Essais poétiques
Ne vous est-il pas arrivé quelquefois . pendant une belle soirée de mai, au retour d'une de ces nombreuses fêtes de campagne , d'une gaîté si tumultueuse et si franche , de traverser une prairie embaumée ou un bois silencieux , et d'entendre tout-à-coup, entre le tumulte de la fôte qui s'achève et le bruit de la ville qui s'approche, une mélodie aérienne douce , variée, ravissante? Ne vous est-il pas arrivé alors de suspendre votre marche pour mieux écouter et pour ne perdre aucune note de cette gamme si variée , si étendue, que parcourt rapidement l'oiseau chanteur?
Là, point dorchestre, point de chœurs bruyants qui encadrent pour ainsi dire l'harmonieuse chanson ; point d'autre accompagnement dans le calme de la solitude que le murmure monotone du limpide ruisseau qui gazouille à vos pieds ; — et cependant cette chanson vous plait ; elle \ous touche et vous séduit par sa simplicité même. L'oiseau, qui ne sait pas qu'on l'écoute, et qui ne chante que pour le Dieu qui lui a donné son admirable gosier, poursuit , jusqu'à ce qu'il l'ait éjuisé, son chant favori, le chant de ses amours ; et vous vous éloignez le cœur satisfait, et Toreille encore bercée des doux sons qui la charmaient.
Telle mapparaît la couturière-poète dans l'isolement de son humble et modeste profession.
Sa voix s'élève calme , sereine , au-dessus . ou mieux, à côté du bruit de la vie ardente et positive; c'est à peine si le nom des héros de nos révolutions et de nos guerres civiles est parvenu jusqu'à ses oreilles^ du moins on ne le retrouve pas dans ses vers , à l'exception d'un seul , celui de Monseigneur Denys Affre, Tarchevéque martyr: son héros à elle, et nous dirons pourquoi , et saint Vincent dePaule, l'apôtre de la Charité. Reine Garde vit dans le monde de ses pensées; elle s'ignore, pour ainsi dire, elle-même , et chante comme si le monde l'ignorait , comme si personne ne l'écoutait. Elle fait des vers par instinct , naturellement et sans effort ,
comme Toiseau chante dans le bocage, comme le ruisseau gazouille dans la prairie , comme labeille bourdonne et compose son miel , c'est-à dire parce que Dieu l'a voulu ainsi ; et cette poésie naturelle , instinctive , nous l'écoutons avec délice et attendrissement, parce qu'elle est pleine de grâce, de naïveté et d'harmonie, et qu'elle repose nos âmes fatiguées de soucis , de travaux et de plaisirs.
Reine Garde ne doit rien à l'éducation.
Abandonnée par ses parents dès sa naissance , elle ne connut jamais son père et ne revit sa mère que pour la perdre bientôt après. Ayant huit ans à peine, c'est-à-dire, tout juste Fâge nécessaire pour sentir et pleurer sonmalheur. Elle pleura beaucoup, moins cependant qu'elle n"a pleuré depuis, car elle ne comprenait pas encore toute l'étendue de la perte quelle venait de faire , qu'allait-elle devenir, la pauvre enfant, sans parents, sans asile? son existence serait-elle livrée à tous les caprices du hasard? Non ! Car, ainsi que Reine Garde l'a dit. elle-même, avec un accent profondém.ent religieux ,
La Providence divine
Veilla sur la jeune orpheline ,
et la conduisit à Thôpital-général de Nîmes.
