‹ Essais sur la philosophie des Hindous (volume 2)Chapitre 4 sur 54 · PM£PACE · texte numérisé non relu

PM£PACE

des extraits méthodiques et raisonnes de ces ouvrages qu’il a com- *

posé ses Mémoires, modèles précieux d’exposition et d’analyse philosophiques dans lesquels le savant européen s’efface presque continuellement pour laisser parler les auteurs indiens, ce qui concilie à ces expositions abrégées des systèmes philosophiques de ^

l’Inde le plus haut degré de confiance et de certitude possibles. Je me réserve de les caractériser plus au long dans une Introduction générale qui paraîtra plus tard. . •

Je dois dire quelques mots des additions que j’ai faites aux Mémoires de M. CoLEBROOKE. Présumant que les personnes qui s’occupent du sanskrit (i) aimeraient à avoir sous les yeux les textes ■,

ou les passages les plus importants qui ont servi à la composition de ces Mémoires, j'ai tiré des manuscrits de la Bibliothèque royale de Paris et d’ouvrages sanskrits'publiés à Calcutta, et j'ai imprimé en caractères latins les textes les plus anciens et les plus estimes de chaque école de philosophie , toutes les fois qu’il m’a été possible de le faire.

Le manuscrit sanskrit , qui contient en 7a distiques du mètre ji rya la doctrine Sdnkhya de Kapila, porte sur chaquefeuille le titre

courant de Sdnkhya Su., abrégé de Sdnkhy’a-Sûtrdni,

au lieu de Sdnkhya-Kdrikd , ce qui parait être une erreur du copiste, car M. CoLERRooxB, dans une lettre dont je donne en note la traduction (a), déclare que les soûtras ou aphorismes des diverses

(i)Lc nombre en augmente clinquejmir, ctil oe serait peut-être pas absurde de penser que la langue sanskrite, une fuis sa grande impurlauce reeooDiie, sera étudiée comme les langues grecque et latine , qni en sont dérirées.

(9) Voici la traduction de cette lettre, que je public à cause des renselgnemeotv précieux qu'elle renfertne :

«« MOJfSlEOR ,

ArgylUstrect , London, an norembre

«• n y a déjà quelque temps que j'ai été favorisé de votre lettre da mois de septembre dernier que j’ai reçue pcndiiut que j’étais à la campagne* Ma mauvaise santé , principalement depuis mon retour à la ville , m’a empêché d’y répondre plus tut, espérant être plus capab'o de le faire, eu attendant quelque temps. Mais eoiiendant , ne voyant aucun .signe d’amelioration , je veux faire aujourd'hui un effort pour vous répondre du mieux que je pourrai.

<* Je suis trè.s-flatté de rhuniicur que vous m'avez fait en traduisant mes Essais sur la philosophie des Hindous, et delà manière avec laquelle vous eu parlez. Vous ferez très-hicn en transposant rivssai sur 1 c f ’éJiinta et celui sur les se^rtes Iiétérodoxcs. L’ordre dans lequel ils ont p.iru dans les Transnctious Ac la Société asiatique était

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VI , PHÉFACE.

sciences ne sont point en vers, mais en prose. Pendant que ces Essais étaient à l’impression , j’ai reçu l’édition sanskrite de ces 7a distiques accompagnés de notes et d’une traduction latine donnée à Bonn par M. le professeur Lasser (1). Profitant des secours que me fournissait ce court mais excellent opuscule , j’ai ajouté/ -un Appendix contenant la traduction littérale et complète de la Sdnhhyâ-Kdrikâ , fondue en partie dans le Mémoire de M. Cole- BROOXE, dont elle offrira un excellent résumé. C’est avec toutes ces ressources et à l’aide de l’intelligence des textes sanskrits que j’espère être parvenu à traduire et à rendre fidèlement les précieux Mémoires de .M. Colebhooke; car souvent le texte sanskrit m’a aidé à comprendre des passages douteux du texte anglais et à établir une synonymie aussi régulière et aussi rigoureuse que possible. Je dois aussi à l’amitié de M. Th. Jouffrov, si versé dans les matières philosophiques et dans les délicatesses de la langue anglaise, plusieurs observations sur le Mémoire concernant la philosophie Sdnhhya. Les notes et les rapprochements que j’ai ajoutés aux Mémoires de M. Colebrooxf., pourront aussi servir à jeter

accidentel; Tordre chronologique c£t trop iocertain pour cs&aycr d'y avoir recours.

