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QUELQUES MARQUES DE COLLECTIONS D’ESTAMPES ET DE DESSINS

Dans la préface de son excellent ouvrage dur les Æ arques de Collection s, M. F. Lugt noue a laissé entrevoir quelques-unes deo mille difficultés que rencontra va rédaction ; et le domaine embraddé est si vadte que, si noud ne connaiddiond l’extrême modestie de don auteur, noud y ajouterions volontiers ce sous-titre : Contribution a l'Histoire des Grandes Collections, des origines jusqu’à nos jours. Sou j ta discrète apparence d’un dictionnaire méthodique et précio on découvre, en effet, à la lecture, un fort divertissant livre d’histoire oit la vie artistique de quatre siècles eot réoumée en de charmanted anecdoteo, en de rapides et vivants portraits de collectionneurs et de marchands célêbred, parmi ledqueld le poychologue trouve a glaner autant que le curieux.

Æaid la vie Lisoe va trame ininterrompue derrière la plume de l’historien et l’encre d’une page est à peine sèche que déjà se pressent les matériaux dont la suivante sera faite. Un supplément doit donc suivre bientôt ce premier ouvrage , mais nous voudrions que les services qu’a déjà rendus celui-ci à tous les Curieux d’ Art, en répandant le fruit de longues recherches et de patients labeurs, assurassent à son auteur la collaboration de tous ceux que les hasards de leurs travaux ou de leurs acquisitions peuvent enrichir de documents nouveaux; car il n'y a rien de négligeable en celle matière, il n’est de détail infime ou

de griffonne ment insignifiant qu’en apparence et que pour i heure présente; c'est, en réalité, de cette poussière accumulée que se construit l' Histoire et que ressuscite, un jour, le Passé.

C’est dans ce but et avec le désir que notre exemple soit suivi, que nous publions ces quelques notes, espérant aussi qu’elles apporteront de nouveaux matériaux au supplément dont M. Lugt a l’intention de faire suivre ce premier ouvrage.

Nous n’avons pu identifier toutes ces marques, nous les avons néanmoins signalées, dans l’espoir qu'elles livreront un jour leur secret a d’autres, plus heureux que nous, qui pourront ainsi augmenter les connaissances de toute notre Con f rérie, suivant l’expression même de l’un de nos plus éminents confrères, un de nos meilleurs maîtres du passé : le Æarquis de Chennevièreeu.

A. BESNARD (né en 18.49). Peintre et graveur. Membre de l'Institut de France. Vit à Paris.

Noir

Recto

taller û Londres avec

Cette marque figure sur ses propres dessins et quelquefois, mais plus rarement, sur ses eaux-fortes.

Paul-Albert Besnard est né à Paris, en 1849, d'un père peintre et d une mère miniaturiste. Après avoir pris part à la guerre de 1870, comme engagé volontaire, il obtint, en 187.4, le Grand Prix de Rome de peinture. Pensionnaire à la Villa Médicis pendant quatre ans, il se maria en 1879 et vint s mssa femme qui y était retenue par ses travaux de sculpteur.

En compagnie de BrACQUEMOND, de LeGROS et de WhISTLER il y connut ses premiers succès avec les portraits du Général tfolvele 1/ et de X Amiral Conunerwell. Il rentra en France en i883 et ses premières productions soulevèrent de violentes controverses. Elles le classèrent cependant tout de suite comme un novateur admirablement doué et lui valurent des admirations passionnées qui ne se démentirent jamais.

Vint alors cette succession d admirables compositions pour 1 Ecole de Pharmacie, la Sorbonne, la Chapelle de Berck, les plafonds de l Hôtel de Ville de P ans et du Théâtre Français, la Coupole du Petit Palais, et ces grandes suites à 1 eau-forte de : la Femme et A.’ Elle, cette hallucinante Danae /Macabre.

D’un voyage aux Indes, effectué en 1911, il rapporta une quantité de tableaux, d’aquarelles et de dessins qui transportèrent soudain sur les murs gris de nos cimaises le somptueux frémissement de foules chamarrées, les délirantes harmonies du luxe oriental, les dards étincelants du soleil des tropiques, et ce fut un éblouissement.

