UN DESSIN ORIGINAL DE JULES CHÉRET
Le livre est très précieux pour moi, par sa dédicace. C’est l’exemplaire imprimé au nom de Chéret et qu’il m’a donné. Il porte ce double envoi :
A H. Beraldi ; témoignage affectueux de son ami Jules Chéret. — A mon bien cher ami H. Beraldi : E. Maindron .
Voici un livre où une reliure sortant de la formule ordinaire peut être admise. Elle a été exécutée par Marius Michel, qui a eu licence de se livrer à sa faculté inventive :
extérieur La Vallière avec panneau d’ornements et fleurs en MOSAÏQUE sur l'un des plats ; le titre se détache sur une bande qui traverse ce panneau. (Reproduction ci-jointe, en chromotypie). Le dos et l’autre plat sont jansénistes. Intérieur en étoffe japonaise. — Dans un étui.
Faust, Notre-Dame de Paris de 1844, Les quatre fils Aymon, Les Affiches illustrées, cela fait quatre volumes décorés exclusivement sur un plat. 11 ne faut point abuser de ce genre qui n’est, en somme, qu’une excentricité.
365. MÉMOIRES DE GRAMMONT, par Hamilton. Conquet , 1888. Illustrations de Delort.
Un des quatre exemplaires tirés sur holi.ande, in-4. Il porte mon nom imprimé sur le faux-titre.
UN DESSIN ORIGINAL DE DELORT. — Figures
AVA^T LA LETTRE et EAUX-FORTES, doubles états ajoutés. Vignettes tirées hors texte , avec leurs eaux-fortes.
Reliure de Guzin , maroquin rouge doublé de même. Filets à l'extérieur. A l’intérieur, cadre .mosaïqué de vert, autour duquel s’enroulent des guirlandes; aux angles, motif avec pointillé.
C’est vraiment un beau livre que le Grammont de Conquet et l’un des bien réussis qu’il ait confectionnés. Je dis l’un des réussis, parce que, en matière de publications illustrées, tous les éditeurs sont soumis à la même et dure loi: qu’ils soient Gurmer ou Conquet, Jouaust ou Launette, Quentin ou Decaux , Société des Amis des Livres ou Académie des Bibliophiles contemporains, ils ne sauraient faire chef-d’œuvre à tout coup ; il faut publier nombre de livres pour en parfaire un qui soit appelé, — et sans qu’on puisse jirévoir d’avance lequel, — à émerger dans l’océan bibliographique , à grandir en célébrité et en valeur, et à survivre dans leur œuvre d’éditeurs ; exactement comme en littérature, il a fallu à un abbé Prévost et à un Bernardin de Saint-Pierre accumuler bien des volumes pour laisser Manon Lescaut et Paul et Yh'ginie. Donc , le
r<r.Lll'RE DE MARIDS .«ICHEI
exléri«iu’ Vallière, avec panneau d’erneinentK er, fleurs eu MosA’-QVîî sur l’un des plats ; le titre se détache sur une haudo ':]ui traverse ce panneau, (Reproduction ci-jointe, en chromotypie). Le dos et l'autre plat sont jansénistesintérieur en étoffe japonaise. — Dans un étui.
Faust ^ Notre-Dame de Paris de 1844, Les quatre fils Aymon, Les Affiches illv-strées, cela fait quatre volumes décorés exclusivement sur uu plat. Il ne faut point' abuser de ce genre qui n'est, en somme, qu'une excentricité.
36.5. xMÉMOlRKS bK GRAMMONT, par Harailton. Conquet , lS8b. lilustratunas tiw DéVirt,
Un des quatre exemplaires tirés sur holiande , in-4. 11 porte. mon nom imprimé sur le faux-titré.
UN DESSIN ORIGINAL DE DELORT. — Figures .AV.ANT 'UA LETTRE ef eaux-fortes , doubles états ajoutôs. Vignettes tirées hors texte , avec leurs eaux-portes..