Elle a raconté elle-même dans Marie-Rose , histoire de deux jeunes Orphelines , ouvrage couronné par TAcadémie française , sa vie dans cette pieuse
maison , desservie par les dames religieuses de Nevers. C'est à ces sœurs charitables, au père de Barruel , le pieux aumônier de cet hôpital qu'elle dût , de connaître de bonne heure ce calme religieux qui donne à sa tristesse un charme recueilli , qui fait l'élévation de son talent. Son malheur ainsi adouci ne connut jamais l'amertume du désespoir et elle se tourna à la reconnaissance , qui est presque de l'amour. Au sortir de l'hôpital j elle fut placée par les soins même des sœurs, dont elle avait mérité l'amitié par sa douceur et ses vertus modestes, dans une maison où elle ne put longtemps rester; de là elle entra au service de M. P...., on ne pouvait la connaître sans l'aimer, aussi, elle devint vite chère à ses maîtres ; son cœur tendre gagna encore à la tendresse qu'elle inspirait. Mais son âme était sans cesse tournée vers Dieu et elle résolut de se consacrer toute au service de celui à qui elle devait les seules joies qu'elle eut encore goûtées ici bas. Malheureusement sa santé ne lui ayant pas permis de rester
au couvent de L situé auprès d'Aix , la pauvre
fille crut devoir se fixer dans cette ville. C'est alors qu'elle loua* dans une rue écartée, une petite chambre avec une boutique au-dessous et se fit , à la fois , mercière et couturière. Elle vécut, là, petitement, gagnant vaillamment son pain avec son aiguille et
* Préface de Geneviève, par M. de Lamartine. Voir le Conseiller du Peuple.
vendant quelques menus objets de mercerie aux gens de son quartier, Reine Garde fut beaucoup attristée de son isolement et surtout du \ide profond de cette existence où , avec un cœur aimant, elle n'avait personne à aimer et dont elle put être aimée. Avec quelle douleur elle songe aux malheurs qui frappèrent son enfance! C'est là, pour ainsi dire, l'unique pensée de toute sa vie , la cause de toutes ses larmes ; cette âme si pieusement concentrée dans sa douleur et sa résignation , s'ouvre néanmoins avec effusion , à la confiance , à l'amitié et à la reconnaissance , vingt pièces témoignent de cette grande facilité de son cœur.
Voici entre autres, les remercîments qu'elle adresse à M. G de S...., qui avait daigné consoler
l'orpheline et encourager le Poëte :
C'est l'espoir de calmer et ma peine incessante
Et le destin trop rigoureux.
Qui vous fît dire un jour à ma Muse naissante :
Espère un avenir heureux.
Merci donc, oh ! merci , j'accepte le présage ,
Il n'en est pas de plus certain.
Voguez , voguez , mes vers, ne craignez point l'orage ;
Il m'a dit : le ciel est serein.
Encouragée par l'approbation et la bienveillance de quelques hommes importants et éclairés , Reine Garde fut moins attentive à cacher ses vers. L'hum-
ble ouvrière vit sans orgueil les hauts personnages de la ville entrer dans sa modeste boutique , causer familièrement avec elle et lui offrir les livres de leur bibliothèque. Ces touchants entretiens, ces lectures, toutes décousues quelles étaient, fortifièrent et étendirent son esprit sans porter la moindre atteinte à la délicatesse et à la sensibilité de son cœur. Reine Garde prit un peu plus de confiance en elle-m<^me. — Ses vers circulèrent de bouche en bouche, de main en main , et sa réputation se répandit sans franchir pourtant Tétroite enceinte de l'ancienne capitale de la Provence. Il lui fallait un autre consécration qui donnât à son nom un plus grand retentissement. L'occasion s'en présenta en 18i6. M. de Lamartine se rendant à Smyrne, s'arrêta à Marseille. On l'apprit à Reine, qui, ne pouvant résister au désir de voir l'auteur des Méditations qui ne cessaient d'exciter son admiration , partit , en secret , arriva à Marseille lorsqu'on la croyait à Aix , et se dirigea immédiatement à la maison où était descendu le grand poète, non loin de la plage du Prado. Voici comment M. de Lamartine raconte cette entrevue dans la préface de Ge/îeuiéte, qu'il a dédiée à son humble visiteuse : *
« Un dimanche, au retour d'une longue course en « mer avec M"' de Lamarline, on nous dit qu'une
* Voir le Constitutionnel des 11 et 12 juin 1850 , et le Conseiller du Peuple, août 1850.
ft femme d'un extérieur modeste et embarrassé était « arrivée par la dilligence d'Aix à Marseille, et « qu'elle nous attenndait dans une petite serre d'o- « rangers qui faisait suite au salon de la yilla sur le « jardin. Je laissai M"' de Lamartine, et j'entrai dans « l'orangerie pour recevoir cette pauvre étrangère.
