ACTE m, SCÈNE VI
Ah , malheureux Henri ! le plus grand mal qu'on ait pu te faire, est de l'avoir appris à connoître la défiance. Entouré de haines, de complots, puissé-jene pas succomber sous les efforts de mes ennemis , avant d'avoir réalisé mes plus douces espérances !
JIR.
Arbitre de nos destinées!
Toi qui veilles sur nos jours !
Dieu tout puissant! de mes années
Daigne encor protéger le cours.
Ah ! je dois tenir à la vie,
Puisque dans le fond de mon cœur
Une secrète voix me crie :
De tes sujets , de ta patrie ,
Henri, tu feras le bonheur.
Vis donc , non pour donner aux chantres de la gloire
Le droit d'illustrer ta mémoire; Mais pour, après ta mort , laisser aux malheureux Le souvenir des biens que tu versas sur eux.
O France! ô toi qui m'es si chère I Mon bras m'a fait ton roi , mon cœur m'a iait ton père. Si jamais d'un titre si doux Henri cessoit d'être jaloux.
Arbitre de nos destinées!
Toi qui veilles sur nos jours.
Dieu tout puissant ! de mes années Daigne alors terminer le cours.
Mais j'entends Gabrielle ! ménageons sa sensibilité ,
en lui cachant les soupçons que me cause l'absence de son père... Amour ! c'est toi (jui m'inspires la démarche que je vais faire j rends-en toujours digne celle qui en est l'objet.