Nommé alors directeur de l’Académie de France à Rome, il revint habiter cette Villa Médicis qui avait abrité jadis ses premiers rêves d’artiste. Mais quel chemin parcouru pendant ces trente-cinq années ! C est là, dans ce palais désert, dans ces jardins silencieux, qu il vécût les douloureuses années de la guerre. Années fécondes quand même, puisqu elles nous valurent quelques-uns de ses plus émouvants portraits peints ou gravés comme le Cardinal Afercier, le /Muuetre De, tirée, Georgeâ Clemenceau, led Souveraine bclyee.

De retour en France, en 192 3, il fut nommé directeur de l'Ecole des Beaux- Arts, réalisant ainsi ce charmant paradoxe d'être le moins académique des Maîtres à la tête de la plus académique des institutions.

Viole I

Verso

Marque non identifiée rencontrée sur de bonnes estampes anciennes des écoles du Nord. Sur une épreuve de Rembrandt nous l’avons vue figurer à côté de la marque de l’avocat anglais H. -S. Theobald (cf. Lugt n° i3y5).

Gaston BOUT II IE & C% Éditeurs. Paris.

A Sec Reclo

Cette importante maison d édition a publié de nombreux ouvrages d'art. C’est à l occasion de sa publication du catalogue de 1 œuvre gravé d’Auguste Brouet que ce timbre sec fut apposé sur certaines estampes de cet artiste éditées par ses soins.

J. CHADEL (né en 1870). Peintre et graveur. Vit à Paris.

Cette marque figure sur ses propres dessins et estampes.

Jules Chadel est né à Clermont-Ferrand, en 1870, et fut 1 elève d Hector Lemaire et de Genuys, puis de l'Ecole Nationale des Arts décoratifs.

Les conceptions décoratives des artistes japonais exercèrent de bonne heure leur influence stimulante sur le développement de son talent. Les harmonieuses réalisations des maîtres de 1 Ukryo^ye le passionnèrent et il devint, avec Isaac et Henri Rivière, un des premiers et des meilleurs graveurs européens à la manière japonaise. Adaptant cette souple technique à sa propre conception comme aux sujets de son temps et de son milieu familier, il a réalisé, tant par le pinceau que par la gravure sur bois de fil, des œuvres d’un caractère très personnel et très délicat.

Il est sociétaire de la Société Nationale des Beaux-Arts et le Musée de Limoges renferme deux de ses toiles : Léo Hcrculeo foraine à Paru et Léo Confetti le jour Je la A II- Carême.

Rouge

Rcelo

Marque non identifiée rencontrée sur de bonnes estampes anciennes, principalement de George Pencz. Ce timbre fort difficile à déchiffrer semble se composer des lettres D. G. R.

Reclo

Prince DEMIDOFF (1812-1870). San Donato (Italie). Œuvres de Raffet.

Cette marque se rencontre quelquefois sur de grandes lithographies de Raffet publiées en albums.

Pour l’historique de la collection, voir ; F. Lugt, n° 2127.

Noir. Recto. Marge inférieure.

K. DETAILLE (18.48-191 2). Peintre, Membre de l’Académie des Beaux-Arts. Paris. Estampes et Dessins.

J ean-Baptiste-Edouard DETAILLE naquit à Paris, le 5 octobre 1848. Son grand-père avait été fournisseur aux armées de Napoléon et son père 1 bote de tout ce que son époque comptait de brillants ofliciers ou de peintres militaires, et en particulier d Horace Vernet.

Une enfance passée dans une semblable atmosphère ne pouvait manquer de laisser une forte empreinte à toute sa vie et limiter sa carrière en un cadre étroit dont il ne franchit jamais les limites, mais dans lequel il connût toutes les satisfactions de la popularité.

Elève de Meissonnier, il hérita de ce maître une technique faite de patiente précision et d amour du détail qui ne s’élargit guère, des tableautins du début aux fresques du Panthéon, mais lui valut les sympathies des amateurs d’un art honnête et consciencieux.

