ACTE III, SCÈNE VI
ZÉIDE.
Avez-vous mis les instans à profit ?
ZORAIME j approchant de la table oîi est la lurai&re pour lire le billet.
Oui , et du moins aurai- je coiinoissance de cet écrit avant le gardien de cette tour. Lisons.
ROBLAS , lui ôtant le papier.
Non pas , s'il vous plaît.
ZORAÏME, 4 part.
Quel contre -temps!... Je voulois le sauver, et c'est moi qui lui porte son arrêt.
RO6LAS j (''approcliant de la lumière.
Que vois-je ! l'écriture du grand-juge ! ce sont sans doute ses nouveaux messagers : croyez-moi 5 si vous voulez conserver vos places, une autre fois soyez moins curieux ; mais lisons ce billet.
ZORAÏME , à part. '.ud'iro 1nr>'V
Je frémis d'avance !
ROBLAS, lisant. . llioJII :
« Le grand-juge Tisifour prévient Roblas , gardien
» des prisons d'Etat, que le prisonnier qu'il a sous
» sa garde, vient d'être jugé, et qu'il doit être cour
)) duit à Tolède par la porte de l'Orient , la seule qui
» ne soit point exposée aux attaques d'Abular ; c'est
)) là que tous les forfaits qu'il a commis seront expiés
» par sa mort. »
i3o ZORAIME ET ZULNAR.
ZORAÏME, à part.
Je meurs !
ROBLAS , continuant de lire.
« En conséquence ; pour que le présent jugement )) soit à l'instant exécuté , Roblas remettra ledit pri- » sonnier entre les mains des personnes qui lui don- » neront cet écrit, w
ZORAlME y pouvant ^ peine contenir sa joie.
Je respire ! . . ..>
ROBLAS p continuant de lire.
« Ce sont des gens sùrs, exacts ; et auxquels je puis » me fier en toute assurance. »
ZORAÏME.
0 bonheur !
ROBLAS.
Tant mieux pour lui. (A Zoraïme. ) C'est vous maintenant qui êtes cliargé de ce prisonnier; veillez bien sur lui , au moins.
ZORAÏME.
Vous pouvez vous en rapporter à moi... Mais ne tardez plus.
ROBLAS.
Allons ! allons ! vous êtes bien pressé ; il m'en coûte de vous remettre ce prisonnier; car enfin il est bon que vous le sachiez; quoique geôlier, je suis