SCENE VIII
ASSUÉRUS
Que veut Asaph ?
ASAPH
Seigneur, le traître est expiré, 1 190
Par le peuple en fureur à moitié déchiré. On traîne, on va donner en spectacle funeste De son corps tout sanglant le misérable reste.
MARDOCHÉE
Roi, qu'à jamais le Ciel prenne soin de vos jours.
Le péril des Juifs presse, et veut un prompt secours. 1195
Oui, je t'entends. Allons par des ordres contraires Révoquer d'un méchant les ordres sanguinaires.
1190. Est expiré, avec l'auxiliaire être, 1195. Le reste n'est pas mis pour: les
marque l'état, et correspond exacte- restes. Le mot n'a pas en Lui-même 1<-
ment à est mort. sens de cadavre, puisqu'il est déter-
,. , , . . ïw-.,. ... -, miné par de son corps. Le singulier
1102. En spectacle funeste. DOhvet tait ., * ,. ... flm«i«™«« „<.£..-,<.
, J i j • aurait pu d ailleurs s employer même
observer que. dans des expressions . „,. ,, «jii./D-™,,i « ,1
„ m „ 1 . , v A dansce sens.Ct.(.orneille(Pon(prt. \ . 11.
comme donner en spectacle, regarder en
pitié, on ne doit point ajouter d'adjectif Reste du ?n'n,i Pompée, i outez sa moitié.
au substantif. C'est être bien rigoureux. 1190. Presse: est urgent; cf. Athalie,
mais, en fait, un tel emploi de l'adjec- 1002. — Veut : rend nécessaire, réclame;
tif est rare. — Funeste se rapproche du cf. (386.
sens étymologique (voir 171); c'est un 1197. Sanguinaires. Cf. « Au sangui-
spectacle de mort. naire Aman... ». v. 1O7.
ESTIIER.
O Dieu, par quelle route inconnue aux mortels Ta sagesse conduit ses desseins éternels !