‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 98 sur 309 · ACTE I, SCÈNE II. i5t · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. i5t

CAROLINE

Aux miennes? et quelles affaires voulez-vous donc qui m'occupent ?

MADAME HONORINA.

Tenez, ma belle demoiselle ; avec moi cette discrétion est inutile j je sais déjà tout ce que vous voudriez me cacher.

CAROLINE

Permettez-moi d'en douter, madame la Boliémienne, malgré tout le respect que j'ai d'ailleurs pour votre science.

MADAME HONORINA.

Ah ! vous en plaisantez ! eh bien ! que diriez-vous si , malgré le silence et la réserve que vous observez depuis huit jours que vous êtes dans cet hôtel, je vous prouvois que vos plus secrètes pensées me sont connues comme à vous-même ?

CAROLINE, en riant.

Oh ! pour cela , je vous en défie.

MADAME HONORINA.

Puisque vous doutez de ce que j'avance, je vais vous en convaincre , pour vous punir de votre incrédulité ; mais j'y mets la condition que vous conviendrez des vérités que je vous dirai.

3 52 L'HEUREUX MALGRÉ LUL

CAROLINE

Je VOUS le promets.

DUO

MADAME HONORINA.

Eh bien ! allons , ëcoutez-moi.

CAROLINE

Voyons; parlez, je vous écoute.

MADAME HONORINA.

Surtout, soyez de bonne foi ; Vous me l'avez promis.

CAROLINE

Sans doute.

MADAME HONORINA.

West-il pas vrai qu'assez souvent, En secret , vous versez des larmes ?

CAROLINE, à part.

D'où sait-elle que bien souvent , En secret, je verse des larmes':'

MADAME HONORINA.

11 est un bien doux sentiment

Dont votre coeiu* connoît les charmes?

Hélas ! d'un bien doux sentiment Je ne coiinois que trop les charmes !

MADAME HONORINA.

Sans l'aimer, peut-on voir Trosper?

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