ACTE II, SCENE VII
ZÉANGIR
Il m'est enfin permis d'accorder en ce jour
L'intérêt de ma gloire et celui de l'amour!
C'est trop tarder! volons où l'honneur nous appelle 5
Terminant les excès d'une guerre cruelle ,
Barbare! viens enfin laisser par ton trépas,
Ton sceptre en mon pouvoir, ta maîtresse en mes hras.
IDALCAN.
Si le sort me faisoit subir un tel outrage,
Je mourrois de tes coups bien moins que de ma rage...
Cette seule pensée , irritant ma fureur ,
Vient jeter dans mes sens et le trouble et l'horreur.
A mon rival c'est peu de laisser un empire;
Quoi! celle qui l'adore?... ali! plutôt qu'elle expire!
Mais que dis-je? du prix qui m'étoit réservé,
Par de vaines tei'reurs, je me verrois privé j
Et sortant du combat, vainqueur, couvert de gloire.
Je ne jouirois point de ma double victoire?...
Mirza doit vivre 5 et loin de la perdre à jamais,
Je vais en triomphant... mais si je succombais!
Le traître... je m'égare! et mon inquiétude
Ne voit de tout côté qu'effroi, qu'incertitude.
0 mortel embarras ! . . . Vengeance ! inspire-moi ! . . .
Tu daignes m' exaucer 5 et déjà je coJicol...
Oui, suivons ce projet; c'est en vain qu'il se vaulc
4o MIRZA.
D'obtenir à la fois mon trône et son amante : Si le sort me réserve à périr sous son bras. De tant de biens du moins il ne jouira pas.
(A Vascar , lui donnant son aigrette. )
A Mirza , de mes feux porte à l'instant ce gage ; Au destin de son maître à jamais il l'engage.
(A Zéangir.)
Maintenant, si tu veux, viens disputer tes jours; Mais songe cependant au danger que tu cours : Vaincu, ta mort me livre une épouse que j'aime 5 Vainqueur, dans le bûcher tu la plonges toi-même.