‹ Estampes et livres, 1872-1892Chapitre 48 sur 121 · ŒUVRES DE DE BELLOY, album in · texte numérisé non relu

ŒUVRES DE DE BELLOY, album in

Suite de CINQ DESSINS ORIGINAUX DE COCHIN, à

la .sanguine, in-4. (Frontispice; Zelmire , Le Sià(/e de Calais, Gaston et Bayard, Gabrietle de Veryy). Ces dessins, des plus beaux, proviennent de la collection Morei.-Vindé.

Reliure de Marius Michel.

90. HISTOIRE DE LA MAISON DE BOURBON, par Désormeaux ; 1779-1788. Illustrations de Moreau , Choffard , Boucher ; portraits d’après Fragonard.

Exemplaire contenant la suite complète des vignettes et fleurons en tirage hors texte , épreuves irréprochables choisies sur deux collections. Le frontispice de Boucher, gravé par Saint-Aubin, est accompagné de son eau-forte. Doubles épreuves des portraits.

Reliure de Cuzin ; maroquin rouge doublé de bleu, encadrement intérieur à fleur de lys ; chiffre HB.

Cet exemplaire ne me revient pas à 2.0(X) fr. ! Parce que j'ai acheté les fleurons dans l'heureux temps, dans le temps du catalogue Fontaine de 1H72 ! Autant vaut-il dire qu'on me les a donnés. (.Fen ai même acheté deux suites, pour mieux choisir les épreuves). Toute la dépense a été pour la reliure. Depuis, l'on a vu l’exemplaire Paillet vendu fî.500 fr., et il n'était pas en reliure doublée. Et après la vente Hamilton, les fleurons seuls, dans un album en reliure ancienne ayant appartenu à Beckford, (cet Anglais dont Saint-Aubin nous a laissé le [lortrait), ont été vendus plus de 6.000 fr. !

91. Contes de La Fontaine, édition Caziii, 1780, 2 vol. in-18, figures de Desrais.

Rei.iure ancienne en maroquin rouge, tranche dorée. (Ce petit livre est très rare en maroquin ).

92. CONTES DE LA FONTAINE , manuscrit de la fin du XVIIP siècle, en deux vol. gd. in-4, à l’encre noire et rouge, gloinisage vert, illustré de culs-de-lampe dessinés qui reproduisent des compositions de Choffard, et contenant CINQUANTE-SEPT DESSINS ORIGINAUX DE FRAGONARD. — Exécuté vers 1780, probablement pour Bergeret, fermier général.

La reliure est de Derome, en maroquin rouge, grecque et encadrement sur les plats, dos orné ; doublée de tabis.

« La voilà donc, cette femme dont l'amour m'a été promis par la déesse ! »

MEII.DAC ET HALÉVT.

Le voilà donc , ce livre dont la possession m'était réservée par la providence des Bibliophiles ! C’est le plus gros morceau que j’aie encore vu passer dans ma carrière : comme prix , — et ce qui est autrement intéressant, comme valeur d’art. C’est aussi le livre dont il a été le plus parlé entre bibliophiles, et celui dont les dessins ont été le plus souvent reproduits. Il me rappelle enfin ma plus violente émotion et mon plus gros effort de collectionneur, et aussi la plus considérable, la plus audacieuse et la plus brillante opération de librairie qui ait jamais été menée sur les livres à figures.

Il pourrait aussi rappeler une des plus grosses erreurs d’indication bibliographique. Un de mes prédécesseurs dans la possession du livre, M. Feuillet de Couches, écrivit de sa plus belle main sur la garde du premier volume la mention que le manuscrit était de Monchaussé, avec cul.s-de-lampe par de Marolles; que le livre, fait pour Gaignat, avait été acquis en 1769 par le duc de Choiseul, moyennant 10,000 livres ; qu’il avait ensuite appartenu à Pàris de Montmartel, etc. Or, Feuillet de Couches a pris ici un livre pour un autre et confondu le présent

manuscrit des Contes avec un second manuscrit en deux volumes in-4 dont il est parlé dans la Correspondance de Grimm de juillet 1768 et qu'on suit à la trace dans les bibliothèques de Gaignat, du duc de Choiseul, de Pâris d'Illens, du prince Galit/ûn, de La Bédoyère, de Hankey.

