SCENE XVII
LËMAIDE y se jetant sur un siège auprès de la table.
Quel sort aflfreux nous attend !
ISAUUN.
Quel charmant repas nous allons faire !
LÉMAÏDE.
Toutes mes craintes sont justifiées !
ISAUUN.
Tous mes vœux sont comblés !
LÉMAÏDE.
iîlO? SJ 1 •
Mais songe donc que ces gens de la police...
ISAUUN.
Ont soupe ; soupons à notre tour.
LÉMAÏDE.
Ah bien oui ! souper !
ISAUUN.
Allons , Zètulbè, prenez place à côté de votre mère.
ZÈTULBÎ:, à part.
Je ne sais pourquoi ; mais sa présence me rassure.
( Isauun la conduit à table , et s'y met aussi. )
Je vois avec plaisir que mes ordres ont été fidèlement suivis. Quel délicieux instant ! qu'il est cher à mon amour!... (iiboit. ) Ce repas sans façon, ce lieu simple , mais embelli par vos charmes ; la gaieté de
votre mère (Ou entend du bruit dans la rue. ), Ct SUrtOUt l'ai- II. 18
mable tranquillité dont nous jouissons, tout cela me
ravit, et je me sens transporté... ,|^ ,
KESIE y qui a regardé par la fenêtre.
C'est la Justice ! , . ..
LÉMAÏDE.
Voilà notre dernière heure !
ISAUUN.
Buvons : ce vin de Cliiros n'a point son pareil ; mais pour qu'il ne manque rien à la fête , il faut chanter , et je vous donne l'exemple.
Pour obtenir celle qu'il aime , L'un éblouit par sa grandeur 5 A se voir aimer pour lui-même , Un autre met tout son bonheur.
Mes cliers amis , dans cette vie , Chacun a son goût , sa folie ; La meilleure est de bien jouii- :
Chantons l'amour et le plaisir.
PLUSIEURS VOIX, en dehors.
Frappons, et forçons-les d'ouvrir.
" \ Chantons l'amour et le plaisir.
ISAUUN.
L'un , dans les hasards de la guerre , Trouve le bonheur de ses jours ; L'autre , sous le toit solitaire Du tendre objet de ses amours.