‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 171 sur 309 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

ZÈTULBÈ.

Je le crois, ma mère.

LÉMAÏDE.

Mais réfléchis donc uu instant : si cet il Bondocani eût été vraiment digne d'aspirer à ta main, eût-il gardé le silence sur sa famille, sur sa fortune? eût-il accompagné l'offre qu'il m'a faite , de mille plaisanteries plus déplacées les unes que les autres ? Je te le demande : est-ce ainsi qu'un homme qui auroit eu des vues honnêtes, en auroit agi dans une pareille circonstance ?

( La nuit vient par degrés pendant le reste de la scène . ) ZÈTULBÈ.

Quoi ! il seroit possible !... Ah, ma mère ! vous pénétrez mon âme de douleur et de crainte ! . . . Vous conviendrez cependant que sa conduite envers le cadi , et ces vingt mille sequins qu'il nous a...

LÉMAÏDE.

Plus ses promesses sont éblouissantes , moins nous devons y compter. Vingt mille sequins ! mais ce seroit un trésor... Va, va, tu les attendras long-temps 1

ZÈTULBÈ.

Je ne sais j mais de certains pressentimens me disent le contraire. (Apan. ) Ah! puissent-ils ne pas me tromper !

LÉMAÏDE.

Allons, allons, laissons cet homme dont, sans doute , nous n'entendrons plus parler : il est tard , et nous devons songer... Mais quel tapage !

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