LES J E U M E S CENS
Naissance du sentiment d'amour chez h; jeune homme. Calyste de Guénic. — Eveil de la jalousie maternelle : .mél.ingc de crainte et de Herté. — Caractéristiipic île ce premier amour : timidité apparente. — Violcnco foncière de l'instinct «lu sexe.
Hastijnac : complexité de ses Icnd.uice». — Al)8cnce de frein moral. Nature ondoyante de sa personnalité. Tiiéorio p!*y<'ho|(>j;iqiie de M. Tainc. — Ses lull<'«; ses volte-face; pour quels motifs il doit »ucc<>mber.
Point commun aux principaux jeunes gens «le |{al/..»i' : ancun prin cipe directeur de la vie. Féli.x de Vandenessc. — Souffrance» tic»
âmes d'élite. Réaction salutaire de ces souffrances : leur importance comme préparation à l'amour. — Relations du jeune homme avec la femme déjà mûre. Illusion volontaire de celle-ci : semblant de maternité.
L'amour subordonné au sentiment : Lord Grenville. Extrême rareté de son cas. Cause de séduction d'un ordre unique.. . 17
LES JEDNES FILLES.
Comment Balzac a conçu les jeunes filles : leur caractère de passivité dans l'amour. Il les a peintes en grisaille.
Leur impersonnalité due surtout à l'éducation. — Rôle capital de l'éducation : ce qu'elle est; ce qu'elle devrait être. — Idées de Balzac à ce sujet : Mme du Tillet et Mme Félix de Vandenesse.
Césarine Birotteau : la jeune fille de la petite bourgeoisie. — Caractère égoïste de l'amour.
Eveil de l'amour chez la jeune fille : signes physiologiques. Ursule Miroiiet. La jeune fille guidée par l'instinct. Balzac applique la théorie de Schopenhauer.
Eugénie Grandet. La femme créée par l'amour.
Véronique Graslin. L'amour né d'émotions intellectuelles.. . 51
LES FEXi:>IES MALHEUREUSES.
Seule manière de comprendre les « femmes » de Balzac : les aimer.
— Rôle de l'imagination sympathique.
La femme abandonnée : Mme de Beauséant. — Solitude hautaine et fière. Dédain du monde. — La persistance du besoin d'aimer.
Rapports de l'homme et de la femme dans le mariage. Gravité de la question. Souveraine maîtrise de Balzac : Mme d'Aiglemont.
— Contraste entre les lois sociales et les besoins des âmes supérieures. Le mariage, prostitution légale. — Première rencontre de lajeune fille avec les réalités de l'amour. — Désaccord sensuel entre les époux. Infériorité fréquente du mari : le colonel d'Aiglemont.
La fidélité dans l'amour ; fidélité au souvenir : elle manque à Julie d'Aiglemont.
Mme de Mortsauf : prédilection de Balzac pour ce personnage. Avec quel amour il l'a peint. Sa vie n'est qu'une souffrance ininterrompue. — Illusions de maternité.
Les âmes qui ont une fin unique : l'amour. Mme Graslin et Mme de Mortsauf. Points communs et différences. Disproportion du rêve et de la réalité. — Les femmes mères; les femmes amantes. — La souffrance, cause de développement de la vie intérieure. — L'adultère moral aussi grave que l'adultère physique.
Mme Hulot : l'amour conjugal résigné. Sentiment du devoir accompli. Objections adressées au personnage. Défense de Mme Hulot.
Mme Claés : sentiment d'amour chez la femme contrefaite. Séduction morale toujours renouvelée ; séduction physiqu^ toujours la même.
La faiblesse, séduction décisive des femmes de Balzac. Caractère transfigurateur de la poésie 73
Sur la liberté de l'art. L'art purifié par l'artiste.
Puissance et fatalité de l'instinct d'amour. — Esther. L'âme demeurée vierge en dépit des souillures physiques. Réapparition des premiers instincts. Toute la psychologie d'Esther repose sur des observations physiologiques. — Rapprochement entre Balzac et Goya. — Auréole poéti(|ue d'Esther. Elle est plutôt une « femme malheureuse " qu'une courtisane.
