‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 126 sur 252 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

Uie partie de la bruyère , où l'on voit une hutte.

Kent it le fou conduisent le roi Lear vers le seul abri qui la forêt leur présente, Lear dit à Kent :

(7) My wits begin to tum. —

Coie on, my boy : how dost, my boy? Art cold? I a> cold myself — wbere is ibis straw , my fellow ? TB art of our necessities is strange.

Tilt can make vile tbings precious. Corne , your bovel. Por fool and knave, I bave one pari in my beart "Jial's sorry yel for tliec.

(( (8) Tu crois que c'est beaucoup que cette'tempête •mutinëe qui nous pdnètre jusqu'aux os : c'est beaucoup pour toi', mais , là où s'est fixëe une grande douleur^ une moindre se fait à peine sentir. Tu chercherais à éviter un ours-, mais , si ta fuite te conduisait vers la mer en furie , tureviendrais aflTronter l'ours en face. Quand l'ame est libre , le corps est délicat -, mais la tempête qui agite mon ame ne laisse à mes sens aucune autre impression que celles qui se combattent au-dedans de moi. — L'ingratitude de mes enfants!

Non , je ne veux pas pleurer. — Dan& une telle nuit ,

me mettre à la porté ! -^ Verse tes torrents, je les supporterai. — Dans une telle nuit! — O Regane , ô Gonerille!

(S) Thou think'st 'tis much, that ihis conteniiou slorm, Invades us to the skin: so 'tis to thee; But wbere the greater malady is fix*d, The lesser is scarce felt. Thou dst shun a bear : But if thy flight lay toward the raging sea , Thou dst meet the bear Tthe mouth. When the iiind's free, The body*s délicate : the tempest in my mind Doth from my sensés take ail feeling else, Save what beats there. — Filial ingratitude !

No , I wiU weep no more. — In such a night To shut me out î — Pour on; I will endure : — In such a night as this î O Regan, Goneril î — Your oldking father, whose frauk heart gave ail, O, that way madness lies, let me shun that; No more of that ,

Poor naked wretches , whereso'cr you are ,

That bide the pelting of this pitiless storm ,

SUR SHARSPEARE. I7I

Votre vieux et tendre père , dont le cœur sans mëiiance vous a tout donne ! — Oh ! c'est là le point qui touche à la folie : ëvitons-le ; n'en parlons plus ^ • .

Pauvres misérables , privés de tout , quelque part que vous soyez à endurer les coups de cet orage impitoyable, comment vos têtes sans abri , vos flancs vides de nourriture , votre misère sous ces haillons ouverts de toutes parts , se défendront-ils contre des temps aussi cruels ? Ah ! je n'ai pas pris assez de soin de vous. Orgueil somptueux , viens essayer de ce remède *, expose-toi à sentir ce que sentent les malheureux , afin d**apprendre à leur rejeter tout le superflu, pour épargner au ciel le reproche d'injustice. »

Le roi va pour entrer dans la hutte j Edgar en sort, et joue le rôle d'un hpmme en délire. Là commence un long tissu de folies qu'il est diflicile de caractériser , et qui eflfacent toute Timpression de pathétique , produite par les morceaux que nous venons de citer.

Le duc de Glocester vient chercher le roi poyr le conduire à son château j Lear ne veut point se séparer de son nouveau compagnon, et l'emmène avec Kent et son fou.

Hew sball your houseless be* is, and unfed sides , Your loop*d and window'd raggedness, défend y ou From seasons sucb as thèse ? O, I bave ta*en Too little care of tbis î Take pbysic , pomp ; Expose ibyself to feel jp^bat wretcbes feel ; Tbat tbou may'st sbake tbe superflux fo tbem^ And sbow tbe beavens more just

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