«Je ne suis pas en mesure de répondre à votre question concernant la Sdnkbya^ hârikâ et les Soâtras. L'ouvrnge que je connais sous le titre de Sankhya-soûtras ^ n'est pas en vers, mais en prose > comme tous les Soûtras le sont. Il est distribué en plusieurs livres et il est beaucoup plus yolumineux que la Kàrikd. La doctrine est la même , mais la phraséologie est tout à fait différente. La copie de la Kdrikd que j'ayais préparée pour l'impression, est dans l.a possession du Comité oriental. Les notes sout incomplètes , et l’affaiblissement de ma vue ne me laisse pas Tespoir de les iiiiir.

«Quant à mon emploi du mot Vêda» au singulier comme an pluriel, je n'ai fait que suivre en cela les auteurs hindous : Tun et Tautre nombre peut être employé indifféremment quand on parle des Vêdas coUcclivemcnt , cxactemeut comme nous parlons de la Sainte écriture ou des Saintes écritures.

«Si vous vous déterminex à ajouter quelque chose à votre volume, je vous engagerais beaucoup à y placer votre abrégé ou votre extrait retouché de mou Mémoire sur les yèdas. Vous trouverez , en le comparant au texte , que mon premier aperçu du Sama^-ttéda coutient quelques erreurs qui sont corrigées dans le nouvel aperçu que j'en ai donné dans mon Essai sur la Mimdnsd.

«Je suis, mon cher monsieur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

H. T. COLEBHOOXE. **

* (t) GTMKOsornisTA , sive indis philosophiæ Documenta collcgit, etc. ('hr.

Lassen, vol. I, fasc. 1. Istaba-Krxchkæ sahxhyam-caricam teneus; in-4*', Bouu , H32.

PREFACE

quelque jour sur l’histoire de la philosophie, ou , du moins , sur les procédés de l’esprit philosophique. \j’Etsai sur les Bouddhistes contiendra plusieurs rapprochements tirés des livres chinois qui confirmeront l’admirable exactitudedc M. Colebrooke etiabonnç foi des Brâhmanes dans leur controverse avec leurs adversaircj Le Spécimen qui suit Vdppendix est extrait d’une tradi complète du Tao-te-King ( Livre du Tao ou de la Raiso!^

DIALE suprême et dc la Vertu), ouvrage philosophiqtj TSED, dout l’âge remonte à près de 600 ans avant Spécimen devait former un Appendix au Mémoire de philosophie Védânta , avec lequel la doctriij plus de rapport qu’avec la doctrine Sdnkhya ( si|

Mais les difficultés et les lenteurs de l’impresl à publier d’abord séparément, comme une livraison complète en elle-même, les Mémoires sur les systèmes de philosophie hétérodoxes de l’Inde, j’ai placé ici ce Spécimen , que son contenu rend suffisamment intéressant par lui-méme, puisqu’il offre l’opinion d’un des plus anciens et des plus célèbres philosophes chinois sur les plus grandes questions que l’esprit humain ait jamais tenté de résoudre, celles de la Cause première et de X Origine des choses. On verra comment Lao-tseu les a résolues, et quels développements les commentateurs plus modernes ont donnés à scs solutions formulées d’une manière si concise dans les vers du philosophe chinois. On verra aussi quel intérêt puissant la publication de la traduction complète du livre mémorable dc Lao-tseu aurait pour l’histoire de l’esprit humain et celle des sciences philosophiques.

Le Spécimen offre le premier chapitre du livre, qui en a quatrevingt-un. Ayant reconnu, en le traduisant, que cet ouvrage chinois , était écrit en vers, j’ai rétabli ces vers dans la reproduction du texte, partout où la rime et la disposition métrique l’autorisaient. Ce fait, qu’aucun sinologue jusqu’ici n’avait reconnu, une fois établi, la traduction du livre devait être faite sous ce point de vue important , et alors se trouvaient êxpliquées l’obscurité et la concision si célèbres du Tao-te-King , dont le caractère métrique établit un rapport de plus entre l’ouvrage de Lao-tssu et les vers philosophiques sanskrits, ainsi qu’entre ceux de Xénophancs , de Parménides et d’Empédoklcs.

Paris, le a avril i833.

Pour faciliter l’intelligence des textes sanskrits que j’ai reproduits en caractères latins dans le cours de cet ouvrage , et jiour donner la faculté de reconstruire ces textes en caractères dévandgaris, j’ajoute ici un alphabet harmonique sanskrit-français qui présente la valeur que j’ai donnée, dans ma transcription, à ’lphabet sanskrit. On aurait pu simplifier davantage cette tranution, mais il aurait fallu donner une valeur de convention à es lettres de notre alphabet , ce qui eût fait racheter un énient léger par un inconvénient plus grave.

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