ACTE III, SCÈNE V. i4i
FONDOR.
A quoi bon?
Peut-ou de leur talent jouir dans un salon? Avez-vous oublié?
MADAME FONDOR.
Non, j'ai bonne mémoire 5 Dans Paris, dites-vous, théâtre de leur gloire. Ils se font admirer; or dans Paris, je crois. Que fort peu de concerts se donnent dans les bois.
FONDOR, à part.
0 maudite cervelle! à quel coup tu m'exposes!
MADAME FONDOR.
J'ai donc dû présumer que de tels virtuoses, Variant leur talent, savoient, suivant les lieux. Étendre ou modérer leurs sons harmonieux. D'après cela, tandis que dans la galerie Nos bons provinciaux finissent leur partie , J'ai fait tout préparer; et viens vous prévenir Qu'ici, pour le concert, on va se réunir.
(Aux domestiques. )
Qu'on se dépêche; allons.
FONDOR, à part.
J'enrage au fond de l'âme.
ROSALBAN.
Que vous êtes heureux de voir ainsi Madame
i42 L'AVARE FASTUEUX.
Seconder/Vos penchans, et, d'après vos désirs, Rassembler en ces lieux les arts et les plaisirs !
FONDOR , avec une gaîlé contrainte.
Oui, vraiment! je conviens qu'en cette circonstance.
MADAME FONDOR.
Pour finir la soirée, il faudra que l'on danse.
FONDOR, avecliumeur.
Danser?
ROSALJJAN.
C'est fort bien vu.
MADAME FONDOR, i son mari.
Ce n'est point votre avis?
FONDOR.
Vous ai-je dit cela?
ROSALBAN.
J'en serois fort surpris.
Une fête toujours par un bal se termine.
FONDOR.
Sans doute on dansera.
MADAME FONDOR.
■ Suffit. Qu'on illumine....
Des lumières partout.
FONDOR.
Songez donc, s'il vous plaît...