamorphoses par cette sixième et dernière mue , est absolument telle qu'elle restera pour les mois ou les jours qu'il lui est donné de vivre.

Je ne puis me rendre raison de l'étonnante différence du tems que demandent des larves , sorties du même œuf et étant du même sexe ^ pour subir leurs

transformations. Tandis que les unes ont parcouru cet état d'imperfection en moins de quatre mois, d'autres y ont mis plus de cinq et cela d'une manière fort irrégulière dans répoqu« de cb^que mue. Ayant remarqué cette différence à la seconde mue , j'ai enfermé à part trois larves, également grandes et fortes; et voici le résultat de mes observations:

la larve

Naissance :

le I Avril

1 Avril

I Avril.

lière mue

nàe mue

3ième mue

I Mai

m Mai.

^leme mue

— 27 Mai

7 Juin

I Juillet.

5ième mue

— 28 Juin

6 Juillet

6ième mue

— 24 Juillet

a Août.

8 Sept,

fem.

fem»

fem.

La femelle C n'était pas moins parfaite et bien portante que ses jumelles et B

On distingue facilement les mâles de la Blatte germanique des femelles , tant par la forme que par

3) Si une larve ou une nymphe casse ou endommage quelqu'un de ses membres, la nature ne répare pas cette perte entièrement ; le membre endommagé grandira , mais il sera toujours imparfait. Une nymphe avait brisé une de ses antennes assez près de la base ; à la dernière mue cette antenne est sortie trois fois plus longue que le morcea.u qui en était resté ; mais toutefois incomplette et de moitié plus courte que l'autre,

lO

la couleur. Le mâle est toujours plus petit, sur-tout plus mince , et d'une couleur plus claire. Il est d'un brun ' jaune, et la femelle d'un brun foncé. C'est particulièrement l'abdomen qui constitue une différence sensible. Celui du mâîe est long, aminci, jaUnâtre , et moins large que les éljtres qui le couvrent entièrement, à l'exception des deux lames de l'anus. L'abdomen de ia femelle au contraire, de couleur brune, noirâtre endessus, est beaucoup plus large, très -épais et convexe en •dessous; il dépasse les ély très des deux côtés, mais il est moins long qu'eux. Aussi la femelle est lourde^ elle court vite , mais je ne l'ai jamais vue remuer les ély très ; tandis que le mâle, en tout plus iéger, se sert aussi parfois de ses ailes.

Cet insecte a été si souvent dessiné, que je n'ai pas cru nécessaire de le faire représenter de nouveau. Les meilleures figures que j'en aie vues, sont celles de Fuessly et de Kirby et Spence, qui nous m'onire/Ut des maies ^ et celle de la Zoologie Suédoise , où je crois reconnaître une femelle

4.) La figure de la Blatte germanique que nous donne Ja * Faune Française, est loin d'être exacte. Elle nous présente un corselet jaune avec une grande taclie rouge au milieu, lorsque le corselet de cette espèce se distingue précisément par deux lignes longitudinales noires: » distincta lineis tïioracis nigris. « Fabr. La Jigure de Panzer est également mauvaise. Helîwig dit (RossL Fn, Etr. /. p. 3 18.) qu'elle approche trèsprès de Bl, -pers-picillaris de Herbst, et Germar et

Les deux sexes ont bien à l'abdomen ces 5) deux Mpeiites appendices articulées, coniques et pointues, « communes à toutes les Blattes^ et qui sont si exacteznent dessinées par D e Geer mais îe mâle de notre espèce ne possède pas les «deux pointes cylindriques, «un peu courbées, « qui doivent être situées au bord inférieur de deux lames transversales , placées à l'extrémité du dernier anneau de l'abdomen (De Tigny et qui sont si visibles cbez les mâles de Bl. crientalis, Australasiae etc. Mr. Zetterstedtdit expressément "^^ que le mâle de cette espèce a Vanus formé comme celui de la Blatte laponne^ c'est- à - dire, privé de ces deux pointes et Latreilie, qui nous a donné le caractère générique le plus exact et le plus complet des Blattes, ne les compte pas non plus parmi les signes ca-

Toussaint de Cli a rp e n tier la regardent comme une variété de BlattA lapponzca, Le dernier de ces auteurs semble aussi supposer que la El, liicida de Hagenbacli (Symh* Faunae Ins, Helvet, jy, Jig, g,) soit une variété de la femelle de germaiiica ; mais le corselet en diffère trop , et parmi des milliers de cet insecte des deux sexes que j'ai examinés, je n'ai jamais remarqué une telle variété.

