ACTE II, SCÈNE ÏX. 3o
témoin de la fête : l'iiiipératrice s'assied , et trouve devant elle un billet qui lui est adressé ; elle l'ouvre 5 Ida s'approclie, et, jouissant de l'honneur qui lui fut destiné, elle dôûtié la coupe à l'impératrice 5 mais quelle fut notre surprise , lorsque nous vîmes Sopliie pâlir, frissonner, et tomber sans connoissance. Cet événement fut bientôt attribué à la lecture du billet 5 d'une commune voix on demande à connoître ce mystèr^év...
LE COMTE
Et bien, que contenoit ce billet?
LA PRINCESSE
On y trouve ces mots : « Sophie, profitez d'un avis » salutaire ; Ida , éprise des plus tendres feux pour » Herman, n'a pu, sans fureur, apprendre qUe vous » comptiez disposer de la foi du chtevalier. En proie )) à l'amour et à la jalousie, elle a juré d'employer )) tous les moyens pour arrêter vos projets, et dans » le délire du désespoir elle empoisonna la coupe qui » vous est présentée. »
Ciel ! quelle horreur !
LA. PRINCESSE
Sophie, privée de ses sens, est reconduite chez elle 5 le peuple jette des regards furieux sur Ida ^ je
3o4 IDA.
cherclie à le calmer, et ne pouvant croire à tant d'ingratitude, je demande que des personnes de l'ai't vérifient si le billet ne contenoit point un avis trompeur 5 mais le fait trop véritable , paroissoit encore certifié par le silence et la lionte de l'accusée j le peuple est furieux, et demande à grands cris la punition de la coupable.
LE COMTE
Il sera bientôt satisfait. Mais n'est-il pas à craindre que Sopbie accablée d'un tel coup...
LA PRINCESSE
Je l'ai confiée aux femmes qui lui sont le plus attachées j j'espère que , grâce à leur soin, elle aura bientôt repris ses esprits , et de peur qu'on ne troublât un repos qui lui devient si nécessaire, j'ai fait défendre l'entrée de son appartement.