« Je vis , en entrant sous l'orangerie , une femme « jeune encore , d'environ trente-six ou quarante « ans. Elle était vêtue en journalière de peu d'aisance « ou de peu de luxe; etc., etc.
« L'émotion se lisait sur son visage qui se
« couvrit d'une subite rougeur. C'était une expres- « sion de timidité mêlée de confiance dans l'indul- « gence d'autrui, émanant de l'abandon de sa propre « nature ; en tout l'image de la bonté qu'elle porte « dans son attitude comme dans son cœur, et qu'elle « espère trouver dans les autres »
Reine Garde, en présence du poète, demeura confuse, interdite : elle le contemplait avec une admiration mêlée de respect, et n'osait lui parler. Rassurée par un regard de bienveillance, par cet air de bonté et d'urbanité exquise propre à tous les talents supérieurs , et que M. de Lamartine possède à un si haut degré , Reine Garde confessant la vérité, avoua ingénuement à M. de Lamartine qu'elle était venue d'Aix à Marseille tout exprès pour le voir ; qu'elle faisait des vers , et qu'elle avait même apporté quelques pièces avec elle. M. de Lamartine
la pria de les lire ; mais n'osant le faire ; elle préféra
les remettre au poète. Laissons-le parler lui-m<^me:
a Elle tira de sa poche trois ou quatre petites piè-
« ces de vers alignés sur du gros papier, et froissées
« par son étui, son dé et ses ciseaux dans le voyage.
« Je les lus tout bas; je fus étonné , touché de ce
et que je lisais: — c'était naïf , c'était gracieux , c'é-
« tait senti; c'était la palpitation tranquille du cœur
« devenue harmonie dans l'oreille; cela ressem-
(( blait à son visage modeste , pieux, tendre et doux;
et vraie poésie de femme , dont l'âme cherche à tâ-
« tons, sur les cordes les plus suaves d'un instru-
« mentqu'elle ignore, l'expression de ses sentiments.
(c Cela n'était ni déchirant , ni métallique , comme
a les vers de Roboul , ni épique et étincelant , tour
« à tour , de paillettes et de larmes, comme Jasmin ;
a ni mignardé comme les strophes de quelques jeunes
« filles, prodiges gâtés en germe par l'imitation,
a ce Méphistophélès du génie naissant et avorté.
a C'était elle; c'était l'air monotone et plaintif qu'une
« pauvre ouvrière se chante à demi-voix à elle-
« même . en travaillant des doigts , auprès de sa
(c fenêtre , pour s'encourager à l'aiguille et au fil.
a II y avait des notes qui pinçaient le cœur, et d'au-
« ires qui ne disaient que des airs vagues et inar-
a ticulés. L'haleine s'arrêtait à la moitié de l'as-
« piration , mais l'aspiration était forte , juste ,
« pénétrante. On était plus ému encore qu'étonné.
« C'était la poésie à Tétat du premier instinct, la « poésie populaire , telle qu'elle est partout où elle « commence dans le peuple , même quand on ne lui « prête pas encore la voix de l'art, etc., etc.
Un tel jugement , porté par un homme aussi compétent que M. de Lamartine , et publié après quatre années d'intervalle, dans le Constitutionnel d'abord, puis dans le Conseiller du Peuple, l'insertion de la gracieuse pièce du Chardonneret, comme preuve à l'appui, éveillèrent l'attention des lettrés de Paris sur Reine Garde , et lui valurent l'honneur d'être reçue et fêtée par des hommes illustres toujours prêts à accueillir et à honorer le talent. Béranger se plut à entendre ses chants suaves et doux, et M. Mignet mit à son service un zèle dont l'empressement ne s'est jamais démenti.
