ACTE I, SCÈNE VII
MADAME DE VALMORE
Le ministre , il est vrai , confie à sa prudence Une place qu'on dit d'une haute importance.
DERVmSS.
C'est heureux pour l'Etat encor plus que pour lui. Que le ministre ait fait un tel choix aujourd'liui.
MADAME DE VALMORE
Laissons cela : vos soins et votre intelligence Vous ont, monsieur Dervinss, acquis ma confiance.
DERVINSS.
M'en rendre toujours digne est mon vœu le plus cher.
MADAME DE VALMORE
C'est aujourd'hui, je crois, que vous devez toucher Les deux cent mille francs qui sont dus à mon frère; C'est à moi qu'il remit le soin de cette affaire Lorsqu'il quitta Paris; et depuis son départ
DERVIASS.
J'espère avoir ses fonds dans une heure, au plus tard.
MADAME DE VALMORE
Bon! pour mon frère il est d'une importance extrême Que ce remboursement soit fait en ce jour même ; Nous devons, en son nom, employer ces deniers ''' *• A payer au plus tôt d'avides créanciers, ;^> -'--î
Qui pour derniers délais donnent cette journée. Montalbert croit, déjà, l'affaire terminée;
lyS LES PROTECTEURS.
Et, pour que nul souci n'altérât son bonheur,
J'ai cru ne point devoir dissiper son erreur;
Mais tâclions qu'aujourd'hui, la somme remboursée.
Soit chez les créanciers au même instant versée.
Pkis de retards surtout ; car au premier refus ,
A poursuivre mon frère, ils sont tous résolus.
Dans sa position, vous sentez quelles suites
Pourroient avoir pour lui ces indignes poursuites.
DERVINSS,
Ne craignez rien ; les fonds qui vont m'être remis. De ces Messieurs, bientôt apaiseront les cris. Quant à nos débiteurs , d'un titre d'importance Qui se trouve en nos mains s'ils avoient connoissance. Ils nous feroient encore essuyer un retard; Mais on se gardera de leur en faire part.
MADAME DE VALMORE
Bon! je reconnoîtrai....
DERVINSS.
Votre intérêt. Madame, Est le seul qui m'occupe , et qui touche mon âme.
Le mien m'importe peu Puis-je enfin me flatter
De conserver l'emploi? —
MADAME DE VALMORE
Vous y pouvez compter.