‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 185 sur 309 · SCÈNE XXI · texte numérisé non relu

SCÈNE XXI

ZÈTULBÈ.

Convaincue de l'innocence de ma mère, je n'ai tremblé que pour vous.

LÉMAÏDE.

Au moins, à présent, pouvons-nous être tranquilles; car. Dieu merci, avec vous, on ne sait jamais si l'on est poursuivie ou protégée, riche ou pauvre, morte ou vive... Mais enfin, puisque je ne sais trop comment nous voilà hors de danger , croyez-moi , désormais, restez tranquille; et surtout ne vous exposez pas davantage... J'aurois cependant Lien voulu savoir comment il se fait que cette cassette qui appartient au calife. . .

ISAUUN.

Je vous jure qu'elle est à moi.

ZÈTULBÈ.

Je n'ai jamais douté que ce ne fût une calomnie inventée par l'émir.

ISAUUN.

Et qu'Isauun punira sans doute...

LÉMAÏDE.

Ah bien oui ! Isauun ! . . . un fou qui ne pense qii' à ses plaisirs !

ISAUUN.

Vous le traitez bien mal. 11 est jeune, et peut encore...

LÉMAÏDE.

Lui ? Je vous le dis , entre nous , c'est un homme léger, sans caractère, injuste...

ISADUN.-

Vous êtes bien sévère.

Voyez comme il en agit envers moi ! Autrefois, son père, prêt à perdre la vie dans un combat, fut sauvé par le courage de mon époux ; et pour récompense , il laisse languir sa veuve dans la misère !

ISAUUN.

Oh î pour cela, je suis de votre avis; il a tort... très-grand tort : heureusement qu'il peut tout réparer.

LÉMAÏDE.

Je ne lui demande rien.

ISAUUN.

Raison de plus pour tout obtenir.

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