‹ Essais poétiquesChapitre 31 sur 35 · A M. DE LAMARTINE · texte numérisé non relu

A M. DE LAMARTINE

Lamartine ! ce nom me réjouit, m'inspire; C'est lui seul en ce jour qui fait ^ibre^ ma lyre.

Par lui l'espoir me fut rendu.

Ne sois plus si triste , 6 mon àmel

Ce génie , à la voix de flamme,

A tes soupirs a répondu î

Kosle aNec nous po^to au sul)liine lan^iage , Reste , et que le Prado , celte trarKjuille plage (*)

De tes chants retentisse enror!

Ne vas pas , loin des yeux du monde ,

Dans une retraite profonde ,

Cacher ton astre aux rayons d'or!

(•) La plage (lu Prado nVst fré(iucnléc par la population <Ic Marseille que le dinianchc.

Ton astr<' Ijcl ai mi, moi, simple roiilurii?rc ; Je n'osais contempler 1 éclat de sa lumière.

Mais ta voix rassura mon cœur.

A Dieu bientôt je rendis grâce,

Puisque la pitié trouNait place

Au sein même de la grandeur.

Le silence régnait autour de ta demeure : Nul mortel ne tmiibla cet entretien d une heure. La brise à nos voix se mêlait :

Quand , par toi Je m'entendais lire , Dans mon cœur, qui toujours soupire, Un fleuve del)onhcur coulait.

On eut dit que j'étais de ta noble famille ; Tu ne me traitas pas comme une pauvre fille

Étrangère à tout l'univers;

Non , une amitié fraternelle,

En faisant mouvoir ta prunelle,

Se réfléchissait sur mes vers.

Je crus voir devant moi l'an^ze de ton génie , Quand ta voix caressante et pleine d harmonie

Vient me ravir et me charmer.

J'entrai dans une douce extase ,

Et du noble feu qui t'embrase

L'ardeur fut prompte à m'enflammer.

— liO —

Mais le plaisir bientôt en tristesse se change! Je savourais encor le jiarfunj dont ton anue

Embaumait l'enceinte du lieu ,

Lorscju eii un clein-d œil tous ces charmes

S'évanouirent , et mes larmes

Furent témoins de notre adieu.

Septembre 18*6.

CUllD

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