LE PETIT GAZETTIER
Ma personne Porte et donne À chaque seuil, Et sans orgueil, La sagesse De la Presse.
Sous ce fardeau Pesant mais beau Je succombe Et je ismbe Assez souvent, Quoique prudent, Car la neige Met un piège Sur le trottoir, Puis il fait noir.
Mais en route !...… Il m’en coûte Un petit mal Mais c’est égal, Je l’endure Sans murmure Dans mon désir De vous servir La bonne année Dans ma tournée.
Les derniers feux du soir empourpraient le nuage Et les oiseaux, perchés sur le rameau discret, Faisaient de léur babil retentir le feuillage
Où la brise bérçait leur doux nid de duvet.
Mélina jeune et belle ainsi que la verveine Tenait sur ses genoux une charmante enfant :
La brise parfumée agitait en passant
Les longs cheveux dorés de la petite Hélène.
Mélina n'avait plus son vertueux époux !
Elle voyait, hélas ! du seuil de sa chaumière
La croix qui protégeait sa mortelle poussière Dans l’enceinte sacrée où les morts dorment tous.
Et puis ce souvenir dé sa mélancolié Nourrissait l’'amertume et les ténäres lar'gueuts : Elle se consumaïit comme ne fieur jolie
Pour qui le frais matin n’aurait jamais de pleurs.
Sur ses genoux, devant le perron solitaire, 189 « Parl Elle berça sa fille et se mit à chanter, | « Parl Sa douce et triste voix n’était point de la terre: : « Et le Les mères d’alentour sortaient pour l’écouter : « Toul
« Comme on voit dans le ciel une brillante étoile: Elle se « Percer de ses doux feux le voile noir des nuits, Alors « Ainsi ton œil d'azur perce le sombre voile
« Qui couvre ma pauvre âme, hélas ! pleine d’ennuis! Demai « Repose encor sur moi tes doux yeux je t'en prie,
« Objet tendre et sacré pour qui j'aime le jour !
« Et le cœur de ta mère, Ô ma fille chérie,
« Toujours te répondra par un soupir d'amour !
« Comme une belle fleur, au lever de l'aurore,
« Vient charmer nos regards par son frais coloris,
« Ainsi me charme en toi, jeune fleur que j'adore,
« Cette bouche de rose où joue un doux souris !
« Souris-moi ! souris-moi ! gentille et jeune mie, ; :
« Ton souris m'est plus doux que l'aspect d’un beau jour”
« Et le cœur de ta mère, à ma fille chérie, - HI sl « Toujours te répondra par un soupir d'amour {1:05 6
« Comme les bruissements des flots sur le ne ts zu « Ou dela fraiche brise à travers les roseaux,.:1 0 5112 «Ta voix.est ravissante ! et ton charmant ramage : 29h 14 « Est plus: beau que celui de nos petits oiseaux! tuQ
« Parle-moi ! parle-moi ! t'entendre c’est ma vie 4 11” « Parle-moi donc encore avant la fin du jour ! Gi! « Et le cœur de ta mère, Ô ma fille chérie, oh 5e « Toujours te répondra par un soupir d'amour !»
Elle se tut soudain et demeura pensive.
Alors l'enfant lui dit de cette voix naïve Qui sait charmer, Demain tu chanteras, maman : « Beauté suprême, « C’est ma voix même « Qui dit : «Je t'aime, « Veux-tu m’aimer ? »
Un vent léger souflait ; la feuille, en la vallée, Crépitait vivement au faite de l’ormeau ;
La lune dans le ciel avait pris sa volée ;
Sa coquette clarté se reflétait dans l’eau.
Anx nuages donnant maints contours fantastiques Elie en faisait des ponts, des rochers, des arceaux,
Et des temples de marbre, et de brillants portiques Qui se brisaient toujours et renaissaient plus beaux. :
L'oiseau chantait encor sur la branche de l’orme ; Et la grenouille, u bord de ses fangeux marais, Croassait son refr n rude, rauque, uniforme, Annonçant de la pluie aux arides guérèts.
A la molle lueur de la lune sereine
Mélina vint s'asseoir sur le gazon soyeux,
Et puis elle chanta la romance qu'Hélène
Lui demandait hier, en fermant ses beaux yeux.
« Si l'oiseau chante
« L’aube brillante
« Qui naît riante
« Pour l’enflammer ; « Beauté suprème,
« C'est ma voix même « Qui dit : «Je t'aime « Veux-tu m'aimer ? »
« Si l’onde pure
« Roule et murmure « Sous la verdure
« Pour l’animer :
« Beauté suprême,
« C’est ma voix même « qui dit : «Je t'aime « Veux-tu m’aimer ?»
« Si le zéphire,
« Le soir, soupire
« Comme une lyre
« Pour te charmer ; « Beauté suprème
« C'est ma voix mème « Qui dit : «Je t'aime « Veux-tu m'aimer ?»
A SELIMA
Dix-sept printemps ont noué leur couronne Atttour de ton front radieux...
Dix-sept printemps !....., la vierge s'environne Alors d’un c ler gracieux !
Dix-sept ne dont j'aperçois les traces
Dans ton œil noir comme la nuit !
Dix-sept printemps dont tu gardes les grâces Sur tes lèvres où l'amour luit!
L'amour !...... pardonne à ce mot redoutable Échappé de mon pauvre cœur.
il me trouble et m’accable ; Pourtant l'amour c’est le bonheur !
Qui peut nier de ce divin dictame Le prestige mystérieux ?
C'est une fleur qui parfume notre âme, C'est un bien qui nous vient des cieux.
A SELIMA.
C'est une lampe, une brillante étoile Qui chasse l’ombre du malheur ;
C’est un beau rêve, un ciel d’azur qui voile Le souvenir de la douleur.
Autour de nous tout palpite, tout aime, Oui, tout ce qui vit, Sélima ;
L'amour, vois-tu, c’est une loi suprême Que le roi du ciel proclama.
Près du ruisseau, la légère alouette Aime l’eau qui flatte son pied ;
Et le grillon aïme le feu qui jette n rayon d'or sous le trépied ;
Le papillon aime le gai rivage Où nous le voyons badiner ; L’active abeille aime la fleur sauvage Qu'elle s’empresse à butiner !
Le jeune oiseau, la gentille compagne Qui reste fidèle à son nid;
Et le chasseur, l'écho de la montagne, Lorsque le jour se rembrunit.
A SELIMA.
Moi, Sélima, dont chaque jour rédouble La mélancolie et l’effroi,
Ah ! j'aime aussi, car mon âme se trouble Quand ton œil noir s'attache à moi !
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