‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 120 sur 309 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

PROSPER, MADAME HONORINA.

MADAME HONORINA, sans voir Prosper.

Quel tapage font les gens du baron ! leui* maîti'e , disent-ils, n'est plus qu'à une portée de fusil... Mais voici ce voyageur! Bon!... quelques mots que j'ai su tirer du valet, dont j'ai feint exprès d'écouter les doux propos, me feroient croire que par une rencontre fort singulière, ce jeune homme... Il faut convenir que ce seroit un des jeux du hasard le plus étonnant. . .

PROSPER , toujours plongé dans ses réflexions.

Moi , capitaine ! . . , 0 fortune ! divinité acliarnée après moi ! je suis bien payé pour traiter de calomnie, le reprocbe qu'on te fait d'être volage l

MADAME HONORIXA , à part.

Lions l'entretien , et tâchons de découvrir jusqu'à quel point je puis me livrer à mes conjectures. (Haut. ) Monsieur paroît se plaindre ; auroit-il quelque chagrin? cela m'étonneroit j car à la faveur de l'art de ht magie, dans lequel j'ai l'honneur d'être initiée, je

i8'^ L'HEUREUX MALGRÉ LUL

vois sur sa figure vingt choses plus heureuses les unes que les auti*es , toutes prêtes à lui arriver.

PROSPER j très-vivement en se levant.

Ah , mon Dieu , Madame ! vous me faites trembler ! et je fuis au plus vite pour échapper, s'il se peut, à un pareil pronostic.

( Il se sauve. )

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