Noms et concepts. — Revue philosophique, t. XXXI, p
4. Plus récemment M. Haraelin dans son Essai sur les éléments prinnpaux de la représentation (in-8», Alcan, 1907^ a soutenu une ihéorie très remarquible de la généralisation. Selon lui. tout concept, pour cela seul qu'il serait posé, aurait une compréliensionqui se sp. cifierait a l'aide d'une inévitable limitation par l'adjonction d'une différence et l'extension ne serait qu'une application de la compréhension de 1 expérience. — C. iv, 'i 1.
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définitive, pourront peut-être du moins contribuer à faire serrer de plus près les termes de la question.
Des trois ouvrages dont j'ai parlé, c'est par le plus récent que je commencerai, parce que, tout en étant le dernier publié, il est cependant en réalité le plus ancien. Dans Vldée^ en effet, M. Piat, s'il ajoute des développements nouveaux à la théorie qu'il avait soutenue en 1890 dans V Intellect actifs ne fait que reprendre, et souvent textuellement, la théorie ellemême. Les observations si philosophiquement fondées, quelle qu'en pût être la forme, que lui fit dans la Revue philosophique ^ M. Dunan subsistent tout entières. Car le fond de la pensée de M. Piat paraît simplement être ceci : Je me représente un objet, un platane, par exemple, ou ma cheminée, c'est là une représentation concrète et singulière ; que faut-il pour que cette représentation se montre avec les caractères de l'universalité et même de la nécessité, devienne, par conséquent, une idée générale? Uniquement que je puisse concevoir que ce platane ou cette cheminée peuvent être tirés à des millions d'exemplaires. Et pour cela que faut-il encore? Simplement qu'en ce platane ou en cette cheminée je puisse faire abstraction de l'existence actuelle. Or, c'est l'esprit seul qui peut séparer des autres notes du platane ou de la cheminée la note de l'existence actuelle ; c'est donc grâce à l'action de l'esprit que
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ridée générale est formée, distincte de la sensation et distincte aussi de l'image. 11 s'ensuit que nous possédons un intellect actif qui ne saurait se con fondre avec la passivité organique des sensations.
En dehors d'une réfutation du kantisme et de l'empirisme, tel est bien, je crois, le fond des pensées de M. Piat, tel que l'avait vu et critiqué M. Dunan, tel qu'il est difiicile de l'adopter. Car M. Dunan reprochait à M. Piat de ramener l'idée à n'être plus qu'une image, et bien que M. Piat s'en soit défendu et qu'il ait cité un texte tiré de sa thèse * où en effet il dit expressément le contraire, il est clair ou que sa logique Ta mal servi, quand il a cru pouvoir tirer cette formule de ses analyses psychologiques antérieures, ou que son langage, dans l'énoncé de ses analyses, a trahi sa véritable pensée. Car il est bien difficile de ne pas voir que l'image d'un objet est précisément la représentation des notes impliquées dans l'objet, moins la note de l'existence actuelle. Je me représente l'Arc de Triomphe, je vois bien dans l'image même que son objet n'a pas l'existence actuelle. La passivité de l'imagination suffit seule à expliquer cette représentation libérée, émancipée, dit M. Piat, des conditions de l'existence actuelle.
L'erreur où, à notre sens, est tombé M. Piat vient de ce qu'il a pensé que le singulier était la même chose que l'actuel. Dès lors il a cru que l'existence actuelle enlevée, l'universel devait apparaître. Mais qui ne voit que l'image que j'ai de l'Arc de Triomphe, de rObélisque ou même l'image purement schématique d'un arbre, bien que n'ayant aucune existence actuelle,