Depuis sa première médaille au Salon de 1869, les récompenses officielles ne lui manquèrent point : Médaille d’Honneur au Salon de 1888, élection à l’Académie des Beaux-Arts en 1892, Grand Officier de la Légion d Honneur en 1910, non plus que de princières amitiés, notamment celles du Roi Edouard VII et du Tsar Alexandre III.

II avait pris vaillamment part à la guerre de 1870 et assisté comme mobile dans un régiment de la division Faron aux combats de Champigny et de Buzenval. Ses souvenirs de campagnes lui inspirèrent de nombreux tableaux, notamment les panoramas de Champigny et de Rezonville qu il exécuta en collaboration avec Alphonse de Neuville et Paul Mathey.

Comme amateur d’art, en dehors d’une importante collections d’armes et d’uniformes militaires, il avait réuni d excellents tableaux, dessins, estampes et sculptures illustrant le sport équestre et des scènes militaires où l'on retrouvait naturellement les noms de ses illustres devanciers comme Horace Vernet, Fromentin, Charlet et surtout Raffet.

Une première vente eut lieu les 10 et 11 mars 1913 avec Georges Sortais pour expert. Elle produisit 25i.65o francs pour 109 numéros. Une seconde, moins importante, eut lieu du 3 au 5 avril 19 13 par les soins du même expert.

C’est à l’occasion de ces ventes que le cachet ci-dessus fut apposé au dos des pièces encadrées.

au dos des cadres

Noir. Verso.

Marque non identifiée rencontrée sur des estampes de Whistler.

F. FLAMENG (1866-1922). Peintre et graveur. Paris. Dessins anciens et estampes.

.Voir

Iieclo

Cette marque se rencontre sur des estampes italiennes ayant figuré à la vente après décès de François Flameng. Nous pensons donc qu elle appartient à ce collectionneur bien qu elle diffère sensiblement de celles identifiées par F. LüGT (cf. n° 991 et io3o).

Louis GODEFROY (né en i885). Graveur et expert. Vit à Paris. Estampes et Dessins.

Louis Godefroy, né à Pans en i885, fut élève de William Bou- GUEREAU et de Henry Caro Diîlvaille. Après de nombreux séjours d étude en Angleterre et en Hollande, il fut attiré par les arts d’Extrême-Orient et il entreprit de 1910 à 1912, deux grands voyages en Chine et au Japon, puis aux Indes et en Egypte. La guerre même ne le

Noir

Verso

retint pas longtemps en France et les expéditions lointaines qui se formèrent lui permirent de parcourir, d abord, la Grèce et la Macédoine turque, puis la Sibérie. En 1919. le Gouvernement de llndo-Chine lui confia une mission graphique aux ruines d’Angkor. Les impressions recueillies au cours de ces divers vo yages ont été la source de la plupart de ses eaux-fortes. Depuis 1923, il est sociétaire de la Société Nationale des Beaux- Arts.

D’un père, grand amateur d'art, il avait hérité une forte vocation de collectionneur, mais il eut surtout le rare privilège d être, de très bonne heure, guidé sur ce terrain difficile, par la plus sûre et la plus affectueuse des autorités, celle de l excellent peintre Paul Mathey, vieil ami de son père et connaisseur de la plus grande compétence, à qui il doit le meilleur sinon tout de ce qu'il sait lui-même.

Au retour de la guerre, il fonda, avec M. Marcel GüIOT, la galerie d estampes de ce nom. A yant repris sa liberté, en 192.4, il a pu entreprendre quelques travaux d histoire de l’art et s attacher plus activement à la formation de collections d estampes et de dessins.

M. GUERIN (né en 1873). Amateur et écrivain d art. Vit à Paris. Estampes et dessins modernes.

Marcel Guérin est né à Plessis-Piquet le 1er août 1873. Son activité de collectionneur s'étendit d abord aux estampes modernes dont il réunit une très importante collection oû les épreuves de Degas, de Forain et de Toulouse-Lautrec dominaient. Cet ensemble fut dispersé en deux ventes publiques en 1 923. Depuis cette époque il collectionne exclusivement les dessins de maîtres modernes.