Rétablissons la vérité. Les dessins de Fragonard ont été exécutés vers 1780, pour Bergeret, pendant le voyage que l’artiste fit en Italie avec ce fermier général. (Voir le livre du baron Roger Portalis sur Fragonard). Frago jeta d’abord ses idées sur le papier en de prompts et intéressants croquis à la mine de plomb; (une série de ces croquis a figuré dans la vente Walferdin). Puis il fit un décalque par frottis , un report de ces croquis sur d’autres feuilles où ils vinrent en contre-partie ; c’est sur ces contre-i)arties qu’il exécuta ses éblouissants dessins à la sépia. On peut facilement voir, sous le lavis, les traces du report au crayon. Ce fut Bergeret, vraisemblablement, qui eut l’heureuse idée de faire calligraphier, pour renfermer les cinquante-sept dessins qu’il possédait, un beau manuscrit orné de culs-de-lampe imités de Choffard, et de le faire relier. Il se trouva ainsi avoir créé, pour sa joie et celle des bibliojihiles de l’avenir, un livre extraonlinaire. Après Bergeret, on perd de vue l’ouvrage, pendant soixante ans, pour le retrouver ensuite dans les colleclections Feuillet de Conçues, Portalis et Paillet,

Voilà l’erreur de description réparée. Elle était d’ailleurs pour faire frémir toute la corporation des bibliographes, hommes doctes qui ne plaisantent pas et que scandalisent le manque de science des bibliophiles et la désinvolture avec laquelle ceu.x-ci décrivent le livre. Bibliophiles et bibliographes diffèrent, en efiet, du tout au tout, et conformément aux étymologies de leurs noms. Le biblio/j/M'Ze aime ; il ne connaît bien que l’objet spécial de sa passion, et le dépeint avec plus de feu et de couleur que de minutie. Le biblio^ra;i/ie enregistre; c’est un scrilie indifférent, un de ces employés de mairie qui manient la toise et rédigent des signalements : date de naissance ,

taille, etc.; sans souci de ce qui est beau et laid, avec le calme d'uu non-combattant qui ne monte jamais à l’assaut d'un livre et n'a pas à payer pour son compte. Le fait du bibliophile, c’est le livre; le fait du bibliographe, ce n’est que la fiche. Mais le bibliographe a la fiche horriblement sérieuse et convaincue; il n’admet pas qu’on badine avec elle, et exige que la bibliographie soit traitée, — comme la jiharmacie, — secundum artem. Sinon il vous regarde de haut en bas. Le bibliophile rit de ces dédains ; il se rap]>elleles méi)risdes bibliographes entre eux , etQuérard, dans un accès de jalousie, refusant à Brunet l’épithète de bibliographe et l’appelant avec un mépris rageur : « ce BiBLiOGNOSTE ! » Injure à laVadius, que désormais les bibliophiles auront le droit d’employer vis-à-vis du bibliographe qui se perrnetti’ait à leur égard des airs imjiortants et scientifiques. « Allez ! bibliognoste ! ! »

Revenons à nos Contes et à leur valeur d’art. Revenons-

y pour dire que nous n’en dirons rien. Il en a été

parlé assez dans le monde de la curiosité! Prenons garde au côté faible du métier de collectionneur qui est de redire perpétuellement la même chose. Songez que le nombre des objets célèbres n’est pas illimité, et que celui des curieux est limité : pour ne nommer personne, désignons ceux-ci par les lettres A, B, G, L), E, F, G, etc. Songez maintenant que chaque lundi. B, G,D,E, F, G se réunissent chez A, et que l’on cause du meuble d’Edmond, de l’épée d’Edouard, du manuscrit d’Eugène, de l’émail d’isaac, de la tapisserie d’Anatole. Ghaque mardi. A, G, D, E, F, G se réunissent chez B, et l’on cause delà tapisserie d’Anatole, de l’émail d’isaac, du manuscrit d’Eugène, de l’épée d'Edouard, du meuble d’Edmond. Ghaque mercredi. A, B, D, E, F, G se réunissent chez. G, et ainsi de suite: chaque jeudi réunion chez D, chaque vendredi chez E, chaque samedi chez F, chaque dimanche chez G, et l’on cause du manuscrit d’Eugène, de l’épée d’Edouard, du meuble d’Edmond, de la tapisserie d’Anatole, de l’émail d’isaac. Défalcation faite des jours de

