‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 290 sur 309 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

JEAN, OLIVIER

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OLIVIER

Eh bien 1 Monseigneur, vous avez vu la princesse j un de ses regards est tombé sur vous , et vous voilà soumis aux douces lois de l'amoureux servage.

JEAN

Si j'en goûte les plaisirs, j'en éprouve aussi les inquiétudes.

Comment ?

JEAN

Sans doute j d'après quelques mots échappés à ce maudit sénéchal, je n'ai que trop à craindre d'avoir

été prévenu par un rival plus heureux que moi , puisqu'il sembleroit que la princesse s'est déjà déclarée en sa faveur.

OLIVIER

Le tour seroit ma foi piquant ! quoi ! venir de si loin, faire tant de frais, se donner tant de peines; et tout cela pour arriver à l'instant du triomohe d'un rival î un tel incident seroit fait pour décourager l'âme la plus intrépide, et par conséquent la vôtre. Monseigneur.

JEAN

Qui? moi ! je me laisserons abattre au premier choc? peux-tu le croire, Olivier? et ne sais-tu pas que dans un cœur tel que le mien, le désir s'augmente en raison des obstacles qu'il rencontre ? Qu'un être foible et vulgaire cherche des succès faciles; moi, je ne prise la victoire qu'autant qu'elle m'est disputée.

OLIVIER

Allons , Monseigneur ; en ce cas , marchez à votre but.

JEAN

C'est aussi mon dessein... Va donc voir si tout se dispose suivant mes désirs.

OLIVIER

Oui, Monseigneur.

( Il sort. )

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