LES MILLE ET
(lerne qui, le premier, a inséré le nom de Ciilife, au moins aurait dû eiracci- les deux premiers mois (lu livre: "iej chroniques des SasiOmË niens,H avec lesquels toutes les mentions de l'isâl lamisme forment un anaclironisme palpable.
Vous citez dans le conte du pêcheur les hommes de quati-e religions difTérentes , cliangés en poissons d'autant de couleurs. Celte substitution n'est pas trop maladroite , mais j'y ai reconnu dV bord les quatre castes de l'Inde. Comme le mai sanscrit pour caste, varnOj signifie en même tempi couleur, dans ma supposition la métamorphosd était préparée par un jeu de mots.
Le médecin Douban empoisonne le roi moyennant un manuscrit. Dans l'Inde, en eflet, pour prévenir les ravages des fourmis blanches, on enduit souvent les manuscrits d'orpiment jaune est un poison violent. Il y a plusieurs manuscrid de cette espèce à la hibliollièque du Roi. Cela se pralique-t-il également en pays de langue arabe?
Les Mille et une nuits se composent de matériaux fort hétérogènes; l'interpolation est manî feste. Le cadre, étant trop large, s'y prêtait, ne s'agit que de tenir toujours en suspens la cl riosité du Sultan. Pour peu que le premier ventcur ait été habile dans son métier, il se sei imposé la condition de lier tous les contes les uns aux autres. Dès ent été rompu.
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:haque point où une nouvelle^ série commence, la porte fut ouverte à toutes 1 interpolations, qui n'ont pas manque d'à
Galland a suivi le mauvais exemple de ses prédécesseurs asiatiques en intercalant Sindbâd Ae marin. Ce livre n'a rien à démêler ni avec l'Inae ni avec les Mille et une nuits. Les fictions , si tant est qu'elles méritent ce nom^ y sont puisées principalement à des sources grecques, ainsi que celles de plusieurs voyages merveilleux, répandus fort anciennement dans l'occident, tels que la Légende de St. Brandanus, le duc Ernest de Souahe, etc. M. Gauttier a inséré le Dolopatos, ouvrage ancien et incontestablement d'origine indienne: mais c'est un Dolopatos horriblement falsifié. M. de Hammer a déterré en Egypte des anecdotes la plupai*t plates et de mauvais goût. Il est difficile de prévoir où cela finira, mais on peut être assuré d'avance que l'édition la plus volumineuse des Mille et une nuits, sera aussi la plus mauvaise.
Vous voyez donc, Monsieur, que je suis entièrement de votre avis sur la valeur des nouvelles additions.
Le génie de l'invention est bien rare; le talent de développer, de varier, d'orner même, est beaucoup plus commun. L'histoire littéraire des contes amusants en fait foi. Ce n'est qu'une longue suite de plagiats. Souvent on a découvert l'origine d'une fiction non seulement fort loin du pays où elle s'était présentée d'abord à nous, mais aussi à l'intervalle d'un grand nombre de siècles. Entre deux pays la question de l'originalité ou de l'imitation peut être douteuse; mais la chronologie, bien constatée, est décisive.
544 LBs MILLE rr une huits recueil de cojvtes ind.
X mon avis^ le récit que le Vizir fait à Scheherezade, pour la détourner de son projet^ le premier après celui de TeDcadrement^ est un des plus jolis contes de tout le recueil. Eh bien! tous les traits saillants de cette fiction: — la faculté d'entendre le langage des animaux, la condition c[ui y est attachée, l'éclat de rire, le caprice de la femme; «— sont déjà dans le Râmâyana. Voyez l'édition de Serampore VoL II, p. 352 — 354; le même récit se trouve sans variante dans la mienne, Lîb. II, cap. XXXV. 17 — 24.
Je crains de vous avoir importuné. Monsieur: je m'aperçois que j'ai commencé d'écrire une dissertation au lieu d'une lettre. Pespèrè que mon motif m'excusera à vos yeux. Je voudrais vous persuader que, si je persiste dans mon opinion, après avoir eu connaissance de la vôti*e, ce n'est pas pai^ une prévention aveugle.
Veuillez agréer, Monsîeui', l'hommage de mon respect et de la considération très-distinguée avec laquelle j'ai l'honneur d'être etc. etc.
Bonn, 20. Janvier 1833.
De rimprimcrie de Charles Georgi à Bodd.