congé ou de maladie, on arrive, au bout de vingt ans de collectionnisme, à avoir causé six mille fois de la fameuse tapisserie, du remarquable meuble, de la célèbre épée , de l’incomparable manuscrit et de l’illustre émail. Les bibliophiles, il est vrai, font généralement bande à part et sont peu mêlés aux curieux proprement dits, mais les occasions de se répéter ne leur manquent point; ils en ont même une spéciale: le pèlerinage quotidien que chacun exécute dans les librairies, — qui chez Porquet, qui chez Morgand, qui chez Conquet, qui chez tous les trois.... Et voilà pourquoi il vaut mieux aujourd’hui être muet sur les Contes.

D’ailleurs nous avons conduit (dans Bibliothèque d'un Bibliophile) l’histoire de ce livre jusqu’à son avant-dernier chajiitre : l’entrée dans la bibliothèque Paillet moyennant un de ces échanges habilement combinés dont les amateurs sages ont le secret, — et la publication des fac-similé des dessins de Fragonard exécutés tant bien que mal par hlartial; publication dont l’étonnant résultat fut qu’en fin de compte notre bibliophile eut le manuscrit des Contes pour rien, et même avec un bénéfice ])ar dessus le marché! Aujourd’hui il faut ajouter le dernier chapitre : la sortie de la bibliothèque Paillet. C’est là que se place ma plus grosse émotion de collectionneur : quelle surprise le soir où, comme nous sortions tous deux du passage des Panoramas, Paillet me déclara à bout portant, devant le café Véron, qu’il avait vendu sa bibliothèque à Morgand ! A cette nouvelle, que j’étais à mille lieues de soupçonner possible, je reçus comme un coup de foudre. Je traversai la rue Vivienne tout étourdi. Devant Goupil , nous nous arrêtâmes, et nous nous mîmes à causer de l’affaire, l’œil dans l’œil, les questions et réponses se précipitant du tac au tac : — Combien avez-vous coté Y Ovide l — Tant. — Diable! Et le La Borde'^ — Tant. — Fichtre! Et les Baisersl — Tant. — Tudieu! Et les Fables de Doratl — Tant. — Oh ! Et les Petits Conteurs^. — Tant. — Oh la! Et le Pygmalioni — Tant. — Oh la! Oh la!... Sous cette fantasmagorie de chiffres j’avais perdu la respiration:

je la retrouvai devant Frascati. Enfin comme un collectionneur, même foudroyé, doit toujours conserver son sang-froid, j’étais parfaitement remis à l'angle de la rue de Richelieu, et mon plan était combiné. J'invoquai une course urgente à faire et nous nous quittâmes. Je courus immédiatement chez Morgand et séance tenante je jetai les bases des acquisitions considérables qui complétèrent ma bibliothèque, et qui ont maintenu sous mes yeux des livres que depuis des années j’aimais comme les miens propres, à commencer parles Contes. C’est avec un fort tremblement que je demandai à Morgand le prix du manuscrit aux dessins de Fragonard. « Monsieur, • — me ré])ondit-il , — c’est vous-même qui l'avez fixé. Dans votre catalogue de la bibliothèque Paillet vous avez dit: Ce livre coûte au bibliophile cinq mille francs de bénéfice... il est vrai qu'il en vaut cinquante ! — ce sera cinquante!» 11 fallut s’exécuter. Eh bien! ce jour-là, Morgand fut modéré dans sa demande. Queli|ues jours après, il m'offrait vingt mille francs de bénéfice pour lui abandonner le livre! C’est que le succès de la grande opération que le brillant libraire avait osé entreprendre, succès dont il pouvait douter le premier jour, devenait, — grâce à la plus prudente, habile et résolue tactique, — certain, éclatant. Le placement des sept cent mille francs Ae livres provenant de la collection Paillet était assuré ju.squ’au bout! Les amateurs, électrisés, fascinés, s’arrachaient les morceaux de la célèbre bibliothèque, aucun prix ne les arrêtait ou ne les étonnait, ils s'administraient des comptes à mériter un conseil judiciaire! — Vrai! ce fut pour la bibliophilie un incomparable moment. (*)

Pour les Contes de La Fontaine avec gravures d’après les dessins de Fragonard, voyez plus loin n» 1.S8.

