‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 41 sur 232 · LE PEUPLE · texte numérisé non relu

LE PEUPLE

Non, non, vive Mirza !

ZÉANGIR

Je respire !

MIRZA

0 bonheur !

ZÉANGIR, à Mirza.

Tu m'es enfin rendue ! . . . Ah ! reste sur mon cœur ! Partage les transports de l'époux le plus tendre. Quoi ! des pleurs. . .

MIRZA

Il en est qui sont doux à répandre !

ZÉANGIR , aux prêtres.

Détruisez les apprêts d'un supplice cruel j Du temple de l'hymen allez parer l'autel 5 Je vais y présenter une amante adorée.

Près de nous , Orosmin , vis en cette contrée 5 Jouis de mon bonheur, et surtout aide-moi A déti'uire en ces lieux une effroyable loi. Par nos sages conseils que le peuple s'éclaire.

62 MIRZA

Et qu'après tous les maux qu'a fait naître la guerre, Tranquille en ses foyers , il goûte désormais Dans le sein des vertus, les doux fruits de la paix.

FIN

COMÉDIE

Après le foible tribut que j'offris à Melpomène, je pris congé d'elle, et, volage comme on l'est aux premiers jours de sa jeunesse, je tournai mes regards vers Thalie, et lui présentai ce foible hommage.

Débuter par une comédie de caractère étoit sans doute montrer un peu de présomption; heureusement que ma cause , soumise au tribunal du Parterre , y fut jugée favorablement; et, comme il est reconnu qu'il n'est point d'entreprise imprudente dont on ne soit absous par le succès, en devoir un à l'indulgence du public, c'étoit avoir obtenu mes lettres de grâce. *

Je n'ai jamais douté que je fusse bien moins redevable de cette indulgence au peu de mérite de mon ouvrage, qu'à l'intention que j'avois montrée de

* Cet ouvrage est le seul de ceux contenus dans ce volume, fjui ait été soumis au jugement du public.

suivre une autre route que celle que nos jeunes écrivains paroissoient depuis quelque temps avoir adoptée en marchant sur les traces de Dorât et de Marivaux. On me sut peut-être quelque gré d'avoir préféré à cette nouvelle école celle de nos anciens auteurs.

En effet, je pensois dès lors , comme je fais aujourd'hui, que le genre de la vieille comédie, tout usé, tout trivial même qu'il paroît à de certaines personnes, n'en est pas moins celui qui promet les succès les plus durables à ceux qui pourroient en vaincre les difficultés et saisir les avantages. De plus habiles sauront sans doute accomplir un pareil travail; moi je ne réclame que l'honneur de l'avoir entrepris.

COMÉDIE

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