Comme écrivain d'art on lui doit les excellents catalogues des eaux-fortes et des lithographies de Forain.

Noir

Reclo

MARCEL GUIOT & Cc. Marchands d Estampes à Paris.

La Maison Marcel Guiot & C‘e fut fondée en 1920 par M. Guiot et par le graveur Louis Godefroy. Leur galerie d’estampes se consacra tout d'abord à une série de petites expositions qui devaient présenter successivement les principales étapes de l'art graphique. Les plus saillantes de ces expositions fûrent celles des Estampes de Rembrandt provenant du cabinet du peintre Paul Mathey, des Lithographies Romantiques de la Collection Albert Maroni, des Estampes de J. M. N. Whistler, des gravures des Petits Maîtres Ornemanistes et enfin des Eaux-fortes et Dessins d Albert Besnard.

Depuis 192.4, M. Louis Godefroy s’étant retiré de la Société, M. Guiot a pris, seul, la direction de la Galerie.

La marque ci-contre fut apposée assez irrégulièrement, pendant la durée de la Société, sur les épreuves des artistes modernes dont elle était dépositaire.

Rouge

Reclo

A. MARONI (1852-1923). Amateur d art. Paris. Lithographies romantiques. Estampes japonaises.

Rouge

Recto

Courtier de change à Paris, Albert Maroni, s’était acquis par sa parfaite courtoisie , sa claire intelligence et sa haute probité, une estime et une sympathie qui lui survivent dans la mémoire de tous ceux qui ont eu le bonheur de 1 approcher.

Très actif, les arts lui fournirent de bonne heure le meilleur et le plus nécessaire des dérivatifs aux soucis des affaires et, là encore, il apporta la sincérité passionnée, le fougueux enthousiasme d un cœur demeuré très jeune. Ces rares qualités firent de lui un des plus parfaits curieux d’art de notre temps. N’écoutant que son cœur, restant toujours sourd aux capricieux enthousiasmes de la Vogue comme à la bruyante réclame de la Spéculation, il commença, vers 1878, à collectionner les lithographies romantiques et les estampes japonaises.

A cette époque, les premières, passées de mode, étaient complètement délaissées et les autres, mal comprises encore, laissaient hésitants la plupart des amateurs.

La sincérité de son goût, la finesse de son œil, lui permirent de rassembler, au milieu de l'indifférence générale, un excellent choix d’estampes des maîtres de l’Ukryove et un ensemble unique de lithographies, depuis les incunables de l’époque de Senf.felder jusqu’aux impressions du dernier quart du XIXe siècle. La dispersion de rares collections de ce genre comme celles des Goncourt et de Malherbe, lui permirent d’enrichir ses portefeuilles de séries parfois uniques. 11 connut, enfin, la satisfaction si rarement donnée aux précurseurs de son espèce, de voir le temps consacrer ses premiers enthousiasmes et rendre justice à ses Maîtres préférés.

Sa santé, devenue délicate vers la fin de sa vie, et rendant pénible le maniement de ses lourds portefeuilles d estampes, le décida à se défaire d'une partie de ses lithographies qui fut dispersée à l amiable par les soins de MM. Marcel Guiüt & C,c après une Exposition, dans leur galerie, qui dura de Juin à Octobre 1922.

La première de ces marques, utilisée au début, fut remplacée après peu d années par la seconde, auprès de laquelle on la rencontre parfois.

P. MATHEY (né en i8 j j). Peintre et Graveur. Vit à Paris. Estampes et Dessins.

Né à Pans en 18.J.J, Paul Mathey entra à l’Ecole des Beaux- Arts en 1862, dans l'atelier de PlLS. En 1869 il exposa son premier tableau important tiré de la légende de Gœthe : l'auet et l' Etudiant et, l’année suivante, une vaste composition biblique : La décollation de Satiil Jean-Baptiôte. Les grands travaux de décoration entrepris ensuite avec Mazerolle et RubÉ le désignèrent tout naturellement pour collaborer, après 70, aux Panoramas de Champigny et de Rezonville avec Edouard Détaillé et Alphonse de Neuville.

