SCÈNE XXIII
apprenez ce grand secret , ou plutôt ce prodige ; votre neveu est émir !
ZÈTULBÈ.
Emir !
LÉMAÏDE.
Allons , j'en étois sûre !
YÉMALDIN.
Vous n'êtes pas plus étonnée?
Etonnée ! . . . moi ? j'en ai tant vu ! tant vu ! que maintenant tous les miracles de Mahomet, passés, présens et futurs, ne me paroîtroient que des jeux d'enfans.
YÉMALDIN.
Que vous est-il donc arrivé ?
LEMAÏDE, lui montrant tout ce que les gens d'Isauun ont apporté.
D'abord, tout ce que tu vois autour de toij et, de plus, un gendre qui, pour présent de noce, entre autres bagatelles , donne à ma fille vingt mille sequins.
YÉMALDIN.
Vingt mille sequins! mais c'est donc un prince, un souverain ? Ah , Lémaïde 1 hâtez-vous de conclure avec cet homme généreux et bienfaisant.
LÉMAÏDE.
Il n'y a qu'une petite diflBculté , c'est que cet homme généreux et bienfaisant, n'est ni prince, ni souverain j
mais, suivant toute apparence, un des chefs de ces
dévaliseurs de caravanes.
ZÈTULBÈ.
Quoi ! VOUS pouvez encore !...
YÉMALDIN.
Qu'entends- je ! et vous auriez pu consentir...
LÉMAÏDE.
Je ne sais comment cela s'est fait; mais il m'a presque forcée...
YÉMALDIN .
Il aura sans doute abusé de votre position malheureuse ! Ah! qu'il porte ailleurs ses présens, ses richesses...
ZÈTULBÈ.
Ne le jugez point sans l'entendre, il n'est pas loin; et vous pouvez...
YÉMALDIN .
Où est-il ?
LÉMAÏDE.
Dans cette chambre. ^
YÉMALDIN.
A cette heure ! Je jure, par Mahomet, que je vais punir son insolente audace !
( Il veut tirer son sabre et entrer dans la chambre. ) ZÈTULBÈ , le retenant.
Arrêtez !