5) Tome IIL Pl. £5. fig. k et ^,

6) De Tigny. Tome V, jj. i5. Voyez ?ius,si Encycl, JVIe'thod. Ins, Tome IV. p, 5oQ, Nouv, Dict, à''Hist. Natw relie. Tome III, p. 474»

7) Orthoptera Sueciae , p, ^9. (Ess. Ent, No. III. p. /.)

3) y) Cauda çorniculis duobus, sed stylis nullis,v. Ibidem, p. 46.

raclérisliques du genre En séparant les deux lam^s en question, et sur l'inférieure desquelles on remarque une échancrure qui se termine par un bouton noirâtre, il en sert d'entre elles, d'un côté un petit stjlet pointu, droit et de aoûleur brune ^ — de l'autre côté un corps plus grand, moins foncé et qui a la pointe en crochet; et en poussant les recherches plus loin, on observe à chacun des deux angles postérieurs de la masse blanche qui forme la base de ce dernier membre^ une fort petite pointe noire tout- à -fait cachée , dans l'intérieur de l'abdomen : ces différens corps constituent apparemment les parties génitales ^°).

Je n'ai jamais vu la femelle chercher les caresses du mâl^ avant quinze jours après sa dernière métamor* pliose , et alors l'accouplement a lieu de la manière la plus commune parmi les insectes de cet ordre, c'est-àdire, que les deux individus s'approchent à reculons, et

9) Seulement après avoir fait la description de l'espèce àite Blatte des cuisines , il ajoute: «Anus maris stylis » duobus exsertis , cylindricis, appendiceque interme- »dia, cornea, elongata , ad apicem recurva, fere sublia^ » stata , unidentaLa. « Gênera Crzistaceorum et Insecto° rum, Tom, III. p, Ô4. "

10) J'avoue que cette description n'est pas très-claire , et je regrette en cette occasion, comme j'ai souvent dû le faire, de ne pas posséder des notions suffisantes de l'anatomie, pour oser exprimer mes observations en termes tecîiniques ; mais je dois abandonner des reclierclies de cette nature aux Entomologistes • Anato» mistes par excellence , aux Léon Du four, aux E s clis cli o 1 1

que le mâle étant le moins fort, est souvent traîné par la femelle et forcé à suivre tous ses mouvemens. Cependant ils se séparent bientôt. L'abdomen de la fe» melle se gonfle en peu do jours , et après une semaine l'œuf est visible. C'est au commencement un corps blanc et difforme, mais il grandit pour ainsi dire à vue dœil, et avant la fin de la journée il a déjà sa forme carrée, sa couleur jaune, et il se trouve, à demi sorti de l'abdomen.

Il est difficile de déterminer avec précision combien de tems il sera encore porté par la femelle. Une de mes prisonnières a jeté son œuf Je dixième jour; mais il était petite incomplet et vide. Celle que j'avais enfermée la première (le 21 Mars), a porté le sien jusqu'au 10 Avril, le soir. Elle l'a ainsi gardé, sous le verre, 21 jours ^ et on peut présumer qu'elle le portât depuis quelque tems quand je Tai prise. Cet œuf, qu'elle a déchiré elle-même^ n'était qu'à moitié rempli d'une matière blanche sans forme* Voilà donc deux femelles qui ont avorté à des époques fort différentes D'autres coques d'où sont sorties des

larves , ont été portées deux semaines. En général on peut assurer que la Blatte germanique garde son œuf à l'orifice de l'abdomen beaucoup plus long^tems que la Blatte orientale qui, à ce que disent De Geèr et

II) Je. suis persuadé qu'en état de liberté les femelles nV vorteiit presque jamais. Toutes celles que j'ai vues courir dans ma cuisine , portaient des œufs plus grands , plus bruns que ceux que j'ai observés chez les femelles qui s'étaient accouplées en prison»

De Tigny , en citant Frichs, ne porte le sîen que sept à huit jours ^ -). — . Quelcpefois la Blatte quia avorté, fait un second œuf rpi réussit mieux , et meurt peu de tems après ; mais la plupart des femelies ne pondent qu'une fois*

En prenant cela pour base^ nous pouvons nous faire une idée approximative de l'immense propagation de cette espèce. Supposons que chaque femelle ne fasse qu'un œuf; et que chaque œuf renferme 36 larves. La proportion des mâles aux femelles m'a paru être un sur neuf^ de manière que 32 femelles sortent de chaque coque. Dans le courant de six mois du moins 3o de ces femelles donnent naissance , chacune à 36 petites Blattes; ce qui fait une somme (j-compris les quatre mâles de la première ponte) de io84« Poursuivons ce calcul pour six mois de plus, et nous vei> rons quun seul œuf aura produit dans l'espace d'un^ année 32^4^0 individus.