Un coloris délicat, un dessin ferme et sobre lui valurent de nombreux portraits, entre autres ceux du Duc d Orléans, du peintre Duez, de Rubé, de Clairin, de Rops, execute en i885 et maintenant au Musée du Luxembourg, de son père, portrait d un si vivant caractère qu’il fait penser à Daumier, et une délicieuse effigie de sa femme qui restera comme un des prototypes de cette époque.

En 1889, il recevait la médaille d'or de peinture et le ruban de la Légion d Honneur.

Excellent graveur, on lui doit aussi de nombreux portraits à l'eait-forte ou à la pointe sèche dont celui de son père, tout plein de cette rude bonhommie de la bourgeoisie du Second Empire, du très Honoré Frère Joseph, du vieux Brocanteur, œuvres auxquelles H. Béraldi a rendu un juste hommage dans ses Graveurs du XIXe Gicle.

En 1890 il quitta la Société des Artistes Français et participa à la fondation de la Société Nationale des Beaux Arts qui le nomma Membre de son Comité.

Mal gré cette activité, cependant si féconde, et des moyens d action assez limités au début, Paul Mathey sut se constituer en une quarantaine d’années une remarquable collection d estampes, de dessins et, plus tard, de monnaies grecques. Il fut, il est vrai, particulièrement aidé par le don précieux d’une inlassable sagacité de fureteur, et, surtout, par une remarquable justesse de vision et une étonnante sûreté de mémoire.

Connaisseur de réputation universelle, on ne peut s’empêcher de regretter que si peu de collectionneurs aient eu l’occasion de profiter de ses excellents conseils et de sa rare compétence. Mais, demeuré très jeune de caractère et quasi bohème, il n’a jamais pu se résoudre à exercer le métier d’expert autrement qu’en amateur, et, suivant sa pittoresque expression, qu’en franc-tireur.

Comme tout collectionneur, il était en butte à d incessantes tentations et comme, pour pouvoir les satisfaire, il lui fallait souvent sacrifier quelqu’une de ses anciennes possessions, c était une aubaine dont s’empressait de profiter celui de ses amis qui se trouvait là à un si bon moment. Léon Bonnat fut du nombre et c’est à lui qu’il dut la plupart de ses meilleurs dessins.

Noir l erso

Ce que Paul Mathey garda le plus jalousement intact, jusqu'ici, fut sa collection d estampes de Rembrandt qu’il ne cessa de compléter et de perfectionner toujours. Ce n’est que devant l'obligation de quitter cet atelier de la rue de Rome qui avait vu défiler tant d’artistes ou d’amateurs d’art et qui avait abrité tant de chefs-d’œuvre de passage, qu’il se résigna à disperser les fruits précieux de ses quarante années de recherches. Une première vente d’estampes de Rembrandt eut lieu au printemps de 1924. Elle réalisa, pour 1 53 numéros, le total important de 5g3.i3o francs qui montre assez bien la qualité de la plupart des pièces qui la composaient et l’attrait qu elles prenaient, pour les amateurs, de leur célèbre provenance.

C’est à l’occasion de cette vente que la marque ci-contre fut apposée sur les pièces de sa collection.

R. MENJAUD ? Editeur, Paris — (XIX‘ siècle).

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Cette marque se rencontre fréquemment sur des lithographies de 1 époque romantique. Nous pensons donc qu elle doit être attribuée à 1 éditeur Menjaud dont une marque assez semblable a été déjà identifiée par F. Lugt. (n° 191 5).

E. W. NETTER. (Né en 1892). Industriel. Vit à Francfort-sur-le- Main. Estampes. Ex-Libris.

E. W. Netter

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Emil Wolfgang Netter a réuni depuis une quinzaine d années une importante collection d'Ex-Libris modernes (environ 2.000 pièces), en très belles épreuves ou états rares. Il collectionne également les estampes de Danoeo Jfl acabreo de toutes les époques. Cette série, réunie dans un but surtout documentaire, comprend, à coté d estampes originales, des affiches et des reproductions phototypiques , principalement des albums parus dans divers pa ys pendant la guerre de 191.4.

