Moehler, 0. c, p
2. La Tradition insiste sur cette réalité de l'ÉgUse irréductible aux autres groupements humains : " Le pouvoir de l'Église, dit saint Jean ChrysoStome, dépasse autant en valeur le pouvoir civil que le ciel dépasse la terre; ou plutôt, il le dépasse encore beaucoup plus " {in II Cor. Hom. XV, 4-5, P. G. lxi, 507).
rieuts aux choses périssables. Par son origine, l'Église e§t donc une société divine; par sa fin et par les moyens immédiats qui y conduisent, elle e§l surnaturelle... ^. "
On le voit, il ne s'agit pas seulement d'une préséance, mais d'une transcendance de nature. " Mystique " ne signifie pas " moins réel ".
L'Église n'est pas une " entité " comparable à une simple " Personne morale " ou juridique. L'unité qui relie les fidèles à Dieu et entre eux dans le ChriSt et l'Esprit-Saint, eSt une unité " ontologique ^ ".
Ainsi, envisagée dans sa réalité substantielle, l'Église est définitive et parfaite. EUe eSt totalement sainte, totalement " achevée ". Prolon-
1. Léon Xin, Satk Cognitutn, Actes, t. V, p. 3, Éd. Bonne Presse.
2. I Cor., XII, 27. La Tradition insiste sur cet aspe£l. Par son principe, l*unité du ** Corps Mystique " l'emporte sans mesure sur tous les liens d'unité qui font la cohésion d'un corps physique ou social. {MySiici Corporhy p. 35.) Ce principe, incréé, c'eSt l'Esprit de Dieu qui, selon saint Thomas, ** un et unique, remplit toute l'Église et en fait l'unité ". (De Veritate, Q. 29, a 4 c.) " Le sommet de la perfection de l'Église, comme le fondement de sa conStruâion, constate Qément d'Alexandrie, consiste dans l'unité : c'eSt par là qu'elle surpasse tout au monde, et qu'elle ne trouve rien d'égal nj de semblable à elle-même. " (Stromat. VII, 17).
Le myHere de l'E.glke 41
gement immortel du Sauveur dans le temps, elle conserve l'essentiel de sa resurredlion : " Voici que je suis avec vous jusqu'à la fin des siècles ^. " En elle demeure, absolument intaâ: et immuable, le dépôt sacré de la Révélation que la Tradition transmet de siècle en siècle. Elle e§t vraiment la Loi nouvelle dont pas un iota ne sera abrogé, le Message dont " les paroles ne passeront point ^ ". L'ÉgUse e§l un roc et une " norme " qxii échappe aux changements. Aucune attaque ne l'entame, aucune invitation ne la corrompt. Sous cet angle elle n'ajoute rien au Christ : elle ne fait que le rendre visible dans sa " réalité " infinie.
n. L'ÉGLISE " CORPS " DU