Reliui’e de Guzin , maroquin rouge doublé de même. Filets à l’extérieur. A l’intérieur, cadre .mosaïqué de vert, autour duquel s’enroulent des guirlandes; aux angles, motif avec pointillé.
C’est vraiment un beau livre que le Grammont de Gonquet et l’un des bien réussis qu’il ait confectionnés. Je dis run des réussis, parce que, en matière de publications illd.strée.s, toms les éditeur'^ .sont soumis. .a la mémo et dure loi: qu'ils .soient Cu.-ryierou Gonquet, Jouaust ou Launette, Quentin ou Decruix , Société des Amis des Livre-.-^ '..-u Académie des Bibliophiles contemporain, s, ils n>faü’e ohef-d'oîuvre à tout coLq} ; ü faut pxîbiier ncmln*? d« livres pour en, parfaire un qui son appelé. •— et qu’ou î'.,ïsse pr'Cv;,H; d'avance ieijnei , — à émerger da-ns lï'rcéan h;biiOgr£!prii.qi.ie, .4 g.'s.ndir en célébrité et en vak‘tu\ et à survivre' dans leur œuvTC d’éditeurs ; exacUiment comme en littérature, il a fallu à un abbé Pj-évo.st et à un Bernardin de Saint-Pierre accumuler bien de.s volumes pour laisser Manon Lescaut et Paul c; Virginie. Donc , le
LES AFFICHES ILLUSTRÉES. Launette, 1886.
RELIURE DE MARIUS MICHEL
])résent Granimont est un livre réussi, bien d’aplomb : les têtes de page et les culs-de-larnpe de Uelort, gravés par Boisson, sont de véritables vignettes de précision. Ceci donne une idée : quel regret de ne jias avoir Les Trois Mousquetaires avec une centaine d’illustrations de ce genre ! Dire que le bibliophile n’a pas à se mettre sous l’œil une édition propre de ce roman chef-d’œuvre ! Voyons , maître Conquet , un bon mouvement ! Concluez un arrangement avec qui de droit et combinez-nous une édition précieuse des Trois Mousquetaires , tirée à cent exemplaires.
Cent exemplaires ! ce ne sera pas, je le .sais, de quoi contenter toute la .leune-France bibliophile d’aujourd’hui, que Conquet a poussée sur le livre contemporain. Car, d’avoir enrichi le fonds bibliophilique de quelques beaux morceaux, c’est le moindre des services que Conquet a rendus au Livre. Le plus grand, c’est d’avoir créé le courant, formé et maintenu la clientèle du livre illustré du XIX* siècle. C’est grâce à lui qu’est venu s’ajouter un nouveau chapitre à l’histoire de la bibliophilie.
La situation de la librairie de la rue Drouot se confirme avec les années ; cette librairie est de plus en plus un lieu de réunion et comme un cercle pour les bibliophiles. Une tournée quotidienne y est obligatoire. Nulla dies sine . une petite conversation biblio¬
graphique rue Drouot. On y a de l’entrain. (]’est comme un centre d’opérations pour les affaires du XIX* siècle : un pas à faire pour être à la .salle de vente ; deux pas pour atteindre la rue Laffitte, oü se trouve actuellement l’estaiajje originale moderne, chez Dumont et chez Salvator. Cette transplantation du commerce des livres et des estampes de la rive gauche à la rive droite, du quartier du bouquinisme au quartier de la curiosité et du tableau, est très significative.
J'ai nommé, dans Bibliothèque d'un Bibliophile, quelque.s-uns des principaux fidèles de la librairie Conquet : je n’y reviens pas. Mais il s’en faut que ce soit tout. L’amateur de livres modernes est presque légion ; heureu-
sement ! car ce n'est que par une légion que le succès d’une édition peut être assuré. Quand un livre illustré contemporain paraît, de quelque éditeur qu'il soit, la rue Drouot est un des gros facteurs du placement : elle peut caser à elle seule cent cinquante ou deux cents exemplaires de luxe. Cela suppose une petite armée d’amateurs bien disciplinée et sagement conduite.
