ACTE I, SCENE III
* Qu'on ira le chercher pour ce poste brillant? On ne va pas si loin déterrer le talent.
MADAME FONDOR.
Quand il obtiendroit la place qu'il demande, Grâce à vous , il faudra qu'à l'instant il la rende , Puisqu'il ne peut, Monsieur, compter sur votre appui Pour avancer les fonds qu'on exige de lui.
FONDOR. '
Prêter vingt mille francs ; la somme est un peu forte ! D'ailleurs, je ne l'ai point.
MADAME FONDOR.
En agir de la sorte
' '' Envers un vieil ami !
FONDOR.
Modérez un tel soin :
De long-temps de ces fonds, Dupont n'aura besoin.
MADAME FONDOR.
Un homme fort puissant, m'a-t-on dit, le protège.
FONDOR.
Bel espoir sans effet! Et puis, vous le dirai-je? Qu'il réussisse ou non, vous espérez en vain Qu'à son fils Ernestine unira son destin.
MADAME FONDOR.
Quelle raison?.....
FONDOR.
Je vais vous paroître Laroque 5 Mais enfin, tout en lui, jusqu'à son nom, me choque. Monsieur Dupont! Vraiment l'on a bonne façon A s'offrir dans un ceixle avec un pareil nom! Pour l'ennoblir, il n'a pas même l'espérance De lui joindre celui du lieu de sa naissance; Car, vous en conviendrez, ce seroit encor pis. Si l'on disoit, monsieur Dupont de Saint-Denis.
MADAME FONDOR.
Tout commun qu'est ce nom, l'est-il plus que le vôtre. Que vous fûtes forcé de changer contre un autre? Le père de Dupont peut bien, tout comme vous, Trouver aisément...
FOXDOR.
Oui; mais peut-il, entre nous, Avec un autre nom, prendre d'autres manières? Celles du monde enfin, aux bourgeois étrangères?
MADAME FONDOR.
La conduite qu'il tient est bizarre en efiet. Dans son état, il vit content de ce qu'il est; Sans rien donner au faste, il met sa jouissance A répandre chez lui le bonheur et l'aisance. Et croit que par ses airs se faire remarquer. De soi, le plus souvent, c'est se faire moquer.