‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 116 sur 232 · ACTE I, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IX

Parbleu ! je ne crains rien.

Moi, j'ai bonne mémoire 5 et me souviens très-bien Qu'encore hier, du sort maudissant l'injustice, Ensemble, et sans façon, nous buvions à l'office.

( A part. )

Bon! ferme! devant lui, gardons-nous de plier.

DERVINSS.

Si je m'estime heureux aujourd'hui plus qu'hier, C'est qu'à mes bons amis, j'ai l'espoir d'être utile.

GASPARD

Qui! vous?

- DERVINSS.

Oui 5 désormais rien ne m'est plus facile , Et le prouver bientôt est mon unique vœu.

GASPARD , Il part.

Diable ! il pouiToit m'aider à placer mou neveu ! Votre crédit a donc ?. . . .

/ DERVINSS.

Une grande influence.

GASPARD, à part.

Je crois qu'au fond cet homme est meilleur qu'on ne pense.

DERVINSS.

Grâce à moi ! que de gens aujourd'hui bien connus, Aux plus brillans emplois se trouvent parvenus 5

i82 LES PROTECTEURS.

Qui naguères encor d'une voix importune , Mendioient les faveurs de l'aveugle fortune !

GASPARD

Comment ! pour réussir ?

DERVINSS.

Un mot de moi suffit.

GASPARD

C'est qu'un mot peut Leaucoup , dit par des gens d'esprit.

DERVINSS.

A propos! pour Firmin, vous chercliez une place, Je crois?

GASPARD

Oui; si par vous

DERVINSS.

J'y songerai , mon cher.

GASPARD

Je comptois m'adresser à monsieur Montalbert ; Mais je n'ai point encor l'honneur de le connoître. Et serois avec lui plus timide peut-être. De mon neveu, pourtant, je sais qu'il fait grand cas; Mais, aujourd'hui, lui-même aura tant d'embarras. Qu'à mou pauvre Firmin il ne songera guère. Vous, Monsieur, qui, placé, n'avez plus rien à faire ; Puisque vous paroissez prendre intérêt à moi. Veuillez donc pour Firmin obtenir un emploi.

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