H. VE VER. (Né en i85^j). Joaillier et amateur d’art. Vit à Paris. Estampes, dessins et livres illustrés.

(FtrvT?)

dont il devait admirateurs .

Henri Vever est né à Metz en 186.4 d'une vieille famille lorraine. Après la guerre de 1870 ses parents quittèrent la Moselle et vinrent s’installer à Paris. Son père le fit entrer d'abord à l’Ecole des Arts Décoratifs et l’année suivante à l’Ecole des Beaux-Arts. A son retour du service militaire il entra dans la maison paternelle d’orfèvrerie à laquelle il apporta le concours précieux d'une culture artistique étendue jointe à un goût très sûr.

S’il se défend farouchement d’être et d avoir jamais été collectionneur au sens étroit et quasi pathologique du terme, sa vocation d’amateur se manifesta de très bonne heure. Sans parler des collections de becs de plume, d images de première communion et des inévitables timbres-poste de sa prime jeunesse, sa première passion fut celle des insectes et des papillons. Mais à l’encontre de la plupart des naturalistes de son âge, son seul souci était la recherche de couleurs imprévues et de formes rares où il pressentait déjà la source inépuisable de ses futures inspirations décoratives. C’était aussi, à son insu, une excellente initiation aux hardiesses des arts asiatiques être, quelques années plus tard, un des premiers et des plus fervents

Son père possédait quelques albums japonais, déparedlés et en mauvais état, dont on ignorait alors, c’était vers 187.4, non seulement les titres mais même les auteurs. Parmi eux, cependant, se trouvaient plusieurs volumes de la jllangwa d Hokusai. Le choix n’était donc pas mauvais, comme on le voit.

Mais le premier contact, le premier clioc, devrait-on dire, eût lieu en 1880 à une exposition des Arts du Métal organisée au Palais de l'Industrie par l'Union Centrale des Arts Décoratifs et dans laquelle, outre des bronzes chinois et japonais, figuraient quelques Surimonoà indéterminés et des albums de Kunisada aux couleurs vives. Le régal nous paraîtrait peut-être maigre aujourd’hui, mais si 1 on songe à l’ignorance où I on était encore, à cette époque, des grands chefs-d’œuvre de 1 Asie, on ne peut qu’admirer la hardiesse autant que la sûreté de jugement de tels précurseurs.

En i883, eut lieu chez Georges Petit une exposition beaucoup plus variée, mieux classée et d’un choix plus raffiné. Bien présentée par Louis Gonse, elle précédait et faisait désirer son ouvrage sur l’Art japonais qui parut l’année suivante.

C’est là qu’il fut touché par la grâce, c’est là que prit naissance son admiration qui devint bien vite ce fol amour, cette passion ardente qui ne s est jamais ralentie depuis et que le Japon artistique, de BinG, paru en mai 1888, entretenait par ses instructifs documents et ses excellents articles qui éclairaient ces néophytes pleins de zèle et de foi.

Des estampes japonaises figurèrent à lExposition Universelle de 1889 dans le Palais des Arts libéraux, mais c’est surtout l’Exposition de 1 Estampe japonaise à l’Ecole des Beaux-Arts, en 1890, qui marqua une étape nouvelle. Elle remporta un grand et légitime succès. C’était la première fois que Ion pouvait voir une réunion importante d œuvres des grands artistes de l’Ukiyoye dont un catalogue bien fait révélait enfin les noms.

Cette exposition avait été organisée par S. BinG et, pour témoigner sa reconnaissance aux amateurs qui y avaient participé ou qui s’en étaient personnellement occupés, il les réunit en un dîner intime au restaurant Larue. Il y avait là notamment : George Auriol, Georges Clemenceau, qui avait obtenu pour cette exposition la grande salle de l’Ecole des Beaux-Arts sur le quai Malaquais, Isaac, Raymond Kœchlin, Gaston MlGEON, Marcel Morot, Henri Rivière et Henri Vever.

