ARTICLE V
Le Congrès, convaincu qu'une habileté longtemps éprouvée et la vue de l'objet d'art à restaurer peuvent seules conseiller avec justesse les mesures à prendre pour arrêter les progrès de sa ruine, se défend de prescrire aucune substance, ni aucun procédé de res-
tauralion. Mais dès qu'il aura été remarqué que des écailles de peinture se détachent de la toile ou du panneau, il deviendra urgent de coller sur toute la surface peinte des feuilles de papier qui maintiennent cet écaillement ; l'opération deviendra tout à fait indispensable dès qu'on se proposera de détacher le tableau de sa muraille pour l'envoyer restaurer, soit à Paris, soit dans la ville principale du département. Dans ce cas d'un voyage, toute toile d'une certaine étendue devra être roulée sur un cylindre de bois d'un diamètre aussi grand que possible ; cette précaution évitera tout progrès de l'écaillement et tout pli de la toile. — Le Congrès répétant, de nouveau et de toutes ses forces, aux conseils municipaux et aux conseils de fabrique, qu'ils ne pourront jamais apporter trop de défiance dans le choix d'un restaurateur, désire les pénétrer de cette vérité : que livrer les peintures et les sculptures des musées et des églises à des restaurateurs de hasard, c'est livrer à une perte certaine et à une dépréciation complète des