PAR SON EXCELLENCE LR GOUVERNEUR POTHIER
Mesdames et Messieurs
La grande culture n’est Pas l’apanage des peuples nouveaux.
Le colon ou le défricheur ne peut cultiver les arts.
Ce n’est que lorsque la forêt a été abattue, que la charrue a creusé le sillon, et que, de ce sillon, est sorti le blé ou la fleur, — ce n’est que lorsque les colons se sont groupés en paroisses, et que, plus tard, la ville s’est élevée, — qu’un peuple commence à naître à la vie intellectuelle.
La musique du clocher Paroissial frappe d'abord son oreille, et cette harmonie réveille dans son cœur des émotions nouvelles, Son Âme se dilate alors: il veut chanter, il veut admirer, il veut aimer, il veut connaître, et pour connaître, il lui faut l’école. L'école, c'est le livre, —et le livre fait éclore toutes les aptitudes, tous les dons de ces
intelligences, restées jusque là soumises à la fatigue physique,
L'artiste et le penseur apparaissent, et ce peuple prend sa place parmi les peuples policés et créateurs.
Le nôtre est entré depuis un demi-siècle dans cette voie, vigoureux et plein d'espoir.
Nous avons des écrivains doués, des orateurs remarquables et des penseurs.
Ce soir, j'ai l'honneur de vous présenter un artiste-écrivain très distingué de notre race, Monsieur Henri d'Arles, qui
nous parlera du penseur le plus illustre du Canada-français : Edmond de Nevers.