\àdi Blatte germanique mange à*peu-près tout; elle préfère cependant le pain, et même le pain blanc au pain bis. Elle ne recherche pas la farine et ne fait pas grand cas de la viande , si elle trouve d'autre nourriture. Je l'ai vue par centaines se fourrer dans des flacons qui avaient contenu de l'huile; et j'ai également remarqué qu'elle aime beaucoup le cirage des bottes , qu'elle dévore en pénétrant jusqu'au cuir, La bilî ar diè re nous a rapporté qu'elle fait ses délices de citrons, d'autres acides

is) De Geer. Tome III» p, 5^5 de la traduction allemande.— De Tigny. Tome, V, p, 19.

végétaux^ et fp'elle se nourrit même d'encre ^^3. SI des Blattes sont enfermées avec des provisions suffisantes, nul doute qu'elles ne les consument entièrement, en se multipliant à l'infini. Mr. de Ghamisso raconte qu'on a ouvert en pleine mer des barrils qui devaient contenir du riz ou du blë^ et qu'on les a trouvés remplis de la Blat te germanique ^ '''). J'ai vu quelquefois les larves et les nymphes manger la peau qu'une d'entre elles avait jetée ^ ce que De Geer a également remarqué chez les sauterelles ^^); j'ai vu les larves dévorer la matière intérieure des -œufs pondus en état imparfait^ mais je n'ai jamais vu les Blattes de cette espèce s'entretuer ou l'une manger l'autre ^ Elles peuvent long-tems supporter la faim ^ et ou les rencontre souvent et en grande quantité dans des endroits où selon toutes les apparences elles n'ont rien pour se nourrir.

10) Illig, Magazîn fur Inselaenkunde. Band 4. V,

(^Ess» Ent. No, II, p, 22.) Ce passage se trouve aussi ciré dans la Zoologie Suédoise, T. I. No, 11. 22. et Oken s'en est servi en parlant de cette espèce dans sa Zoologie (JLehrhuch der Naturgeschichte T, 3. Abth, i, p., 463).

14) Verhandlungen der Geselîscliaft naturforschender Freun* de in Berlin, B. I. St, 3, (1821) p. 17^,

15) Tome III, -p, 277,

16 Une très-respectable personne de mes amis avait commencé en 1Ô26 à faire des observations, à l'instar des miennes , sur les mœurs de la Blatte des cuisines; mais elle en fut dégoûtée en s'aperoevant ^ue les Blattes fortes tuaient et mangeaient les faibles enfermées avec eîles^

On me demandera peul-êtfe quels sonî les moyens d'exlîrper cet insecte, en général moins nuisible que dégoûtant et incommode. Je n'en connais que l'arsenic, la fumée du charbon déterre, la vapeur du soufre^ et l'eau bouillante. Mais tont cela ne suffit pas sans une extrême propreté et des courants d'air. Dans les appartemens que l'on peut souvent nettoyer et balayer , où les fenêtres peuvent rester long-tems ouvertes , les Blattes ne s'établiront pas.

Quelle est l'utilité d'un animal infecte^ qui blesse nos regards, qui s'insinue par -tout, qui dévore nos provisions ? Les naturalistes l'ignorent. Mais outre qu'elle sert de nourriture à la volaille, la Blatte ger-» manique existe certainement pour un but d'utilité plus grande que lui a prescrit le Créateur, Aucun être n'est inutile ou superflu dans la nature, sa sagesse infinie le garantit; et la Blatte contribue sans doute pour sa part à remplir les vues d'une bienfaisance éternelle. En attendant que de nouvelles observations nous mettent à même de les découvrir, admirons la miraculeuse perfection de cet insecte qui nous semble si vil, et humilions-nous devant la main tout -puissante qui l'a créé.

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