L'inconscience acquise, trait caractéristique de la Fille. Joscpha. Jenny Cadine.
La courtisane consciente : Vulcrie Manie/fe. — Obsédante réalité de ce type. — Pour le psychologue, ricii que des états d'âme nécessaires et tranchés. Balzac à la fois moraliste et psychologue; ne se contente pas de peindre un personnage ; précise «a réaction sur son milieu. Valérie Marncffe, la courlisanc bourgeoise, t'aractèrc redoutable de ce type. Différence avec la " fille » : tout cnelleestdissiinulé. Diversité de ses incarnations; ressources in6* puisables de son es|)rit. — Sa mort, iiiqxiissantc à faire n;titrc in pitié.
La servante maîtresse : Flore Jirazier. Sa fonction sociale. Se.-* lâchetés (le fille; une seule chose lui man<|uc pour se développer : un milieu favorul>le.
Irresponsabilité originelle de la courtisane : les protections sociales, seules causes de vertu.
La courtisane femme du monde : Mme de Rochejide. Rapprocliement avec Valérie Marneffe 113
Le roman de caractères et le roman de mœurs. — Balzac a excellé dans les deux. — Diversité des êtres et des destinées. — Il ne vit dans le monde que àts forces en mouvement.
Goriot : caractère absorbant de son amour. — En quoi il a donné prise aux attaques. — Goriot, création shakespearienne. — Rapprochement avec le roi Lear.
Persistance de l'instinct sexuel. L'amour chez le vieillard : Hulot.
— Caractère tragique et douloureux de sa passion. — Il la constate et la déplore lui-même. — Jusqu'où il descend. — Hulot est un véritable symbole.
Les passions égoïstes et les passions altruistes. — L'avarice, passion égoïste. — L'absorption monomaniaque : Grandet.
Vautrin : Sa signification et sa portée symbolique. — Tout est étrange et hors cadre en lui. — Ses vues d'ensemble sur la vie.
— Son don de pénétration psychologique. Précision et hardiesse de ses jugements. — Il est artiste et poète. — Transposition ou dédoublement de sa personnalité. — Ses amours et ses haines.
— La plus haute figure de Balzac.
Nouvelle application de la théorie des forces : Philippe Bridau.
L'idée fixe ou monomanie : Balthazar Clacs. — La maladie mentale inguérissable.
Les personnages excessifs chez Dickens et Balzac. — Dans leurs créations on retrouve les qualités de leur race. — Chaque tendance doit être poussée à l'excès pour être comprise. — Les passions originelles et les passions tardives : les premières, bienfaisantes ; les secondes, meurtrières.
Identité foncière de l'âme humaine 147
Amour de Balzac pour l'artiste. — Il s'est attaché surtout à l'artiste incomplet.
Lucien de Rubempré. — Côtés féminins de sa nature. — Sa délicatesse de coinplexion. — Ses initiations sentimentales : Mme de Bai'geton. — Ses désillusions à Paris, comaje homme et comme artiste.
Daniel d'Aithez, contraste vivant avec Rubempré. — Il représente l'énergie virile et la volonté.
Tentative de Balzac pour réhabiliter l'artiste; il généralise le type de d'Arthez. — Conception fausse d'une société d'artistes idéale.
— Ce {jue sont en réalité les artistes entre eux.
Haine de Balzac pour le journalisme : les souffrances fju'il endure. Il se venge dans les Illusions perdues. Il réunit dans le personnage de Lousteau tout ce qu'il a vu de lâche et de vil.
Satire cruelle du journalisme. — Portée de ses jugements : le journalisme destructeur de la personnalité. Lucien de Rubempré succombe.
Raoul Nathan assez semblable à d'Arthez, mais inférieur.
Isolement nécessaire au véritable artiste. — Exemple de Balzac.
Wenceslas Steinbeck : Le Rêve et la production.
Joseph Bridau : Rapprochement avec Balzac.
La femme artiste : Camille Maupin. Virilisalion du type féminin.
