‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 100 sur 309 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

VERNER, CAROLINE, madame HONORINA.

MADAME HONORINA.

Monsieur auroit-il besoin de quelque chose ?

VERNER

Oui.

De quoi ?

D'être seul.

MADAME HONORINA.

J'aime votre manière de vous exprimer; elle est laconique.

VERNER

Et claire , cependant.

MADAME HONORINA.

VERNER

ï5G L'HEUREUX MALGRÉ LUL

MADAME UONORINA.

Aussi vais-je, en me retirant, prouver que je l'ai très-Lien comprise.

( Elle s'éloigne. ) VERNER.

Nous voilà enfin délivrés...

MADAME HONORINA, revenant sur ses pas.

Je ne puis, pourtant, vous quitter sans m'excuser du tapage qui s'est fait aujourd'liui dans ma maison ; il a été causé par les préparatifs qu'exige l'arrivée d'un personnage d'importance, M. le baron de Froustenbrouck, voyageur sans égal, original sans copie 5 de plus , un de mes plus ardens prosélytes : vantant partout ma science , et ne souffrant point au'on paroisse en douter. En un mot , il me regarde comme un oracle : fait tout ce que je veux , croit tout ce que je dis, et paie tout C3 que je demande; vous voyez, d'après cela, que c'est un personnage à ménager. Ne croyez pas, pourtant, que ce soit aux dépens des autres voyageurs 5 non. Monsieur, uonj c'est peu de prodiguer mes soins à tous mes hôtes, je sais encore me conformer à leurs goûts , à leur caractère ; c'est donc pourquoi j'évite avec vous les longs discours, les propos inutiles , et vole où mon devoir m'appelle.

(Elle son.)

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