PIÈCES
Ce titre est mis ici pour dé.signer la forme la plus humble
de l’estampe, — par opposition à ses autres formes plus
officielles et solennelles ; l’estampe dans les cadres, l’estampe dans les portefeuilles, l'estampe dans les livres. — L’estampe dans la vie, c’est l’image imprimée qui sert à un usage pratique, qui circule dans toutes les mains, que le public ne songe jamais à considérer au point de vue de la qualité d’art, et que personne enfin n’a l’idée de conserver, à l’exception de quelques collectionneurs prévoyants, qui les recueillent comme amusement en hors d’œuvre. C’est la couverture du prospectus que vous envoie un magasin ; c’est le menu qui marquait votre place au dernier dîner ; c’est le titre de musique ; c’est le programme qu’on vous distribua à la représentation de votre cercle ; c’est une invitation « illustrée » que vous avez reçue ; c’est une affiche que vous avez sauvée de la destruction ; c’est la couverture d’un livre ou d’une revue que vous avez conservée: c’est un gillotage ou une chromotypographie que vous avez cueillis dans quelque publication de Noël, etc., etc.; c’est aussi toute estampe — gravure, eau-forte, lithographie, procédé, — qui n’est pas de nature à entrer dans la collection d’art, mais qui a son intérêt parce que, comme sujet, elle a trait aux mœurs, à la vie du X1X“ siècle. Toutes choses qui pourront piquer la curiosité des amateurs futurs, tout comme les pièces similaires d'autrefois excitent celle des amateurs d’aujourd’hui.
LIVRES
XVIII' SIÈCLE.*'
1. Les Amours de Daphnis et Chloê , 1718, in-8, figures du Régent gravées par Audrau.
Très bon exemplaire en reliure ancienne.
(1) Ma bibliothèque e.st de quatre cents ouvrages (environ mille volumes) formant, par exemplaires generalement exceptionnels, l’histoire suivie de l'art de l'illustration depuis le Daphnis et Chiot; du Régent, — c'est-à-dire depuis le commencement du XVIII® siècle vignettiste, — jusqu’au moment actuel. Ces mille volumes remplissent deux corps de bibliothèques de 2"’50 de haut , à charnières extérieures, et deux plus petites bibliothèques annexes.
J ai cité la dimension de de haut pour les grandes biblio¬
thèques parce qu’elle a une signification. Ce maximum indique que le dernier ra3'on du haut est à la hauteur de 2 mètres, c’est-àdire à la porle'e de la main. Il n’y a donc pas, dans ces bibliothèques, de livres subissant la peine de la relégation à des altitudes où l’on n'est pas tenté de les aller chercher. Il est à remarquer, en effet, que dans les très grands corps de bibliothèques, les livres placés hors de la portée de la main, et qui pour être pris exigent des escabeaux ou échelles, ne sont jamais regardés.
2. Fables de La Motte. Paris, 1719, in-4, figures de Gillot, Coypel, etc.
Exemplaire en grand papier.
Reliure ancienne, veau fauve, tranche dorée.
Livre bien moins célèbre que le Daphnis et Chloé du Régent , et qui n’exige pas à beaucoup près les mêmes sacrifices. Et cependant s’il y a une jouissance certaine pour l’amateur d’estampes, c’est bien de regarder les sémillantes eaux-fortes de Gillot !
3. FIGURES DE DIFFÉRENTS CARACTÈRES, par Watteau. gravées par Bouclier et autres. Iii-fol.
Très bel exemplaire. Voilà encore un recueil fait pour être regardé , et encore regardé ; et qui réjouit toujours l’œil de celui qui dans une bibliothèque cherche l’art du dessin et de la gravure.
4. ŒUVRES DE MOLIÈRE, 1734, 6 vol. grand iii-4, figures de Boucher, vignettes et culs-delaiiipe.
L’un des plus beaux exemplaires connus.
11 est de PREMIÈRE DATE, avec la ianie comteese pour comtesse.
Dans une très fraîche reliure ancienne en maroquin vert, doublée de tabis jaune, dos et plats richement ornés.
Aux armes de la duchesse de Montmorency- Luxembourg ( Anne -Charlotte de Montmorency- Luxembourg , mariée en 1746 à Anne-Léon de Montmorency).
' Ci-joint la reproduction).
Molière pour auteur. Boucher pour illustrateur, — une reliure du temps riche et admirablement conservée, —
2. Fables le Lai Motte> Paris, 1719, in-4, figures (le Gillot, Co}^6l, etc.
Exemplaire en grand papier.
Reliure ancienne, veau fauve, tranche dorée.
Livre bien moins célèbre que le Daphnis et Chloé du Régent, et qui n’exige pas à beaucoup près les mômes sacrifices. Et cependant s’il y a une jouissance certaine pour l’amateur d’estampps, c’est bien de regarder les sémillantes eaux-fortes de Gillot !
3. FIGGPlES de DIFFÉREïsTS caractères, par Watteau, gravées par Boucher et autres, lu-fol.
Très bel exemplaire. Voilà encoi’c un recmvl fetil pour être regardé , et encore regardé ; et qui réjouit toujours î'ceil de celui qui 'dans une bibliothèque cherche l’art du dessin et de la' gravure.