‹ Estampes et livres, 1872-1892Chapitre 68 sur 121 · LA NAISSANCE D'UN COMTE DE CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

LA NAISSANCE D'UN COMTE DE CHAMPAGNE

REI.IURF DE BAUZONNET-PURGOLD

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187. Thibaut , ou la naissance d’un comte de Champagne, poème. Paris, Lenormant, 1811, in-12. Portrait ajouté du roi de Rome.

L’exemplaire vaut par une élégante reliure de Bauzonnet- PuRGOLD, en maroquin citron, à grains longs; encadrement sur les plats, dos plat orné. (Reproduction ci-jointe.)

188. Les petits Acteurs du Gr.ajv^d Théâtre, ou Recueil de divers cris de Paris, 60 planches par Joly. Chez Martinet, vers 1811, gd. in-8.

üemi-reliure du temps, maroquin rouge non rogné.

189. ŒUVRES DU COMTE ANTOINE HAMIL- TON. — Renouard, 1812, 3 vol. in-8, figures de Moreau.

Papier vélin.

Les figures de Moreau sont avant la lettre , avec leurs EAITX-FORTES.

Trois figures de Marillier tirées du Cabinet des Fées, avec et avant les numéros.

Demi-reliure de Thouvenin, en maroquin orange, à dos plat orné. Non rogné.

Sur le célèbre Thouvenin, qui mourut en 1883, il faut lire la notice nécrologique écrite par .Jules Janin. Rien de plus amusant que cette oraison funèbre : en ce sens que c'est plaisir de voir le « bon Janin » se débattre dans un sujet que sa réputation de bibliophile lui fait une obligation de traiter, mais auquel il est visible qu’il ne connaît rien. Pas un trait caractéristique; pas un mot topique sur Thouvenin; rien que des banalités et des lieux communs : Thouvenin avait fait un art de la reliure . Les biblio¬

philes riches ou pauvres , mais égaux , jetaient un regard d'envie sur les richesses de ses reliures : que de soupirs à demi-étouffés ! que de larmes silencieuses et secrètes !.. . Thouvenin avait pris les livres dans une pa.mon si grande

quelle semblait inex'plîcahle au premier abord (??). Pour Thouvenin un beau livre broché était comme une belle femme pauvre et couverte de haillons (!). Laissez passer la pauvre femme : le vulgaire la voit passer sans la voir ; mais le jeune homme, au vif et pénétrant regard, devine la belle femme sous les haillons {!). Il la voit déjà parée et riche, il la pare à l'avance de blanches dentelles et de rubans (!). Ainsi faisait Thouvenin pour les livres....'.

A y regarder de près, ce galimatias extraordinaire, cette reliure-belle-femme et ce haillon-brochure expriment ce fait : — que Thouvenin exerçant le métier de relieur n'avait qu'un désir : relier. C’est bien naturel !

Janin , pour étonner et remuer son public , va l’initier

aux choses mystérieuses que fai.sait Thouvenin . Et il

nous apprend que ce relieur se tenait dans son atelier, — qu’il y recevait les clients , — qu’il collationnait les volumes, — qu’il leur faisait les réparations nécessaires, les séchant à l’air en été et dans l’atelier l’hiver ; — qu’il les couvrait en prenant pour les ouvrages sérieux les couleurs classiques et pour les livres légers les couleurs de fantaisie ; — qu’il les mettait en presse, — qu’il surveillait ses ouvriers.... etc.

Mais, — dira-t-on, — c’est exactement comme tous les relieurs possibles et imaginables! En effet, mais il faut voir le procédé, le truc de Janin pour masquer ces banalités dans les phrases à soupirs et dans les pleurs artificiels. Émotion factice, vibration continue, accent de mélodrame. Voici Thouvenin ayant dans les mains un solennel volume non rogné, et « ne se possédant plus ». Lisez, avec un trémolo dans la voix :

« Il s' enferme , il le passe en revue feuille à feuille; il » lave les feuilles ; il répare les moindres avaries ; il fait » sécher, av beau soleil, en été, a la flamme de son foyeb » en hiver. Il choisit son plus beau morceau de maroquin » ou de vélin. Il avait des couleurs pour toutes lesépoques; » à la savante antiquité le veau fauve, à la science reli- » qieuse le maroquin violet, aux petits livres du xviii^ » siècle le veau rose. Quant aux livres du xix^, 2'hou-

» VENIN LES MÉPRISAIT PROFONDÉMENT {*). VoUS entrez {àOEiS » l’atelier, cour du passage Dauphine), après avoir jeté » un coup d'œil sur une immense presse de la force de » QUARANTE CHEVAUX SOUS laquelle Thouvenin aplatissait » ses livres et leur donnait la consistance d'une feuille de » carton (^)... A peine entré, une délicieuse odeur de cuir » de Russie vous montait à la tête et au cœur. Une » multitude d'ouvriers (3) se livraient en silence et dans » un recueillement presque religieux , aux diverses pré- » parations exigées par ce maître avant qu'il consentit à

» mettre la dernière main à un volume . Cependant

» dans un cabinet reculé et loin de tout profane , Thouve- » nin travaillait.... quelquefois il sortait {\\) et il allait » tout de suite au devant de celui qui avait la plus belle » bibliothèque : il distribuait les honneurs par rang de » bibliothèque. Il accomplissait un sacerdoce !.... » (^).

Enfin, pour finir, la rengaine suprême : « Cependant il » est mort , le grand artiste ! Il n'est plus ! L'Art de la » reliure redevient un métier. Les vieux livres perdent » leur protecteur le plus puissant! Les vieilles renommées » retombent , comme Eurydice, dans leurs ténèbres pro- » fondes. Thouvenin les a regardées pour la dernière » fois! » C’est entendu : Thouvenin mort, on ne reliera plus. Nous n’aurons plus jamais de relieurs : ni Simier, ni Bauzonnet, ni Trautz, ni Guzin....!

