SCÈNE XV
'ribaldo.
Monseigneur?
LE COMTE
Ta nièce est charmante.
RIBALDO.
C'est tout le portrait de sa mère, ma sœur jumelle, (jui me ressembloit infiniment. ( A part. ) Diable ! cela va mal! ne nous décourageons pas. (Haut. ) M. le comte semble préoccupé ?
LE COMTE
Moi? point du tout.
Pardonnez-moi, Monseigneur, pardonnez-moi; je suis sûr que quelque souvenir occupe en ce moment votre esprit... Il en est que ces lieux lui rappelleront sans cesse.
LE COMTE
J'en conviens.
RIBALDO , à part.
Il y vient à la fin.
LE COMTE
Il en est un surtout. . .
RIBALDO, vivement.
Oh oui!... je savois bien que Monseigneur n'oublieroit jamais que c'est ici...
5o LE NÈGRE PAR AMOUR.
LE COMTE
Que je suis né, et que j'ai passé les premières, les plus douces années de ma vie.
niBALDO.
Je conçois que cette habitation vous soit chère, et ce lieu surtout. . .
LE COMTE
Rentrons, Ribaldo ; je me sens fatigué.
RIBALDO.
Eh bien. Monseigneur, asseyez-vous un moment sur ce banc.
(Il lui indique celui qui est dans le rocher. ) LE COMTE, avec un peu d''cniotion.
Sur ce banc?... Ah, Ribaldo! ce rocher... Si tu savois !...
(Il entre sous le rocher, et s'assied sur le banc.) RIBALDO.
Autrefois vous aimiez à vous y reposer.
LE COMTE
Il est vrai! mais alors... (A pan.) Je ne saisj mais depuis une heure il semble qu'il fasse exprès de me ramener sans cesse à des idées que j'ai toujours cherché vainement à bannir de mon cœur.
( Il tombe dans la rêverie. ) RIBALDO.
Il se tait... a l'œil fixe... l'air pensif! bon! voilà