ACTE I, SCÈNE IX. 3i
vés depuis peu de temps dans ce canton, excepté nos chefs, aucun de nous ne l'a encore vu.
TROISIÈME LIGUEUR
Ah , mes amis ! quelle gloire , si nous pouvions , sans trop nous exposer, le livrer au duc!
PREMIER LIGUEUR
Oui ; mais nous avons des précautions à prendre ; il ne suffit pas de tomber sur notre proie, de la saisir, il faut songer au moyen de la conserver. Cette forêt est remplie de soldats royalistes qui la parcourent, dans l'intention de nous en chasser 5 s'ils nous rencontroient, conduisant notre prisonnier avec une si foible escorte, ils ne tarderoient pas à le délivrer j ainsi, prenons nos mesures en conséquence.
TROISIÈME LIGUEUR
C'est Lien dit ; la prévoyance est de toutes les qualités celle dont je fais le plus de cas.
PREMIER LIGUEUR
Voici ce que je vous propose : restez ici 5 moi, je vais me mettre à la recherche des nôtres j à mesure que j'en rencontrerai, je vous les enverrai. Vous, contentez-vous de veiller sur le prince ; et attendez , pour l'emmener, que vous vous trouviez m nombre suffisant pour résister en cas de surprise.
3i4 GABRIELLE D'ESTRÉES.
TROISIÈME LIGUEUR
Ail , mou Dieu I que nous soyons seulement vingt contre quatre, c'est assez.
PREMIER LIGUEUR
Henri s'approche 5 éloignez-vous sans le perdre de vue, taudis que de mon côté je vais m'occuper des moyens d'assurer le succès de notre entreprise.
DEUXIÈME LIGUEUR
Nous comptons sur ton zèle.
QUATRIÈME LIGUEUR
Sur ton courage.
TROISIÈME LIGUEUR
Et sur le renfort que tu nous as promis.
PREMIER LIGUEUR
Suffit; adieu.
( Le premier ligueur sort , les autres rentrent dans le bois; et, pendant la »rènc suivante, ils reparoissent de temps en temps dans le fond du lliiàlrc.)