SCÈNE III
2ULNAR.
AIR
Je ne sais où porter ma de'marche incertaine;
A leur juste fureur je n'échapperai pas;
Et quels que soient les lieux où ma douleur m'entràîue ,
Un abîme effioyable est ouvert sous mes pas...
Quel sort affreux m'attend !... O désespoir extrême !
Oui, c'en est fait, hélas ! je perds celle que j'aime...
Allons; ne tardons plus; je dois fuir ce séjour...
Mais Zoraïme ! objet du plus ardent amour ,
Ne crois pas me quitter ; dans mon âme brûlante ,
J'emporte , eu m'éloignant , ton image vivante.
O douleur !... Est-il vrai?... sur ces bois , ces remparts.
Pour la dernière fois je jette mes regards !
Ici tout me l'appeUe
Les plus doux souvenirs;
Sous ces bois , auprès d'elle ,
S'exhaloient mes soupirs.
Adieu soiu"ces , pi-aiiie ,
Adieu sombres forêts ;
Ainsi que mon amie ,
Je vous quitte à jamais.
100 ZORAIME ET ZULNAR.
L'instant approche où !a tribu d'Akbé va marcher à la rencontre J'Abular 5 tâchons de la prévenir et d'exécuter mes desseins. Tant que je fus retenu par mes blessures, l'honneur même me prescrivit la loi de rester inconnu, afln d'échapper à la mort honteuse qui m'attendoit. Si le ciel seconde aujourd'hui mes projets, je veux que, reparoissant bientôt aux yeux de Zoraïme, mon nom qui lui fait maintenant horreur, soit un titre de plus pour lui plaire.