Reine Garde excelle à peindre les sentiments délicats, les scènes touchantes et gracieuses; elle s'élève sans effort jusqu'aux régions les plus hautes de la pensée , et rencontre alors une magnificence de langageinespérée.Toutesles nobles affections, tousles sentiments généreux et délicats éclatent dans les vers de Reine Garde , comme ils régnent dans son cœur. Elle aime à applaudir aux succès, à sourire aubonheur; mais son sourire est toujours voisin des larmes. Une douloureuse et indestructible pensée vit cachée dans les repHsdeson âme, corrompt ses joies les plus légitimes , et comprime ses émotions les plus douces ;
c'est le malheur de sa naissance. Quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle dise, tout la ramène par contraste et par analogie à une idée qu'elle voudrait en vain éloigner, et cet inévitable retour à une situation toute personnelle à je ne sais quoi de triste et de saisissant. S'agit-il, dans la description des mystères du bocage, de peindre la joie et les transports d'un oiseau dont la sollicitude maternelle a été mise en défaut, et qui retrouve ses petits après les avoir perdus , le poëte ému s'écrie :
Entre les amours d'ici-bas,
Qu'il est doux l'amour d'une mère!
Il est le seul qui ne ment pas.
S'agit-il encore de représenter l'enfant, ange de beauté et dinnocence, couché dans son berceau, et dormant sous l'œil de sa mère, qui épie son réveil, pour le suspendre à sa mamelle , ou le bercer sur ses genoux en le couvrant de baisers , le cri de douleur s'échappe :
Mais je ne goûtais pas ces premières caresses, Moi , pauvre enfant de charité !
Dans la pièce consacrée à la mémoire d'Hégésippe Moreau, enfant abandonné comme elle, et qui vint, à la fleur de Tâge, mourir près de son berceau, la plainte de Reine Garde monte encore:
En nous donnant la vie,
Un père nous couvrit de honte et d'infamie...
De cet affreux maliieur l'accablante pensée Pèse de tout son poids sur notre destinée";
Mais la piété arrête bientôt la plainte sur ses lèvres; et ; au nom de celui qui mourut sur le Golgotha pour les hommes , et pardonna en mourant à ses bourreaux, l'amertume fait place àlarésignation.La pièce adressée à sa mère, et inspirée par cette touchante pensée , est un des plus beaux morceaux du recueil. Cette mère infortunée mourut à vingt-six ans . dans les exercices d'une héroïque pénitence :
0 ma mère î tu meurs encor dans ton printemps ! Tu meurs sainte , et jamais , pour une seule offense. Le ciel n'eut tant de pleurs; jamais la pénitence D'un cœur brisé n'a dû tirer tant de soupirs... Grand fut ton sacrifice : il t'égale aux martyrs...
A la fin de la pièce, elle nous montre Dieu tendant les bras à sa mère mourante , et l'invitant à monter au ciel:
Monte , et viens partager mon bonheur éternel : Ton front , du repentir va ceindre la couronne : Le monde te condamne , et moi je te pardonne.
Entre tous les hommes illustres et parmi les bienfaiteurs de l'humanité, s'il en est un qui dût exciter
les sympathies de Reine Garde , c'était sans contredit le saint apôtre dont l'ardente charité sauva l'enfance de ces pauvres orphelins abandonnés , par des parents coupables , à la pitié ou plutôt à l'indiflerence publique. Aussi saint Vincent de Paule , malgré les belles strophes qu'elle a faites à la gloire de M. de Chateaubriand, l'immortel auteur du Génie du Christianisme, et de Mgr Denys Affre , l'héroïque martyr de Juin, est-il l'homme de son cœur, et pour ainsi dire le héros de son livre. Dans la longue pièce qu'elle consacre à sa mémoire , elle commence sur le ton dithyrambique :
Qu'en ce jour, tout ce qui respire , Par ton ordre , Dieu tout-puissant , A l'humble muse qui m'inspire , S'unisse pour chanter Vincent.
