‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 47 sur 276 · Guebr · texte numérisé non relu

Guebr

larges et amples; leur teste est entourée de mille nippes colorées de telle forme et figure qu’il n’y a que la peinture ou l’œil qui puisse la cognoistre et l'exprimer. La couleur de ces Guèbres est bazanée, brune, moïenne entre le blanc et le noir. Ils ont des temples là où ils gardent du feu, jour et nuict, avec grande vénération, et dans leurs maisons encor ils font de mesme. Interrogés s’ils le tiennent pour leur Dieu, ils respondent que non, mais bien pour le plus noble et profitable de tous les éléments, et ils luy portent encor ce respect à raison qu’il n’osa et ne voulut pas brusler leur prophète Abraham lorsque Nemrout voulut le faire mourir de ce supplice. Les Mores persans ont encore cette mesme tradition que Nemrout commanda à toutes ses provinces d’envoyer des bois pour le brusler, à quoy ils obéirent. Ils le mirent sur le haut du buscher, puis taschèrent d’y mettre le feu, lequel ne voulant point prendre, s’esteignoit tousiours; de quoy Nemrout estonné consulta ses devins, qui luy dirent que Lange (Gabriel), estoit là dessus avec Abraham,

£'^ra/ih?z^quileprotégeoit. Il s’enquit comment l’on pourroit le faire sortir de là. Ils respondirent n’y avoir point d’autre moïen, alage^, que faire commettre un crime énorme en sa présence et que, ne le pouvant souffrir, il quitteroit la partie. On amena pour ce subject un frère et une sœur, le frère s’appeloit Kaü et la sœur Li. On leur commanda de se cognoistre, (jemea'% en présence de ce buscher et de l’ange, ferichté'\ L’ange, à cet aspect exécrable, perdit patience et prit la fuite, mais Dieu, par un autre moïen, sauva le pauvre Ebrahim qui estoit pour estre faictcAc/??V/®(martir), pour avoir presché et soustenu l’unité.

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