L’intérêt de ce dîner, où tant d enthousiastes compétences se trouvaient réunies en dehors de tout protocole et avec le seul souci de mettre en commun le fruit de leurs recherches individuelles, fut si grand qu’on décida de le renouveler régulièrement à la manière du fameux Dîner Magny. Les réunions de ce petit cénacle se transportèrent alors au Palais-Royal où le noyau de ces premiers japonisants s augmenta rapidement d écrivains ou d artistes que séduisaient, peu à peu, les subtiles trouvailles de ces décorateurs ingénieux autant que raffinés. On y vit tour à tour : le Dr Ancelet, S. C. Bosch Reitz, L. Chialiva, Raphaël Collin, Paul Cosson, Deshayes, Théodore Duret, Ch. Gillot, Louis Godefroy, Edmond de Concourt, Camille Groult, Guimet, Hayashi, P. A. Lemoisne, Manzi, Georges Marteau, le Baron Motono, le Dr Mène, Mutiaux, Alexis Rouart, Ary Renan et Whistler. Ce Dîner Japonais subsiste encore et Henri Vever qui en fut l’un des fondateurs en demeure heureusement le précieux animateur.

Son activité artistique est également inlassable. Elle embrasse, avec le plus grand éclectisme, toutes les formes et toutes les époques d’art.

A côté de monnaies grecques, de miniatures persanes, de peintures chinoises et japonaises, de laques, de gardes de sabres, d’inrôs, de céramiques, dont la nomenclature sortirait du cadre de cette étude, bornons-nous à citer : sa collection de dessins, d’estampes et de livres illustrés japonais et chi nois, une des plus importantes d’Europe tant par la variété que par la qualité de ses pièces ; sa collection d’estampes et de dessins anciens et modernes où Durer et Rembrandt sont représentés par des œuvres capitales, ce dernier notamment, par deux magnifiques épreuves de La Pièce aux Cent Florins^.

Comme écrivain d’art, on lui doit d’intéressants articles parus dans la revue Art et Décoration ; d excellentes préfaces aux catalogues de diverses expositions, notamment de celles de GlRALDON et d’Auguste LepÈRE ; un important ouvrage sur La Bijouterie française au XIXe siècle et un autre, sur Les Ahniatures Persanes, rédigé en collaboration avec Georges Marteau et devenu introuvable.

Membre du Conseil de l’Union Centrale des Arts Décoratifs et des Amis du Louvre, il a contribué par des dons importants à la création, dans ce musée, d’une section d’Extrême-Orient qui lui doit encore le legs inestimable d’un paravent d Hokusai qui sera le joyau de ce département.

La première de ces marques qu Hayashi avait fait graver au Japon, fut apposée sur les estampes et les livres japonais, en rouge et au recto généralement. La deuxième fut rarement employée à cause de sa dimension. La troisième figure quelquefois sur les petites estampes européennes et plus souvent sur les livres illustrés anciens et modernes dont Henri Vever possède aussi une très importante bibliothèque. La dernière se rencontre sur les estampes européennes. Primitivement apposée au recto elle n’est plus appliquée qu au verso. Ces trois dernières marques sont d'une encre noire ou bleu foncé.

Marque non identifiée rencontrée sur des lithographies de Fantin-Latour. Elle est généralement apposée dans la marge du bas, à droite et légèrement inclinée.

Iileu. Reclo

nciennes

r< Tout jeune , passant devant le magasin du marchand Blaisot, Emile Galicbon vit à l'étalage une belle épreuve de la Sainte Famille de U tirer. .. il entrevit aussitôt un monde inconnu de poésie... il venait de trouver la clef de cette chambre intime et Décrété ou l’ànie, froissée par les vulgarités de la vie, se réfugie a de certains moments pour se recueillir dans la contemplation et le sentiment du Beau. »

Ch. Blanc,

Gazette des Beaux-Arts. îSjj.

XVe SIÈCLE

VAN MECKENEN

(Israhel)

Mecheln, i44° ^ — Bocholt, i 5o3 ?

i — Jésus présenté au Peuple. (Bartsch, n" 16).

Premier état suivant Geisberg, avant les contretailles obliques sur la fenêtre du milieu.

Fort rare épreuve sur papier au P gothique. Légèrement épidermée au verso et rognée au trait carré.

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