‹ Essais orientauxChapitre 18 sur 109 · ZEU8 ET JUPITER · texte numérisé non relu

ZEU8 ET JUPITER

Environ trois siècles avant notre ère, un poète grec s^adressait ainsi à Zeus :

« le plus glorieux des immortels, aux noms mul- « tiples , à jamais tout puissant , Zeus , toi qui conduis la « nature, gouvernant toutes choses suivant une loi, « salut!... A toi tout cet univers, roulant autour de la « terre , obéit , où que tu le conduises , et par toi se laisse « gouverner. . . Si grand de nature , roi suprême à travers tt toutes choses , nulle œuvre ne se fait sans toi, ni sur la (( terre , ni dans la région céleste de l'éther ni sur la mer, « que celles qu'en leur folie accomplissent les pervers *. »

C'est là le Zeus des philosophes, des Stoïciens, de Cléanthe : mais il est déjà tout entier dans celui des vieux poètes. Le Zeus d'Eschyle est déjà tout aussi puissant, omniscient et juste que celui de Cléanthe : c'est le roi des rois , le bienheui'eux des bienheureux , la puissance souveraine entre toutes -, seul libre entre les dieux ^ , qui des plus puissants est le maître , qui aux ordres de nul n'est asservi , au dessus de qui nul ne siège à qui d'en bas il doive respect * , et en qui l'effet suit la parole ; c'est le dieu aux pensées profondes , de qui le cœur a des voies sombres et voilées, impénétrables au regard, et jamais n'avorte le projet qui s'est formé dans son cerveau ; c'est enfin le père

^ . Hymne à Zeus de Cléanthe.

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