‹ Essais littérairesChapitre 14 sur 42 · NÉÈRE · texte numérisé non relu

NÉÈRE

Merci de ton amour, mon père.

LICUS.

Oui, ce qui fait la vie éclatante et prospère, Prodigues envers moi, les dieux me l'ont donné,

' Se rappeler l'adinirablo éliule d'André Cliéiiier intitnli'C : le McndlayH. C'est à M. de Lalonclie, ce potelé si clevr, ce lailkiir si aimable, qu'on doit, on lésait, d'admirer anjoni d'iuii André Cliénier.

De leurs saintes faveurs les dieux m'ont couronné. Je suis heureux; ici, loin des bruils de la ville Que tient sous son bâton quelque tyran servile, Cù s'agitent toujours les complots ténébreux, J'ai des prés et des bois , des esclaves nombreux ; — Le blé mûr et doré dans mes greniers abonde ; J'ai d( s chevaux ardents qui, sur leur croupe ronde, Sur leur large poitrail, sur leur flanc tacheté, Font bondir en courant le harnais argenté! Le doux vin de Samos vieillit dans mes amphores, Et circule au festin dans les coupes sonores; Puis, j'ai, — ce qui vaut mieux que mille coupes d'or, Des amis au cœur sûr, pieux et cher trésor ! — Oh ! posséder ces biens où notre orgueil aspire ! Être envié de tous quand on passe, et se dire : Je suis riche et puissant, tout ce que je voudrai, Sur l'heure, dans l'instant, d'un signe, je l'aurai ! Tenir ce qu'un pêcheur, pauvre et nu sur la grève, En dormant, aperçoit vaguement dans son rôvel Pouvoir sans se baisser, en étendant la main, Prendre tout ce qui brille au bord de son chemin ! Que désirer de plus pour remplir une vie? Quel but chercher de l'œil? Où mettre so.i envie? Mais, crois-moi, ce n'est pas pour leurs dons précieux, Pour tant de biens versés sur mon seuil, qu'à nosdieux, Qui gardent le berceau, le foyer et la tombe. J'immole deux fois l'an une riche hécatombe ; Non, c'est qu'auprès de moi, Néère, leur pitié Comme un prudent appui plaça ton amitié.

NÉÈRi:.

ToQ cœur est bon, mon père, et la parole est douce;

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