Portrait du poète : Louis Lambert. — Différences avec le milieu. — Souffrances inévitables. — Révoltes : Chateaubriand, Shelley, .A. de Vigny, Baudelaire, Etlg. Poii. — ■ Louis Lambert est presque une autobiographie. — La vie au collège. — Horreur de la promiscuité. — Compensations du poète : Tendresse et sensibilité. — Impuissance dans le domaine de la vie active.
Conditions indispensables à un mouvement d'art réformateur. 199
CHAl'ITUE VIII
Principe d'esthétique moderne posé par Balzac : L'imagination sympathique peut s'attachera toute classe sociale. — I^a bourgeoisie : César Birolteau. — Le bourgeois : Sens spécial donné au mot.
— Mélange d'honnêteté stricte, de simplicité d'esprit et de vanité. — Rapprochement entre Birottcau et Ilomais : lloinais, rari«;alure de Birott(!an.
La femme dans la bourgeoisie : Mme llirollcuu. Sa «upériorité de jugement. — La femme dans le peuple. — Elévation morale de Mme liirotlcau : l'^llc est la femme forte. — Sa supériorité sur son milieu.
Ridicules de Birotteau, rachetés par ses vertus : Birotteau ^?aji(/i par le malheur.
Le parvenu : Crevel. — Points communs entre Crevel et il/. Prudliomme. — L'esprit satirique de Balzac. Crevel n'est plus seulement un portrait : c'est une caricature.
La classe l> ourgeoise. Etudes de groupes : Les petits bourgeois. — Encore l'esprit satirique : Thuillier : L'employé de bureau. — Minard : L'inventeur de lieux communs. — Phellion .•L'honnêteté niaise. — Colleville : L'esprit capable et gausseur.
ia Peyrade : Comment il domine ce groupe. — Ses relations avec Mme Colleville. — La bourgeoise en quête d'émotions. — Le comédien dans La Peyrade. — Comment il est passé maître en l'art de tromper la femme. — Procédé infaillible : emphase et exagération du sentiment 243
Haine de Balzac pour l'esprit provincial. — Première partie des Illusions perdues. — Les portraits n'ont pas vieilli : Le gentilhomme campagnard : M de Chandour, prototype du Rodolphe de Madame Bovary. — M. de Saintot, M. de Barta. La prétention jointe à l'ignorance.
Grossissement voulu des traits physionomiques. — Procédé identique à celui de la caricature. — Les conversations complètent les portraits.
La bassesse des sentiments. — Rapprochement avec La Bruyère. Les âmes pétries de boue et d'ordure. — Minoret-Levrault. — Goupil. — Mme Crémière.
Quelques âmes nobles par exception : Le docteur Minoret — L'abbé Chaperon. — Ils vivent isolés, sans rapports avec les autres .
Solidarité de la vie de province. — La vieille fille : Mlle Cormon. — Le désir du mariage devenu obsession : Elle suscite la pitié plutôt que le sarcasme. — Elle est dupe jusijii'à la fin. . . 269
Idée niaîtrcssc et portée sociale du roman les Paysans ; Son carac-
tère en quelque sorte prophétique — Balzac pressent les revendications sociales.
L'àine paysanne composée de queKjues instincts rudirnentaires. — La vie morale n'y dépasse guère la limite de ces instincts. — Cette conception se dégage à merveille des types de Balzac: Fourchon. Toii^ard.
Grossissement voulu jus(ju'au tragique du tvpe de Fourchon. — On sent trop Balzac derrière son personnage. — Le Germinal, de M. E. Zola : Souvarine opposé à Fourchon .
Exclusivisme de l'instinct dans les rapports sexuels. Le paysan s'accouple comme l'animal. Retour aux origines premières de l'homme .
Le Curé de villaje, contraste avec les Paysans. — Influence toute puissante de l'éducation. — Noblesse et pureté du type du cure Bonnet. — Haute poésie de cette figure. — Il est une manifestation de l'idéal.
Influence bienfaisante de la nature sur certains esprits. — Bénatsis, — Le sens de la solitude. — Grandeur morale de la vie solitaire 290
PAniS. — TYP. DP. K. PLOM, ^OUnnIT ET t'«, RUK r..\H.VKClkHR, 8*