ACTE m, SCÈNE VII
PREMIÈRE VOISINE
Je suis peu connoisseuse.
DEUXIÈME VOISIiNE.
Pour lui c'est différent j il est fou de tableaux.
LE VOISIN j revenant au milieu du cercle.
Ce salon ne contient que des originaux.
DEUXIÈME VOISINE
Vraiment?
LE VOISIN
J'en suis certain.
FONDOR.
Monsieur doit s'y connoître.
MADAME FONDOR.
Sans peine on le devine au tact qu'il fait paroître.
PREMIÈRE VOISINE
C'est dans l'art du dessin le plus fort amateur De ce département.
LE VOISIN
Vous VOUS moquez , d'honneur !
Votre suffrage, au reste, est tout ce qu'on souhaite.
MADAME FONDOR.
Eh! quel genre a choisi, Monsieur?
PREMIÈRE VOISINE
La Silhouette.
i46 L'AVARE FASTUEUX.
MADAME FONDOR.
Boa!
LE VOISIN
Oh ! petit talent de société.
DEUXIÈME VOISINE
Mais Qui n'est pas moins charmant!
LE VOISIN
Quels cliefs-d'œuvre parfaits !
Vous devez en avoir pour des fiommes immenses.
FONDOR.
Ma fortune suffit sans peine à ces dépenses. Vous voyez ce carré de six pieds en tous sens?
LE VOISIN
Oui, Monsieur.
FONDOR.
J'en ai là pour trente mille francs.
Ce trumeau vaut le double. En bas, cette Cybèle Est l'unique tableau qui soit resté d'Apelle j A Rome, l'an dernier, je le fis acheter. Sur quatre souverains il fallut l'emporter. Ils me l'ont fait payer un peu clier ; mais n'importe j J'aurois donné de même une somme plus forte Pour le plaisir de voir s'accomplir mon projet j Car, enfin, vous saurez que de ce cabinet.