Terre qui l'as porté , tressaille d'allégresse ;
Cieux qui le possédez, partagez mon ivresse î
et la pièce tout entière se soutient presque à cette hauteur. Elle embrasse toute la vie du saint et se divise en quatre parties.
Nous ne nous occuperons que de la troisième partie , où Reine Garde nous représente saint Vincent de Paule bravant le froid des nuits , recueillant dans ses bras paternels et réchauffant dans son sein ces pauvres enfants déposés à l'angle d'une rue , quelquefois au porche des églises, et condamnés sans lui
à une mort presque certaine. Reine Garde rencontre, pour peindre cet émouvant tableau , des traits d'une vérité saisissante :
De leurs pas égarés /cherchant partout la trace , Combien en trouva-t-il expirant sur la glace , Et que son souiïle lanima I
Pauvre créature innocente !
Touché de ton sort malheureux, De Vincent la voix caressante Apaisait tes cris douloureux !
Et ce trait qu'on croirait emprunté à l'antiquité grecque , tant il est simple , gracieux et naturel !
Il (l'enfant) s'éveille sans pleurs et se met à sourire A son libérateur! Tout en lui semble dire : Hélas 1 sans toi j'allais mourir !
Reine Garde , poursuivant l'histoire du saint . nous le montre ici se chargeant des fers d'un galérien, ou fondant des maisons de charité ; là , conseillant les rois, ou protégeant les peuples; et quittant enfin sans regret; quand tout le monde le pleure, une vie où chacun de ses pas a été marqué par des bienfaits :
Il bénit de la mort l'instant si redouté ; Et , quittant sans regret sa dépouille mortelle , Son àme suit lécho de la voix qui l'appelle Au sein de la Divinité.
Il nous paraît superflu d'insistor sur le caractère religieux des poésies de Ueine (iarde. Les citations que nous avons faites suiTisent à le démontrer. Rien ne nous serait plus facile que de les multiplier, si nous ne résistions au plaisir bien naturel de citer de beaux vers. Le recueil contient trois pièces consacrées à Marie seulement. La Mère des Douleurs, la Consolatrice des Affligés, ne pouvait être oubliée par la fille qui a tant souffert ! Mais il faut savoir se borner, et nous nous apercevons que cette Notice dépasse de beaucoup les limites que nous nous étions imposées.
Un mot encore cependant , avant de finir.
En publiant ce recueil de poésies intimes , Reine Garde , qui n'a point été troublée ni éblouie par le bruit fait autour de son nom , n'a point cédé à un vain désir de gloire , et ce n'est pas seulement l'admiration que le lecteur doit y chercher; c'est mieux que cela ; c'est un bon exemple de résignation chrétienne; nulle vie n'a été plus malheureuse et cependant elle n'a jamais fait entendre une plainte et son cœur souffrant est resté ouvert aux meilleurs sentiments, à l'ami tié, à la reconnaissance, puisant en sa confianceenla bonté de Dieu une inaltérable confiance en la bonté de tous. Voilà pourquoi son livre doit être mis entre les mains de ceux qui souffrent ; il calmera leur douleur et arrêtera leurs plaintes. Les maisons chrétiennes d'éducation le donneront avec profit à lire à leurs élèves; c'est un livre honnôte, simple, à la
portée des humbles et des enfants , dont il élèvera le cœur vers le Dieu qui a dit : laissez venir à moi les petits Enfants.
En même temps que cette publication du recueil de poésies , paraît une nouvelle édition de Marie- Rose , histoire de deux jeunes Orphelines. Cet ouvrage a été couronné par l'Académie Française en sa séance publique annuelle de 1 856, comme l'ouvrage le plus utile aux mœurs. Dans cette nouvelle édition entièrement revue et corrigée par l'auteur, on a pris soin de ne laisser subsister que ce qui pouvait être lu par tous et on a eu constamment en vue les enfants à qui il est tout spécialement destiné.
Nîmes, 1858.