(1) Encore tout chaud de l’action , nous avons consacré une longue note à la vente Paillet dans Les Graveurs du XIXe Siècle, en 1887. Nous n'avons donc pas besoin d’insister ici ; toujours pour la même raison : un collectionneur doit éviter de se répéter.

92. L’HEPTAMÉRON , Nouvelles de Marguerite de Navarre ; Berne, 1780, 3 vol. in-8 ; illustrations de Freudeberg et Dunker.

Figures avant les numéros.

Reliure de Courteval (vers 1800?) en maroquin rouge, dos et plats ornés de pointillé à la Bozérian ; doublée de tabis, dorure intérieure.

93. Préjugés Milit.4ires, par un officier autrichien (le prince de Ligne) , 1780 , 2 parties en un vol. in-8; illustrations de Choffard.

Fleurons hors texte. — Cartonné.

94. DESCRIPTION DES PIERRES GRAVÉES DU DUC D’ORLÉANS, par La Chau et Le Blond, 1780, 2 vol. in-foL, illustrations par Augustin de Saint-Aubin.

C’est le magnifique exemplaire de la collection Beckford,

sur PAPIER SPÉCIAL.

Dans une reliure de Derome, en maroquin rouge, encadrement sur les plats, doublée de tabis.

Cet exemplaire a une histoire, exposée dans une note manuscrite de Le Blond et datée du 14 avril 1793, placée en tète du premier volume. Le Blond raconte qu’il a voulu avoir un exemplaire exceptionnel comme beauté d’épreuves ; qu’il a choisi pour cela un papier spécial, très beau et moelleux, dont il a fini par trouver quatre ou cinq rames après avoir cherché dans les différents magasins ; qu'il portait les planches une par une chez l'imprimeur, faisait tirer sous ses yeux, et remportait les planches : encore même se servait-il de deux imprimeurs, pour éviter les infidélités. Le Blond ajoute encore entre autres choses, que, page 261 de son exemplaire, l’ardeur du faune pour

la nymplie est beaucoup pjlus prononcée que dans les exemplaires ordinaires. (Four louer son livre, un bibliophile fait arme de tout ! )

95. Description historique de Paris et de ses plus beaux Monuments, par F. -N. Martinet, 1779-81, 3 vol. in-4, avec figures.

Cartonné.

96. Histoire des Etablissements des Européens DANS LES DEUX Indes , par Rajnal, 1780-1781, figures de Moreau , portrait par Cochin.

Album cartonné des figures de l’édition in-4, et de celles de l’édition in-8, avec leurs eaux-fortes.

97. DON QUIXOTE , compuesto por Miguel de Cervantes; Madrid, Ibarra, 1780, 4vol. gd. in-4, illustrations par divers.

Exemplaire en reliure ancienne, maroquin rouge, dos orné, doublée de tabis bleu.

Sur la garde, la mention Collationné complet, J. J. de Bure , et une dédicace en espagnol portant que l’exemplaire a été choisi sur huit exemplaires de choix pour M"'« de Bure : Lo escogio entre oclio ejemplares escogidos y lo prese^ito a Madame de Bure. Eugenio Isquierdo.

98. ŒUVRES DE MÉTASTASE. Paris, 1780-82, 12 vol. in-4 , figures de Moreau , Cochin , Cypriani , Martini.

Exemplaire en grand papier; double suite des figures avec et avant la lettre.

Reliure ancienne en maroquin rouge, dos orné.

Dire qu'il y a quelques années, l’acharnement de deux amateurs fit monter un exemplaire semblable à quatorze mille francs! En 1889, un autre, dans une vente obscure, est resté à quinze cents.

Il y a deux manières d’acheter les livres:

De la main à la main, chez son libraire, à tète reposée. Pour moi c’est la bonne.

Ou bien en vente publique : celle-là m’a toujours paru terrible. Longue incertitude sur le résultat final, cruelle attente , danger de voir surgir au dernier moment un concurrent invincible, perte fatale de son sang-froid à l’instant suprême, toutes choses peu régalantes.