(^) Notez que Janin n'en sait rien. Mais il prête cette opinion à Thouvenin parce qu il croit que cela fera bien.

(2) Sacrebleu! (si j’ose m’exprimer ainsi) , les pauvres livres! Mais non , Thouvenin ne les massacrait pas de la sorte !

(^) Multitude est hyperbolique et invraisemblable. Thouvenin avait quelques ouvriers. Il n’y a de multitude que dans les ateliers où on fait de la reliure commerciale.

(i') Thouvenin n’était peut-être pas sans quelque solennité : c’est lui qui écrivait à un amateur, en lui annonçant l'achèvement d’une reliure : « elle unit la solidité d'une pyramide d'éüypte au FINI d'une montre DE BRÉGUET . »

190. Udes d’Anacréon , traduction de J. -B. de Saint- Victor. Nicolle, 1813, in-12, figures de Girodet gravées par Girard et.

Reliure de Simier, en maroquin citron, dos et plats ornés à la Bozérian, doublée de tabis.

191. Le Mérite des Femmes, par Legouvé. Renouard , 1813 , in-12.

Exemplaire de Renouaed, en papier vélin.

Les trois figures de Moreau et Guérin sont avant la LETTRE, avec leurs eaux-kortes. La petite figure de Moreau gravée par Bosq est également avant la lettre avec son eau-forte.

192. ŒUVRES DE MOLIÈRE. Suite des figures de Moreau publiée par Renouard en 1813.

Epreuves avant la lettre et eaux-fortes, (doubles états pour L'/luare , La Princesse d’Elide, Amphytrion) tirées gd. in-4. Portrait par Saint-Aubin en triple état, etc.

Album en demi-reliure par Gapé.

De la bibliothèque Emmanuel Martin.

193. ŒUVRES DE LA FONTAINE. Lefèvre, 1814, 6 vol. gd. in-8, figures de Moreau.

Grand papier vélin.

Figures avant la lettre et eaux-fortes.

Dans une reliure de Simier remarquablement fraîche, en maroquin rouge, dos et plats ornés à la Bozérian.

194. Paul et Virginie. Deterville, 1816, in-18, figures de Moreau et Desenne.

Papier vélin. Figures avant la lettre.

Reliure de Simier, en maroquin rouge, dos et plats ornés à la Bozérian, doublée de tabis.

195. Le Cirque Olympique. Paris, 1817, in-12, figures de Dugoure.

Relié sur brochure par Chambolle, maroquin fauve DOUBLÉ de bleu, filets, grecque intérieure, chiffre IIB.

Ce petit répertoire des exercices du cirque Franconi est rare et intéressant.

196. ŒUVRES DE CORNEILLE. Renouard , 1817, 12 vol. in-8 , figures de Moreau.

Exemplaire de Renouard, contenant :

La suite des figures de Gravelot pour l'édition de Genève 1764, en premières épreuves.

Une précieuse réunion d’E.AUx-FORXES de ces figures de Gravelot (dont toutes celles des comédies).

Les figures de Moreau avant la lettre sur jiapier vergé , et également avant la lettre , sur papier de Chine vol.vnt ; — et leurs eaux-eortes sur chine.

Dans son ancienne demi-reliure. Non rogné.

197. Œuvres de Crêbillon. Renouard , 1818 , 2 vol. gd. in-8, figures de Moreau.

Gr.and papier vélin.

Figures avant la lettre et eaux-fortes.

Demi-reliure de Thouvenin. Non rogné.

198. ANTIGONE, par Ballanche. Didot , 1819, in-8, figures de Bouillon.

Exemplaire de Renouard, en peau de vélin, avec les SIX DESSINS ORIGINAUX DE BOUILLON. (Bon spécimen de style pompier. INlais en 1819, c'était du « dernier bateau » ).

Reliure de Simier, étui par Larrivière. (Toute la lyre !)

199. INCROYABLES ET MERVEILLEUSES de 1814 à 1820, suite de 34 pl. d’Horace Vernet et Lanté, gravées par Gatine. Album in-4.

Reliure de Mabius Michel, maroquin rouge.

200. LE BON GENRE, recueil de 115 estampes de mœurs. In-4 oblong.

Exemplaire de premier tirage , c’est-à-dire formé avec les épreuves volantes datant de la publication d’origine , la plupart sont sur papier vergé. Toutes sont de la plus grande pureté, et à toutes marges, fixées dans un album cartonné par Cuzin.

(Le deuxième tirage du Bon Genre est avec un texte daté de 1822 et forme un vol. in-4 en largeur. Le troisième tirage est avec texte de 1827, un vol. in-4 en hauteur).

Le Bon Genre est de la caricature distinguée, voici maintenant, par contraste, la caricature vulgaire :

201. LE MUSÉE GROTESQUE, coUection de 64 planches faites pour instruire les générations présentes et futures par G. de Cari, gravées par Maleuvre. Martinet, vers 1817 et suiv., in-4.

Recueil complet, à toutes marges, (très rare) et comprenant le titre orné d’une vignette. En un album. Cartonné.

Très curieux spécimen de la caricature gravée., qui sera bientôt remplacée par la caricature lithographiée.

202. Galerie Dramatique, portraits en pied d’acteurs et d’actrices de 1796 à 1843. Chez Martinet. In-8.

Choix de trois cents portraits pris parmi ceux des acteurs les plus connus : en deux volumes reliés.

203. Le Costume Parisien (planches du Journal des Dames de La Mésangère), 1797-1838. In-8.

Choix de trois cents costumes les plus typiques : en deux volumes reliés.

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