Mais après avoir parlé de la librairie de Conquet, il faut ajouter un mot de son arrière-librairie, de ce retire où les affaires d’un intérêt particulier se peuvent traiter dans le mystère et le recueillement, de cette petite pièce enfin qui est la bibliothèque du libraire. Car Conquet est bibliophile, d’une façon très spéciale. Estimant que, libraire, il ne lui convient point de rechercher les mêmes livres que ses clients et de leur faire concurrence, il s’est fait une fine bibliothèque d’éditeur; d’abord, avec les livres qui lui sont offerts par ses confrères ou par des écrivains, en exemplaires de choix bien reliés par Cuzin , Marins , Chambolle, ou cartonnés par Champs : j’y relève quelques flatteuses dédicaces, dont celle-ci d’Henry Meilhac :
Pour que notre âme soit en fête,
Pour avoir un lonheur complet,
Que faut-il? . Faire la conquête
D'un livre édité par Conquet!
Puis, naturellement , les livres de sa fabrication; et, — c'est là le plus précieux de cette bibliothèque d’un bibliopole, les recueils formés avec les dessins, croquis, études, épreuves d’essai, épreuves retouchées de toutes les séries d’illustrations exécutées pour Conquet. 11 y a là de futurs grands morceaux pour la bibliophilie du XX® siècle : il n’y a qu’à laisser mûrir. Tout cela propre, frais, brillant, soigné, jeune.
Une seule exception à la règle que le libraire s’est imposée de ne pas marcher dans les plates-bandes de ses clients ; sa série des Béranger. Conquet a pour Béranger une affection particulière, et ajoutons que Béranger a le devoir de la lui rendre : c’est Conquet qui a lancé Béranger bibliophiliquement ; il a casé , en beaux exemplaires des
"^rnont ! car ce n’est que par une q’^Ji' .le succès
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Mais après avoir parlé de la librairie de Gonquet, il faut ajouter un mot de sou arriere-libraL-ie, de ce retiro où les affaires d'un intérêt Mrsu nlici-'a^t. peuvent traiter dans le mystère et le recueillement, de cotit- petîU' pièce > nftn qui est la bibliot'nèque du libraire. Car Gonquet est bibiiophile, d'une façon très spéciale. Estimant que, libraire, il ne lui convient point de reeborcher les mêmes livres que ses clients et de leur faire concurrence, il s'est fait une fine bibliothèque d'éditeur; d’abord, avec les livres qui lui sont offerts par ses confrères ou par des écrivains, en exemplaires de choix bien reliés par Guzin , Marins , Ghambolîe, ou cartonnés par Champs ; j’y relève quelques, flatteuses dédicaces, dont celle-ci d'Henry Meilhac :
Pour que notre âme soit en fête,
Pour avoir un lonheur complet,
Que faut-il Faire la conquête
D'un livre édité par Conquet!
Puis, naturellement , les livres de sa fabrication; et, — c'est là le plus pr-éeic'ix de cetm hdîlicthèquc d'uu bihliopole, les recueils bii-més a'.i<c les de.ssims, croquis, étude.s, épreave.-^ ri’ess.ai , épreuves retouchées de toutes les 5-CT«!.Si d'iliuscr-atious exécutées pour Conquet, H v a là de futurs grands morceau.x ymur la bibîiopniiie du ,X.X'' .siècle : il n'v a qu’à n.dc'ir, ccio propre, frais,
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iinpüKéc f!c ne iias'mareher dans les plates-bandes de ses clients : sa série des Bé'tany&r. Gonquet a pour Béranger une affection particulière, et ajoutons que Béranger a la devoir de la lui rendre ; c'est Coawpret qui a lancé Béranger bibliopiuiiqueraent ; il a casé, en beaux exempbdres des
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