Il est pourtant des cas où il devient indispensable d’affronter la vente publique: alors un bibliophile diplomate ne mène la campagne qu’après avoir conclu un traité d’alliance avec les libraires, quelquefois même avec certains rivaux; il fait le siège du livre désiré avec de véritables calculs d’ingénieur, il opère souterrainement et sans se montrer, conduisant ses sapes et ses parallèles pour approcher sans être vu et emporter la place avec les moindres pertes. Ce genre de combat est très favorable: s’il réussit le bibliophile en a tout le profit et tout l’honneur, et en cas d’échec il ne subit pas l’ennui d’une défaite personnelle. Mais il y a aussi un autre bibliophile, batailleur, aimant la lutte au grand jour, et le bruit des enchères. Il attaque le livre à visage découvert et l’aborde de front: si cela se pouvait, il entrerait dedans à cheval, comme les cuirassiers dans les redoutes de la Moskowa. Il pousse, il va, il est fier du murmure du public répétant son nom. Il mène à quinze mille francs, quelquefois plus, jamais moins, des livres qu’il aurait pour cinq mille dans le passage ; il aime à être écorché vif. (Le bibliophile prudent préfère attendre). Encore les manque-t-il souvent... Non, décidément, ce n’est pas la bonne manière d’acheter. C’est ainsi qu’on jiaie un Métastase quatorze mille. Certes,

un liibliopliile ne doit pas être uniquement guidé dans chacun de ses achats par la question du bénéfice possible : le système a toujours donné de médiocres résultats pour la perfection d'une bibliothèque. Mais il lui est permis, et même ordonné de se conduire en homme sensé , et de chercher à éviter l’achat d’un livre au moment où le prix dudit livre est dans la période de paroxysme...

Car chaque livre, comme chaque objet de curiosité, passe généralement, au point de vue de la valeur, par quatre périodes successives; le calme, — la hausse, — le surmenage, — la retombée. Exemples: les Restif de la Bretonne ont été calmes, en hausse, surmenés et en retombée. — Le Pastissier François a atteint une fois une cote de surmenage qu’il n’a plus retrouvée. — Les eauxfortes des estampes de l’école française du X’Vlll® ont été d’abord dédaignées , puis recherchées , puis inabordables, maintenant elles ont carrément baissé de moitié sur les prix excessifs de la vente Béhague. — Les estampes en couleurs, au contraire, sont en plein dans le grand surmenage ; il n’y a qu’à attendre la retombée. — Les reliures de Trautz ont été surchauffées au-delà de toute expres.sion: aujourd’hui elles sont revenues au raisonnable. Et ainsi de suite. Avec cinquante mille francs, pas plus, de certains livres achetés aux ventes de Renouard et La Bédoyère, il y aurait eu un million à gagner au bout de trente ans. Sur une bibliothèque d’un million formée de livres acquis chacun pendant la période de surmenage, il y a six cent mille francs à perdre ! La vérité pour le collectionneur est dans un mélange de folie et de sagesse, d’emportement et de retenue, dans un insenséisme rationnel, comme disait Nestor Roqueplan.

99. Les Aventures de Têlèm.4.que (les six premiers livres seulement) , texte gravé par Drouet , 1781 , in-4, illustrations de Cochin, Eisen, Moreau. Reliure ancienne en maroquin rouge.

100. COLOMB DANS LES FERS, par de Langeac. Jombert , 1782 , in-8 , figures de Marillier.

Frontispice avant la lettre , fleuron et cul-de-lampe TIRÉS HORS TEXTE.

Les trois illustrations ont leurs eaux-fortes.

Reliure de A. Guzin, maroquin tête de nègre, doublé de citron ; double encadrement intérieur. Chiffre HB.

Exemplaire probablement unique dans cette condition. Plus d'un amateur aurait pu autrefois en faire un semblable; mais on n’y pensait pas.

On ne saurait croire combien il est difficile de trouver des textes brochés. Pour celui-ci, j’ai attendu plusieurs années: enfin il s’en est rencontré un, et — ce qui est fort à propos pour un Colomb, — il m’est venu d’Amérique: après une vente publique à New-York.

101. La Tentation de saint Antoine. — Le Pot- Pourri DE Loth, 1782, in-8*, figures de Borel.

Reliure ancienne, maroquin citron, dos et plats ornés.

102. MONUMENT DU COSTUME, 1775-1777- 1783 ; trois parties iii-fol. , estampes de Freudeberg et Moreau.

Exemplaire que l’on peut appeler « en compte courant » ou « en confection continue ». C’est le couteau de Jeannot. 11 a été renouvelé déjà plusieurs fois depuis 1872 ou j’achetai mes premières planches A. P. D. R.

Tout comme le bonheur parfait, le Monument du Costume idéal n’est, hélas !, pas de ce monde. 11 le faudrait non seulement avant la lettre, mais avec les eaux-fortes, et propre !

Deux exemplaires avant la lettre sont célèbres, et d’un prix énorme ! Et cependant une note insérée par Paillet dans le guide Cohen qualifie l’exemplaire Béhague

(17.500 fr.) de « rogné d’une manière excessive ». Mais vous-même, Paillet, si j’ai bonne mémoire, n’aviez-vous pas, dans votre précieux exemplaire (40.000 fr. ), la première suite avant la lettre de Moreau « réemmargée » ?

On serait tenté de garder les estampes du Costume en portefeuille pour les conserver vierges et fraîches. — « Ce n’est pas un livre ! » crient alors les bibliophiles.

Les placer dans les textes , les rogner et les mettre en presse. — « Ce n’est plus la belle épreuve ! », clament les iconopliiles.

Je suis perplexe ! , disait Montrouge François les Bas -Bleus.

Je délibère!., chantait Maugé dans Joséphine vendue par ses sœurs.

103. ŒUVRES DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU, édition Cazin (vers 1783), 17 vol. in-12, figures de Marinier.

Grand papier, figures avant la lettre.

Reliure ancienne en maroquin vert , filets, dos orné. — Exemplaire de Tinan et Paillet.

104. LA GERUSALEMME LIEERATA , du Tasse; iinpriiuerie de Monsieur, 1784, 2 vol. gd. in-4, figures de Cochin.

Exemplaire contenant les figures en double suite avec et avant la lettre.

En tète , la liste des souscripteurs, au nombre de cent cinquante. L’ouvrage a dû être tiré, non pas comme le dit Cohen, à 200 exemplaires avec figures avant la lettre, mais à 200 exemplaires en tout.

Dans une très fraîche reliure de Bozérian , en maroquin rouge, doublée de tabis. Le relieur a évidemment voulu faire ici étalage de toutes ses ressources décoratives : il a

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t-oPîefeiiiÜe i^i-’ar ios eoüi«on«p viergOH et fraîches, — « Ce 'i'ôst pas ua livi-e l » crient alors hjs bihliopliiies.

Les placer dans les textes, i-:r r.-k'i:ï.’r et les mettre en presse. — « Ce h 'rst plus la àj ;.ur.' 1 clament les i.cono; 'hiles.

Je SUIS perple-^fi ’.ï^ii .Mcr ;.rî>ov:e ds:!.-- François les

Bus-SJeas..

Je (féhùcr^ ’, çriàriisn Mao^c L.ï4vj.«f:c venâ-^ ■par ses sù-urr.

103. ŒUVRES DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU,, édition Gazin (vers 1783), 17 vol. iii-12, %ures (le Marülier.

Grand papier , figures av^vnt la i^ttre.

Reliure ancienne en maroquin vert , filets, dos orné. — E.Nempîoir‘C de Tin.î.n «f P.iu.îait.

104. LA AERUSALEMME LIBERAÏA, du Tasse; imprimerie de Monsieur, 1784 , 2 Ami. gd. in-l, fîguî'es de Gochin. •

Exemplaire contenant les figures en double suite avec et AVANX la lettre.

En. tête, la liste d-es sou.scripteurs, au nombre de cent cinquante. L’ouvr.ap-o a. <iù être tiré, non pas comme le dit Cohen, à 200 exenipiau'cs avec figures avant la lettre, mais à 200 exempl.^ires en tout.

Dar.s une très fraîche reliure do Bozériaî. . en maroquin rouge, doublée de tabis. Lerrelieuj- a é’n:p.,iii£,K!nt voulo faire ici étalage de toutes ses ressour-Ge.s <iécoj-atiVes: il a

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